Saint-Denis (93) : Une campagne raciste et anti-pauvres06/04/20262026Brèves/static/common/img/contenu-min.jpg

Brève

Saint-Denis (93)

Une campagne raciste et anti-pauvres

L’élection d’un maire noir affilié à La France insoumise (LFI) à Saint-Denis, ville dont la population est en majorité d’origine immigrée, a été suivie d’une campagne raciste. Les médias appartenant à Bolloré, ce milliardaire d’extrême droite qui fit fortune en pillant les ressources du continent africain, ont servi de caisse de résonance à un déferlement de propos venimeux contre le nouvel élu, Bally Bagayoko. Un psychologue parlait sur CNews de "mammifères sociaux de la famille des grands singes" et le "philosophe" Michel Onfray qui en rajoutait une couche en affirmant "On n’est pas dans une tribu primitive" parlant de "mâle dominant". Cela a commencé dès le lendemain de l’élection lorsque les propos de Bally Bagayoko, « Saint-Denis, ville des rois morts et du peuple vivant » ont été travestis sur les plateaux de CNews et de RMC en « ville des Noirs ».

Cette campagne vise en fait toute la population pauvre. Toutes sortes de rumeurs et de contrevérités ont été propagées : des points de deal auraient réapparu dès le lendemain de l’élection, 90 policiers municipaux sur les 140 seraient déjà sur le départ, il y aurait eu des narcotrafiquants parmi les assesseurs des bureaux de vote. Le nouveau maire a essayé de rectifier comme il a pu, mais le mal était fait. Il n’y aurait à Saint- Denis que des voyous et des familles vivant du narcotrafic, alors que dans cette ville, comme dans d’autres de la banlieue parisienne, habitent la majeure partie des employés des grandes surfaces, du personnel hospitalier, des travailleurs des usines ou des grandes concentrations ouvrières comme celles de la zone aéroportuaire de Roissy-Charles de Gaulle. C’est cette population pauvre constituant l’électorat de Bagayoko que vise à stigmatiser et à intimider la campagne en cours.

La droite, quant à elle, ne pouvait pour sa part manquer d’être de la partie. Ce beau monde s’est ainsi retrouvé non seulement contre Bally Bagayoko, mais surtout contre la population pauvre d’une ville ouvrière. Même si l’élection d’un maire insoumis ne changera pas grand-chose à ce que vivent les habitants des cités, tant ses problèmes se situent à un tout autre niveau, cette campagne immonde est bien significative de la volonté de la bourgeoisie et de son personnel politique de faire taire tout ce qui peut ressembler à une contestation de sa politique.

Partager