Situation intérieure (Texte de la majorité)01/12/20022002Lutte de Classe/medias/mensuelnumero/images/2002/12/69.png.484x700_q85_box-1%2C0%2C574%2C829_crop_detail.png

Situation intérieure (Texte de la majorité)

L'année qui vient de s'écouler a été marquée sur le plan politique par l'élection présidentielle, l'élimination de Jospin dès le premier tour, la transformation du deuxième tour en plébiscite en faveur de Chirac et, dans la foulée, l'élection à l'Assemblée d'une majorité de droite écrasante.

Les partis de la gauche plurielle qui ont pourtant participé au gouvernement Jospin, pour la plupart pendant les cinq ans de son existence, ont tous éprouvé le besoin de présenter des candidats au premier tour. Tous étaient surtout préoccupés, à la présidentielle, de prouver leurs rapports de force électorale respectifs leur permettant d'obtenir du Parti Socialiste une répartition équitable des circonscriptions éligibles pour les législatives. Ils n'ont pas mesuré le risque que leur candidature pouvait représenter pour l'élection de Jospin, apparemment sûrs que celui-ci l'emporterait.

C'était un choix irresponsable du point de vue de leurs propres intérêts. Les votes qui se sont portés ne serait-ce que sur la candidate des Radicaux de gauche, parti qui, durant toute la durée de la Ve République, n'a éprouvé qu'une seule fois auparavant le besoin de se présenter à l'élection présidentielle, auraient suffi pour que Jospin passe devant Le Pen, au lieu d'arriver derrière.

Si cette dispersion a transformé en défaite spectaculaire le recul électoral de la gauche, le recul lui-même était bien réel. Deux millions et demi de voix perdues par Lionel Jospin, un million et demi par Robert Hue. L'un comme l'autre ont payé cinq ans d'exercice d'un gouvernement qui n'a pu que décevoir l'électorat de la gauche tant il a cyniquement servi les intérêts du grand patronat au détriment des classes populaires.

Il n'est même pas paradoxal que le Parti Communiste, qui n'a été qu'un accessoire pour la politique gouvernementale, ait plus payé encore que le Parti Socialiste. C'est à lui qu'est revenue la tâche de défendre et de justifier la politique du gouvernement parmi les travailleurs qui en ont été les principales victimes. Avec seulement 3,37 % des voix, l'influence électorale du Parti Communiste s'est effondrée en-deçà de ses pires scores du passé.

Des partis de la gauche plurielle, seuls les Verts ont réalisé un score un peu meilleur que lors de la présidentielle de 1995. Comme leur représentation parlementaire dépendait cependant du Parti Socialiste, le recul de celui-ci a fait s'envoler l'espoir des Verts de constituer un groupe à l'Assemblée, où leur présence est réduite au minimum.

Par contre, la manipulation de l'opinion publique à laquelle se sont livrés les dirigeants de la gauche plurielle pour n'avoir pas à discuter des véritables raisons de leur défaite, avec la complicité des médias et de tout ce que le pays compte de faiseurs d'opinion, a marqué plus encore le deuxième tour que le premier et a eu des conséquences politiques dont nous payons le prix à l'heure actuelle.

La présence de Le Pen au deuxième tour de l'élection présidentielle était de nature à frapper l'opinion publique. Mais, pour être inattendue, cette position n'a pas résulté d'une progression notable des votes d'extrême droite. Si le nombre de voix obtenu par Le Pen ou, plus généralement par l'extrême droite, pose un réel problème politique, d'autant plus qu'une partie de ces voix provient des couches populaires, l'influence électorale de l'extrême droite en 2002 a été sensiblement du même ordre qu'en 1995, sans que personne ne se fût avisé à l'époque de parler de " Le Pen sur les marches du pouvoir".

Les dirigeants du Parti Socialiste, comme ceux du Parti Communiste, comme tous ceux, jusqu'à la LCR, qui se sont engouffrés dans le mouvement, savaient parfaitement que le candidat Le Pen ne se trouvait présent au deuxième tour que par l'effondrement du candidat Jospin et qu'il n'avait strictement aucune chance de l'emporter. Tous savaient que Le Pen aurait été largement battu avec les seules voix des électeurs de la droite parlementaire et Chirac élu sans peine avec une majorité plus que confortable. Les partis de la gauche plurielle avaient cependant tout intérêt à donner à leur défaite piteuse du premier tour l'allure d'un prétendu combat anti-fasciste au second. Ils ont donc achevé leurs cinq ans de gouvernement par un honteux soutien accordé à Chirac qui, grâce à ce soutien, a pu être plébiscité avec 82 % des voix. Au premier tour pourtant, Chirac avait recueilli moins de voix encore qu'en 1995, où les voix de son parti avaient été divisées entre lui et Balladur. La déconsidération de la gauche après cinq ans de gouvernement n'aurait donc même pas bénéficié à la droite parlementaire, n'eût été l'alignement politique de la gauche derrière Chirac.

Après cet ultime abaissement, la défaite aux législatives était d'autant plus dans la logique des choses que, même pour tenter de limiter les dégâts, les dirigeants du Parti Socialiste n'ont pas tenté de prendre le moindre engagement concret dans leur programme. Responsables devant la bourgeoisie même dans la défaite, les dirigeants du Parti Socialiste n'ont rien voulu dire ou promettre qui aurait pu mobiliser les classes populaires et leur donner une raison de voter pour la gauche plutôt que de se désintéresser de ces élections.

Le résultat d'Arlette Laguiller à la présidentielle a été du même ordre qu'en 1995 mais avec une légère augmentation cependant , aussi bien en nombre de voix qu'en pourcentage.

La presse, dont on sait comment elle est disposée à notre égard, a interprété comme une défaite le score d'Arlette Laguiller (5,72 %) face au score d'Olivier Besancenot, dont le résultat a été présenté comme une surprise. Ce n'était en tout cas pas vraiment une surprise pour nous. Nous avions déjà noté, dans nos commentaires des municipales de 2001, qu'il existait un électorat de la LCR comparable au nôtre.

Si cet électorat n'avait pas pu s'exprimer depuis longtemps dans une élection présidentielle, c'est que la LCR avait choisi de ne pas se présenter et de soutenir d'autres candidats tels Juquin ou, indifféremment, le Parti Communiste, les Verts ou nous.

Le fait que le total des voix des trois candidats étiquetés à l'extrême gauche ait dépassé les 10 % a alimenté toutes sortes de commentaires sur l'idée que l'extrême gauche pourrait être une force politique capable de peser sur les événements, pour peu qu'elle sache s'unir. Ce genre de propos n'est pas seulement venu des journalistes, qui ont l'habitude de se précipiter sur les fausses évidences, mais aussi de différents conseilleurs à l'intérieur comme à l'extérieur de l'extrême gauche elle-même. Croire qu'en présentant une candidature unitaire, on additionne automatiquement les voix est une erreur.

Mais, outre le fait que les législatives ont très rapidement montré les limites de l'influence de l'extrême gauche même sur le plan électoral, l'influence électorale elle-même ne remplace pas la force militante. Même en additionnant les forces militantes de LO et de la LCR, voire en y ajoutant celles du PT, l'extrême gauche est loin d'assurer une présence réelle partout dans le pays, dans les entreprises, dans les quartiers populaires.

Et il n'y a pas que la question des forces, il y a aussi celle de l'orientation politique. Lors de la campagne électorale elle-même, malgré une certaine similitude dans les propos, Arlette Laguiller et Olivier Besancenot ont incarné des orientations politiques différentes.

L'électorat d'extrême gauche, populaire ou intellectuel, ne s'y est d'ailleurs pas trompé. Ayant le choix, il s'est partagé entre les candidats. Nombre de ceux qui ont voté Olivier Besancenot n'auraient pas voté Arlette Laguiller, et l'inverse est sans doute vrai également.

Mais c'est entre les deux tours que la différence politique s'est véritablement exprimée. LO a refusé de cautionner la campagne de mensonges du Parti Socialiste. La LCR a choisi, pour ne pas se couper des milieux influencés par le Parti Socialiste, de s'aligner sur le choix de celui-ci en appelant, quoique hypocritement, à voter pour Chirac. Plus grave : elle a choisi de participer à la campagne de mensonges du Parti Socialiste en dépeignant Le Pen comme étant " sur les marches du pouvoir " et en appelant à " barrer la route à Le Pen dans la rue et dans les urnes ". Que la LCR ait ajouté " dans la rue " change d'autant moins cet abandon politique que " la rue ", c'était le milieu de la gauche réformiste et que les manifestations avaient pour objectif explicite de soutenir Chirac et étaient présentées et vécues comme des " manifestations citoyennes " de la jeunesse alors qu'elles rappelaient souvent celles du " Mondial " de football en 1998.

Les positions défendues dans une campagne électorale ne sont évidemment qu'un reflet partiel des orientations politiques de fond. Mais, justement, les divergences d'attitude entre LO et la LCR pendant la campagne reflètent deux orientations différentes. LO se situe dans la perspective de reconstruire dans ce pays un véritable parti ouvrier révolutionnaire, un nouveau parti communiste. La LCR se situe dans la perspective d'une recomposition à la gauche de la gauche officielle, déconsidérée. Ces deux perspectives ne sont pas seulement différentes, elles s'excluent mutuellement.

Ainsi, le Parti Socialiste et ses acolytes au gouvernement ont doublement préparé le terrain pour le retour au gouvernement des hommes de droite menant ouvertement une politique de droite. Ils l'ont préparé sur le fond en ayant mené eux-mêmes, pendant cinq ans, une politique de droite. Nombre de mesures réactionnaires ou favorables à la bourgeoisie prises par le gouvernement Chirac-Raffarin, ont été préparées dans les ministères au temps où ils étaient encore dirigés par des membres du Parti Socialiste et, accessoirement, du Parti Communiste.

Par ailleurs, le plébiscite de Chirac et l'écrasante majorité de droite sortie des législatives ont préparé les conditions politiques qui laissent les mains entièrement libres au gouvernement, du moins tant qu'il n'y a pas de résistance du côté des classes populaires.

Le gouvernement n'a donc pas à craindre d'être gêné sur le plan parlementaire par une opposition de gauche réduite à l'impuissance. Il n'est cependant pas dit qu'il n'aura pas de difficultés avec sa propre majorité.

Si l'UMP dispose d'une large majorité, elle n'en reste cependant pas moins une coalition hétéroclite de groupes, de clans et de clientèles. Son unique ciment, ce fut le plébiscite de Chirac qui promettait aux candidats qui se réclamaient de lui d'être élus dans un fauteuil. La majorité actuelle ne résistera peut-être pas aux rivalités pour l'élection présidentielle de 2007, que nombre de dirigeants de la droite, dont des ministres, préparent déjà.

Le Parti Socialiste, de son côté, a en principe cinq ans pour tenter de se refaire une virginité politique.

Jusqu'à présent, il a évité de se déchirer trop publiquement entre les différents postulants à l'héritage de Jospin et leurs clans politiques. Mais ce n'est pas pour autant que ces clans n'existent pas. Au-delà de ce que pourront être les différents courants qui risquent d'apparaître au prochain congrès prévu en mars 2003, le Parti Socialiste dans l'opposition se partage pour le moment entre les représentants du double visage qu'il essaie de se donner.

D'un côté, les Fabius, Strauss-Kahn qui, même dans l'opposition, n'ont rien changé au langage responsable à l'égard de la bourgeoisie qui était le leur lorsqu'ils étaient ministres. Ils incarnent l'image que le Parti Socialiste tient à offrir au grand patronat, aux possédants, celui d'un parti qui mènera la politique que la bourgeoisie lui demande de mener, sans même un écart de langage, quitte à retarder un retour au gouvernement, de toute façon bien hypothétique.

D'un autre côté, le courant dit de gauche, représenté par la coalition pompeusement intitulée " Un nouveau monde ", avec pour dirigeants Emmanuelli et Mélenchon, auxquels on peut ajouter un Julien Dray qui, bien qu'en rivalité avec eux, essaie d'occuper le même créneau. Eux, c'est le visage du Parti Socialiste tourné vers l'électorat populaire. Ils gauchiront peut-être leur langage on a bien vu Mélenchon défiler aux côtés des travailleurs d'EDF-GDF. On peut parier qu'ils feront tout leur possible pour apparaître comme totalement intégrés dans le courant incarné par Attac et qu'ils applaudiront aux Seattle et autres Gênes futurs, manifestations anti-mondialisation lors des prochaines réunions des organismes financiers internationaux (Banque mondiale, Organisation mondiale du commerce, etc.).

Faut-il rappeler cependant que les deux chefs de file du " Nouveau monde " sont des ex-ministres et que si, d'aventure, la gauche a de nouveau la majorité électorale, ils gouverneront ensemble avec Fabius, Strauss-Kahn et les autres ? Et, de toute façon, même dans l'opposition, leur radicalisme se limite à quelques généralités susceptibles de plaire à une certaine gauche sans avancer le moindre engagement concret dans lequel les travailleurs pourraient se retrouver.

Reste, du côté socialiste, le rôle qu'entendrait éventuellement jouer Lionel Jospin. Pour le moment, il se tait et laisse parler son épouse pour lui. Sa retraite et sa réticence à voter pour Chirac, portée à la connaissance du public, le placent en position de réserve. D'abord par rapport à son propre parti, au cas où les rivalités personnelles y prendraient une allure trop grave, nécessitant une sorte d'arbitrage. Et, après, qui sait ? Mais, quelles que soient les ambitions et les intentions secrètes de Jospin, son retour dans un rôle politiquement significatif nécessiterait un certain contexte. Mais, peut-être, se prend-il pour de Gaulle et sa copie Mitterrand ?

Les dirigeants du Parti Communiste ont, eux aussi, cinq ans pour recoller les morceaux de leur parti et de leur électorat. Bien qu'il reste au PCF un nombre important de militants et de sympathisants, sans commune mesure avec ce dont dispose l'extrême gauche, il n'est pas dit qu'il y arrive.

Sa direction n'a en effet aucune autre perspective politique à proposer que de gouverner à nouveau avec le Parti Socialiste, c'est-à-dire précisément ce qui vient d'échouer si lamentablement. Et ceux qui se reconnaissent dans cette perspective continueront à voter directement pour le Parti Socialiste, et pas pour son hypothétique acolyte. C'est ce qui se passe d'ailleurs depuis trente ans, depuis la signature du Programme commun. Il est même difficile de savoir quand le Parti Communiste perd plus d'influence électorale : lorsqu'il a des ministres au gouvernement ou lorsqu'il n'en a pas ?

Nombre de militants en tout cas, tout en se revendiquant du Parti Communiste, se reconnaissent plus dans la CGT que dans le PCF. Ce n'est pas que la politique de la CGT soit différente, mais elle apparaît au moins comme reprenant à son compte quelques-unes des revendications élémentaires des travailleurs.

Nous n'énumérerons pas ici toutes les mesures anti-ouvrières favorables au patronat ou ouvertement réactionnaires prises par le gouvernement Chirac-Raffarin pendant ses six mois d'existence. Nous les avons relevées et amplement commentées dans notre presse, Lutte Ouvrière, Lutte de Classe ou notre presse d'entreprise.

Il n'y a pas lieu non plus de citer ici toutes les attaques contre les services publics, ni les conséquences catastrophiques que certaines de ces attaques, notamment contre le système de santé ou contre l'Education nationale, ont pour les conditions d'existence des classes populaires. Ajoutons seulement que, même derrière le projet de décentralisation aux allures si innocentes, il y a l'abdication par l'État de certaines de ses responsabilités en matière de service public au profit des régions ou d'autres collectivités territoriales. Non seulement on peut parier qu'une partie de l'argent public consacré aux services publics disparaîtra dans ces " transferts de compétences ", mais en plus on établira des différences qui ne pourront que s'accentuer au fil du temps entre des régions riches et des régions pauvres, comme il y en a déjà tant entre les villes bourgeoises et les villes ouvrières.

Ces attaques contre la classe ouvrière venant du gouvernement s'ajoutent aux attaques venant du patronat lui-même. Elles ne pourront que s'aviver dans le contexte actuel de crise boursière, de chute des actions, comme l'annonce déjà le nouveau rebond des licenciements collectifs.

On aurait pu supposer que, maintenant que les partis de gauche ne sont plus au pouvoir gouvernemental, les confédérations syndicales seraient un peu plus actives pour s'opposer à ces attaques. De fait, il n'en est rien.

Non seulement il n'est pas question de proposer à la classe ouvrière un plan d'action, une stratégie de remobilisation, mais les centrales syndicales font comme si elles voulaient diviser un mouvement qui n'est même pas encore né. Les manifestations ou les journées d'actions sont non seulement proposées corporation par corporation RATP, puis EDF-GDF, puis enseignants, puis SNCF, sans même parler du privé , mais chacune d'entre elles est présentée comme un événement ponctuel sans qu'une suite soit prévue.

C'est en grande partie pour cela que la classe ouvrière ne voit pas de perspectives. Dans le secteur privé, ceux qui sont menacés de licenciements ne voient pas comment empêcher des trusts comme Alcatel de procéder aux réductions d'effectifs.

Dans le secteur public, où les attaques se préparent souvent sous couvert de privatisations, le fait que c'est le gouvernement de la gauche lui-même qui a tant privatisé et qui a préparé les plans de privatisations en cours ne peut que désorienter les travailleurs. Sans même parler de cette privatisation rampante qui consiste à remplacer à La Poste ou ailleurs les travailleurs à statut de fonctionnaires par d'autres, contractuels régis par le droit privé.

C'est pourquoi il est certainement plus difficile pour les travailleurs de trouver des objectifs de luttes dans l'exigence abstraite de l'arrêt des privatisations plutôt que dans le combat concret contre les attaques sur les salaires ou sur les retraites qui concernent tous les salariés. Il est même à la mode dans certains milieux syndicaux de mettre en avant la revendication de renationalisation comme protection pour les travailleurs. Il n'est certes pas impossible, dans un contexte de crise, que la bourgeoisie choisisse de rendre au secteur public ce qui a été privatisé, surtout moyennant finances. Cela ne signifie pas pour autant que les intérêts des travailleurs seraient sauvegardés. Cela peut même être l'occasion d'imposer aux travailleurs des sacrifices supplémentaires au nom de la " grande cause des nationalisations ". Que l'on se souvienne de la nationalisation de la sidérurgie sous Mitterrand !

Mais c'est justement pourquoi, si les confédérations syndicales, ne serait-ce que la CGT, étaient soucieuses d'organiser la résistance de la classe ouvrière aux attaques, elles devraient proposer un plan de mobilisation qui redonne confiance et qui offre une perspective. Il ne peut être question de développer ici abstraitement ce que pourrait être un tel plan de mobilisation. Mais l'année 1995, avec ses mobilisations préparant involontairement les grèves de novembre-décembre, peut nous en donner une idée.

Disons cependant que, dans l'actuel état des choses, à moins d'une explosion sociale que, pour le moment, rien ne permet de percevoir, les initiatives appartiennent aux grandes confédérations syndicales. Là encore, on a pu constater avec la journée d'action d'EDF-GDF que, pour que la participation des travailleurs du secteur à la grève et à la manifestation soit large, il a fallu que toutes les organisations syndicales appellent.

Cette réalité limite évidemment les possibilités d'intervention de la petite organisation que nous sommes, mais nullement nos possibilités de propagande autour de la nécessité d'une lutte d'ensemble de tous les travailleurs, ni nos possibilités d'agitation pour que les journées de mobilisation ou de grève représentent un encouragement pour les travailleurs, et non pas une source de découragement supplémentaire. Nous n'aurons aucune influence pour une telle mobilisation. Mais convaincre des travailleurs autour de nous sur ce terrain nous permettra de renforcer notre influence politique.

Et nous aurons à participer, comme nous l'avons fait l'an passé, à des mobilisations de catégories de travailleurs qui, comme les " sans-papiers ", se défendent le dos au mur.

L'année qui vient sera une année où, pour la première fois depuis longtemps, il n'y aura pas d'échéance électorale.

Les échéances les plus proches se situent en 2004 avec, à la fois, des européennes et des régionales, deux élections où, dans le passé, nous avons réussi à avoir des élus. Si, bien entendu, nous participons à ces élections, ce qui impliquera peut-être une pré-campagne à la fin de l'année 2003, nous ignorons encore tout des modes de scrutin selon lesquels elles seront organisées. Tout ce qu'on peut en dire, c'est que, si changement il y a, il n'ira pas dans le sens d'une proportionnelle plus grande, le but visé étant précisément d'écarter les formations dites petites, au nom du " bon fonctionnement de la démocratie ", bien entendu !

Si nous n'avons pas d'élections pendant l'année qui vient, nous avons cependant à assimiler ce que les élections du passé nous ont amené. La succession des élections municipales, présidentielle et législatives nous a permis d'élargir, sensiblement à notre échelle, le milieu qui nous entourait, qui se reconnaît dans nos idées et qui a subi avec nous les coups et les contrecoups des campagnes électorales, leurs espoirs, leurs déceptions, leurs difficultés, comme celle de la mascarade du vote Chirac où nous étions à contre-courant.

Ceux qui sont restés avec nous, souvent dans des villes où nous n'avions pas d'existence auparavant, représentent un capital pour continuer notre développement. Les gagner, les lier à notre organisation, leur transmettre les idées communistes dont nous sommes les dépositaires sont des tâches importantes et, avec nos activités traditionnelles, représentent des perspectives organisationnelles de développement pour l'année qui vient.

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