Détroit d’Ormuz : les conséquences d’une interruption18/03/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/03/une_3007-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Dans le monde

Détroit d’Ormuz

les conséquences d’une interruption

Les effets de la guerre au Moyen-Orient ne se limitent pas aux zones de combat : une grande partie de la population mondiale commence déjà à en payer le prix à travers les hausses de prix et les pénuries, provoquées en particulier par le blocage du détroit d’Ormuz.

Les cours étant mondiaux, tous les pays du monde sont touchés par la hausse du prix de l’énergie, même ceux qui ne dépendent pas complètement du pétrole et du gaz du Moyen-Orient, comme la France, et même ceux qui en produisent : au Nigeria, le prix à la pompe a augmenté d’environ 20 % en une semaine. Mais, dans certaines régions, le risque de pénurie s’ajoute à l’augmentation des prix.

Il est possible que les États-Unis aient comme objectif, dans cette guerre, de compliquer l’accès de la Chine au pétrole et au gaz du Moyen-Orient ; quoi qu’il en soit, cette stratégie pèse déjà sur d’autres pays qui en sont dépendants. En Inde, les difficultés d’approvisionnement en gaz de cuisine ont conduit des restaurants à fermer et à réduire leur activité, voire certains à utiliser du bois ou du charbon de bois. En Asie du Sud-Est, certains gouvernements imposent une réduction de la consommation d’énergie : aux Philippines, la semaine de travail a été ramenée à quatre jours dans les administrations publiques, et en Birmanie le régime a introduit des restrictions de circulation avec des jours alternés selon les plaques d’immatriculation.

Le pétrole et le gaz ne servent pas seulement à se chauffer ou à rouler, mais sont indispensables dans de nombreuses chaînes de production, en particulier les engrais agricoles. Or l’Inde importe 40 % de son urée et des engrais à base de phosphate depuis le Moyen-Orient ; l’Égypte et une grande partie de l’agriculture africaine en dépendent également et, s’ils n’y ont plus accès, les rendements baisseront. Et même si les belligérants relâchent la pression sur le détroit ou si les armateurs trouvent des voies alternatives et si une petite partie des exportations reprend, le renchérissement du coût du transport entraînera de toute façon une augmentation des prix qui se répercutera sur les prix alimentaires dans des régions où des dizaines de millions de femmes et d’hommes ne mangent déjà pas à leur faim.

En déclenchant la guerre contre l’Iran, l’impérialisme américain a provoqué, sur une grande partie de la planète, une crise qui ne fait probablement que commencer. Si cette guerre n’est pas encore mondiale dans sa géographie, elle l’est déjà dans ses effets.

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