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Situation internationale

Texte de la majorité

Presque dix ans après que l'Union Soviétique eut cessé d'exister en tant que super-puissance, les zones de conflits n'ont pas diminué sur la planète, même s'il ne s'agit pas toujours des mêmes qu'au temps de la guerre froide.

Bien que ces zones de conflits ne constituent plus l'enjeu d'affrontements directs entre super-puissances, elles restent souvent le théâtre de rivalités, plus ou moins discrètes, entre puissances impérialistes.

Le Moyen-Orient reste la zone de conflits qu'il a toujours été en raison de sa situation stratégique. Si le règlement de la question palestinienne piétine, ce n'est pas tant en raison de l'arrivée au pouvoir de la droite en Israël. Il revient bien souvent à des gouvernements de droite de faire les concessions nécessaires que la gauche n'a pas osé faire pour sortir du bourbier d'une guerre coloniale ou d'une guerre d'oppression (que l'on se souvienne seulement du rôle de De Gaulle dans le dégagement de l'impérialisme français de sa colonie d'Algérie).

L'armée israélienne ayant été incapable de venir à bout du mouvement large, spontané et durable de la "guerre des pierres", Israël s'est engagé dans un processus de reconnaissance de l'OLP, concrétisé en 1995 par les accords d'Oslo. La lenteur, les retours en arrière du processus dit de paix ne proviennent pas seulement du fait que Netanyahou freine l'application des accords d'Oslo. C'est surtout que ces accords eux-mêmes ne contenaient qu'un minimum de concessions de la part d'Israël, en échange de la prise en charge par Arafat des tâches quotidiennes de répression contre son propre peuple. Le caractère homéopathique des concessions israéliennes, leur étalement dans le temps, faisaient partie, dès le début, du processus où la préoccupation principale, aussi bien d'Israël que de ses tuteurs américains, a été de pouvoir vérifier pas à pas la capacité d'Arafat d'imposer à son peuple un accord qui ne satisfait pas ses aspirations.

Si dérisoires que soient ces concessions, elles ont cependant renforcé l'extrême droite israélienne. Les colons, ceux déjà implantés et ceux qui continuent à s'implanter dans les territoires destinés à passer sous autorité palestinienne, donnent à cette extrême droite une certaine base sociale. C'est pour tenter de désamorcer leur colère que Netanyahou a tenu à associer le général Sharon, à la réputation d'ultra, aux discussions avec les Palestiniens.

Les concessions d'Arafat à Israël ont renforcé parmi les Palestiniens l'influence du courant islamiste, principalement le Hamas. Avec l'Autorité palestinienne, Israël n'a concédé qu'un simulacre d'État au peuple palestinien spolié, Autorité palestinienne qui, de surcroît, n'exerce ses prérogatives fort limitées que sur un territoire minuscule, morcelé, économiquement non viable et étranglé chaque fois qu'Israël ferme les passages des lignes de démarcation. La frustration des revendications nationales qui en résulte est encore renforcée par les provocations des colons ou du gouvernement israélien lui-même. Les organisations islamistes, en particulier le Hamas, profitent des déceptions et des colères suscitées par les concessions d'Arafat et par la subordination et la corruption de son embryon d'appareil d'État, et plus encore l'incapacité de l'Autorité palestinienne à soulager un tant soit peu la misère des masses populaires. Pour autant, le Hamas n'ouvre pas plus de perspectives à la population palestinienne. Sa politique terroriste ne fait que creuser encore plus le fossé entre les deux peuples et par là même renforce l'extrême droite israélienne.

Il est de plus en plus visible qu'il n'y a pas de solution satisfaisante pour la population palestinienne dans le système impérialiste mondial. Même si Israël allait jusqu'à accepter l'existence d'un État palestinien indépendant, cet État ne serait qu'un camp de concentration pour pauvres, en particulier pour ceux, chômeurs jeunes ou vieux, dont l'économie israélienne n'a pas besoin.

Il n'y a pas vraiment de solution non plus pour le peuple israélien, réduit par la politique sioniste au rôle de gardien armé de la population palestinienne opprimée, subissant les contrecoups des vagues de colère endémiques et des attentats terroristes. La politique des grandes puissances depuis des décennies a transformé cette région du Moyen-Orient en un piège tout à la fois pour le peuple palestinien et pour le peuple juif. Il y a pourtant de la place dans cette région pour les deux peuples. Une coexistence harmonieuse entre ces peuples qui pourraient se compléter ne sera durable que sur la base d'une égalité complète, tant sur le plan économique que sur le plan politique. Elle ne pourra surgir que de la lutte de classe consciente, unissant les travailleurs israéliens et les travailleurs palestiniens contre le grand capital et contre les États qui le représentent.

Les rapports des puissances occidentales, et en premier lieu des États-Unis, avec l'Irak se sont stabilisés sur une base conflictuelle. C'est une sorte de poker menteur qui se déroule entre Saddam Hussein et les dirigeants américains, entremêlant diplomatie et menaces militaires, où chacun essaie de voir jusqu'où il peut ne pas aller trop loin. Cependant, ce poker menteur se déroule sur le dos du peuple irakien, qui doit non seulement subir la dictature de Saddam Hussein mais aussi les effets, souvent dramatiques, de l'embargo économique. Les menaces périodiques de bombardements sont destinées à amener Saddam Hussein à respecter certaines règles de l'ordre impérialiste, mais pas à renverser son régime. Malgré certaines déclarations tonitruantes de dirigeants américains, ils n'ont pour le moment pas de solution de rechange et ne veulent surtout pas prendre le risque d'une déstabilisation. Saddam Hussein est, dans la réalité, précieux pour les puissances impérialistes car depuis vingt ans qu'il est au pouvoir, il se montre capable de tenir en main son peuple et de noyer dans le sang les revendications de ses minorités nationales (Kurdes) ou religieuses (chiites).

A bien des égards, l'attitude des puissances impérialistes est similaire vis-à-vis de la Serbie de Milosevic. Bien que l'oppression serbe sur la population albanaise du Kosovo et la résistance, y compris armée, que cette oppression a fini par susciter, aient fait de cette région une zone explosive ou peut-être, justement à cause de cela , les grandes puissances reconnaissent en fait à Milosevic le droit de garder le Kosovo sous sa férule. Les déclarations lénifiantes de l'Occident, même appuyées de menaces militaires périodiques, ne sont nullement destinées à venir en aide à la population albanaise du Kosovo, mais à tenter de limiter la tension, pour l'empêcher de s'étendre en particulier dans la région voisine de Macédoine comportant également une importante minorité albanaise, sans parler des risques de contrecoups afflux de réfugiés, montée de l'irrédentisme de la guerre au Kosovo sur l'Albanie elle-même.

Depuis que la situation en Bosnie s'est stabilisée, peut-être momentanément, sous la forme d'une paix armée, c'est au Kosovo, une nouvelle fois, que la décomposition de ce qui fut la Yougoslavie prend la forme la plus sanglante. La tension est alimentée non seulement par l'oppression de l'État serbe sur les Kosovars, mais aussi par le fait que l'ensemble de la partie des Balkans qui est peuplée surtout par une population albanaise est la région la plus pauvre d'Europe.

Il y a bien d'autres zones de tensions plus ou moins graves de par la planète. L'une d'entre elles, en Iran, semble en voie de résorption à la fois du fait de l'assouplissement de l'attitude américaine à l'égard du régime de ce pays et du fait de la politique de ce dernier.

En Afghanistan, en revanche, la guerre civile n'en finit pas de finir. Par une ironie de l'histoire, les États-Unis voient se retourner contre eux leur propre politique passée. Les États-Unis avaient, au temps de l'occupation soviétique, largement contribué à armer, financer et former les bandes armées islamistes, directement ou par l'intermédiaire du Pakistan. Si le caractère rétrograde du régime issu de ces bandes armées ne gêne nullement les États-Unis, les aspects imprévisibles de sa politique extérieure, son soutien à des groupes terroristes, n'arrangent pas leurs affaires. En outre, les talibans islamistes n'ont pas réussi à mettre fin à la guerre civile et à imposer leur ordre dans l'ensemble du pays.

La situation en Algérie n'a pas connu de changement majeur au cours de l'année écoulée. La démission annoncée de Zéroual et son remplacement éventuel par un président, même civil et élu, ne régleront pas le problème posé par le terrorisme islamiste. La population algérienne en général, les masses travailleuses et les femmes en particulier, restent enserrées dans l'étau formé par les bandes armées des groupes islamistes et celles, officielles, de l'armée et de la police.

La crise sociale qui est à la base de la crise politique durable n'est pas près d'être réglée. Pendant que l'Algérie est pillée par des grands groupes capitalistes, en particulier français, avec la collaboration d'une classe privilégiée locale vorace, intégrée à un appareil d'État aussi violent que corrompu, la situation de la classe ouvrière et des masses pauvres en général demeure insupportable. Ce ne sont ni les violences de l'armée et de la police, ni les roucoulements impuissants de l'opposition dite démocratique qui apporteront une solution au chômage et à l'appauvrissement. Dans un pays pauvre, où la classe ouvrière est relativement nombreuse et où il reste du temps de l'oppression coloniale de fortes traditions de combat, les tensions sociales prennent et prendront inévitablement des formes violentes.

Quelles que soient les combinaisons politiques en train de s'élaborer en vue des élections futures, la classe ouvrière ne peut en espérer aucune protection, ni sur le terrain économique, ni contre le terrorisme islamiste, cette forme de fascisme de pays pauvre.

C'est en revenant elle-même sur la scène politique, avec ses propres perspectives de classe, c'est-à-dire en s'attaquant au pouvoir de la bourgeoisie sur l'économie que la classe ouvrière pourrait ouvrir devant l'Algérie une alternative favorable aux masses pauvres. C'est au nom de cette perspective et en s'organisant pour répondre tout à la fois à la violence de l'appareil d'État et aux bandes armées terroristes qu'elle pourrait arracher à ces dernières leur influence.

Il n'est pas dit que la crise asiatique, avec le brutal effondrement du niveau de vie déjà bas des masses pauvres, ne suscite pas d'autres zones de tension durables. L'Asie de l'Est et peut-être la Chine sont lourdes d'explosions sociales dont on ne sait pas quelle pourrait être la traduction politique.

En Corée du Sud, l'offensive de la bourgeoisie faisant payer la crise économique à la classe ouvrière a déclenché des grèves et des manifestations. La gravité de la situation exige cependant une direction et une politique hardies, amenant la classe ouvrière à mettre en cause la direction bourgeoise de l'économie. Il est peu probable que les syndicats, bien que certains d'entre eux semblent combatifs, veuillent s'engager dans cette voie.

En Indonésie, le départ forcé de Suharto n'a, de toute évidence, pas désamorcé les flambées sporadiques de colère. Pour le moment, c'est le milieu estudiantin qui semble le plus mobilisé et autour de revendications démocratiques. Mais, même si le mouvement s'étend aux couches populaires, l'avenir dépend de l'émergence d'une force politique capable de prendre le contre-pied de toutes celles qui tentent de canaliser l'explosion vers la xénophobie, vers les conflits localistes ou religieux d'un pays géographiquement et culturellement morcelé.

L'Afrique, et plus particulièrement l'Afrique des Grands Lacs, est redevenue une des principales zones de conflits du monde. En raison de la taille du Congo ex-Zaïre, de sa position au centre de l'Afrique et des convoitises que les richesses de son sous-sol suscitent, l'évolution de la situation dans ce pays a l'influence la plus importante sur les équilibres dans la région. La chute de Mobutu et son remplacement par Kabila n'ont nullement stabilisé la situation. Le Congo est, dans les faits, dépecé entre bandes armées rivales.

L'événement nouveau de l'année est l'implication ouverte de la majorité des États voisins et de trois qui ne sont même pas limitrophes dans l'affrontement entre ces bandes armées. La guerre civile congolaise est devenue de fait une guerre régionale concernant, à des degrés divers d'engagement militaire, ou seulement diplomatique, le Rwanda et l'Ouganda aux côtés de la guérilla anti-Kabila, l'Angola et le Zimbabwe aux côtés du gouvernement, sans parler de la Zambie, du Burundi, du Tchad ou de la Namibie. Plusieurs de ces États sont confrontés eux-mêmes à des oppositions armées internes.

Même lorsqu'elles sont dissimulées, les rivalités inter-impérialistes jouent un rôle majeur derrière ces affrontements locaux ou régionaux. Depuis le début de l'ère coloniale, l'Afrique des Grands L constitue la zone de confrontation des sphères d'influence respectives des impérialismes français, anglais et, dans le passé, allemand. Les rivalités entre trusts protégés par leurs États respectifs, revenues au premier plan depuis que les États-Unis n'ont plus à craindre le risque d'un accroissement de l'influence soviétique, épousent tout naturellement les contours des anciennes fractures. Le front des rivalités s'est encore élargi du fait que les États-Unis n'ont plus, avec la fin de la guerre froide, aucune raison de respecter les chasses gardées de l'impérialisme français. Si les ambitions opposées des politiciens autochtones ou des chefs de guerre locaux expliquent amplement le pourquoi des déclenchements des conflits, ce sont les manoeuvres diplomatiques des puissances impérialistes, leurs aides en argent et en armement à leurs protégés respectifs, qui en expliquent l'ampleur, la durée et le caractère sanglant. Les chefs de guerre locaux, incapables de se trouver une base de masse sur la base d'un programme social, la cherchent sur des bases tribales ou ethniques. Mais, de par la grâce des puissances impérialistes, les guerres tribales d'antan se mènent avec les armes d'aujourd'hui.

Au-delà de l'Afrique des Grands Lacs, il y a nombre de "guerres oubliées", du Libéria à la Corne de l'Afrique, en passant par la Guinée-Bissau. C'est l'ampleur de la famine qui a ramené le Soudan par exemple dans l'actualité. Mais c'est en raison de la guerre civile opposant l'armée officielle du régime intégriste de Khartoum à la guérilla armée se posant en représentant de la population noire du Sud, que la famine elle-même a pris une ampleur dramatique. La guerre plonge ses racines, d'une part, dans la situation créée par des frontières délimitées jadis au hasard des conquêtes coloniales et d'autre part, dans les rapports de forces actuels entre puissances impérialistes rivales. La frontière passe au milieu des populations noires au Sud, et subordonne une partie d'entre elles à la domination d'un régime appuyé sur des populations arabes ou arabisées du Nord. Mais la guerre présente n'est pas une simple résurgence du passé. Elle est alimentée là encore par des rivalités inter-impérialistes, la France soutenant le régime de Khartoum alors que les puissances anglo-saxonnes aident et arment, directement ou par Ouganda interposé, les militaires à la tête de la révolte du Sud.

Les guerres endémiques sont une calamité pour l'Afrique, tant en raison des prélèvements opérés par les bandes armées sur une population déjà pauvre et des destructions dues aux opérations militaires qu'en raison des affrontements ethniques que ces bandes provoquent ou aggravent. Dans bien des régions, l'économie est une économie de prédation, basée sur le pillage, les trafics, avec des populations réduites par les bandes armées à une condition quasi servile. Malgré le désordre, les trusts de l'extraction minière ou du pétrole s'accommodent d'autant mieux de cette situation qu'elle leur vaut des contrats d'exploitation particulièrement avantageux avec des chefs de guerre qui ont besoin d'argent, sans parler de la main-d'oeuvre quasi gratuite. En outre, même ce qui a été pris aux populations par les bandes armées finit en partie par aboutir dans les coffres-forts des grandes sociétés capitalistes, par le biais de trafics divers, en particulier celui des armes.

Comme au temps des guerres de conquête coloniales, le pillage des chefs de guerre lui-même devient une des méthodes de pillage impérialiste. Ce continent, pauvre déjà en raison de plus d'un siècle d'exploitation impérialiste, a de plus en plus de mal à assurer un minimum d'autosubsistance alimentaire. Les guerres, résultant du sous-développement, en deviennent un des facteurs aggravants.

Cela fait longtemps qu'en l'absence du prolétariat révolutionnaire, les forces qui se sont portées à la tête des révoltes contre la domination impérialiste sont des forces nationalistes, comme telles se plaçant en dernier ressort sur le terrain de la bourgeoisie, même lorsque, comme dans le dernier demi-siècle, elles se sont à l'occasion prétendues communistes.

Pendant longtemps cependant, de la Chine au Viet-Nam en passant par Cuba, ces forces se sont appuyées, tout en les canalisant, sur des aspirations de larges masses dont elles ont satisfait certaines une fois arrivées au pouvoir. A défaut de pouvoir mener contre l'impérialisme la lutte décisive que seul le prolétariat révolutionnaire est capable de mener, elles cherchaient néanmoins à conquérir l'indépendance politique à l'égard des puissances impérialistes, en même temps qu'elles combattaient la mainmise directe des trusts sur leur économie.

Aujourd'hui, au-delà de leur diversité, les conflits surgis dans la toute dernière période ont ceci en commun, pour la plupart, que, si les forces qui les dirigent peuvent menacer tel ou tel intérêt particulier d'un groupe impérialiste généralement pour favoriser un autre , aucune d'entre elles ne menace l'impérialisme, ni par les objectifs qu'elles se fixent ni par la logique de leur combat. Nombre de ces conflits sont le fait de bandes armées aussi réactionnaires dans leurs objectifs que dans leurs méthodes visant à entraîner leurs peuples par la force et la violence dans un engrenage nationaliste, ethniste ou religieux. Les régimes qui en résultent imposent à leurs propres peuples une régression barbare : l'exacerbation de la haine chauvine ou ethniste en Afrique ou dans l'ex-Yougoslavie, la charia moyenâgeuse en Afghanistan.

Faute d'être menacé dans ses intérêts mêmes dans les étroites limites où il pouvait l'être au temps de l'Union Soviétique, l'impérialisme américain "surfe" aisément sur ces conflits. Il se garde en général d'intervenir directement. Il se contente d'appuyer et d'armer celle des forces en conflit qu'il estime, à tort ou à raison, la plus proche ou la plus contrôlable, quand il n'appuie pas toutes les parties en conflit.

La paix impérialiste n'est qu'un état de guerre permanent. L'impérialisme a évité dans la deuxième moitié de ce siècle des guerres de l'ampleur des deux guerres mondiales qui en ont marqué la première moitié, et qui ont ruiné certaines des métropoles impérialistes elles-mêmes. Mais le prix payé par la partie sous-développée de la planète, en vies humaines, en destructions, dans des guerres dont la responsabilité directe ou indirecte incombe à l'impérialisme, est sans doute aussi élevé dans ce demi-siècle qu'il l'a été dans le premier. Cela fait partie du coût incommensurable pour toute l'humanité du maintien du capitalisme à l'échelle mondiale.

27 novembre 1998

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