France - Situation sociale et tactique syndicale01/11/20072007Lutte de Classe/medias/mensuelnumero/images/2007/11/108.png.484x700_q85_box-24%2C0%2C571%2C792_crop_detail.png

France - Situation sociale et tactique syndicale

La journée de grève et de manifestation du 18 octobre puis, quelques jours après, la grève des hôtesses et des stewards d'Air France ont marqué, chacune à son échelle, l'actualité et donné des indications sur le climat social.

Le 18 octobre, l'appel à la grève a été très largement suivi dans les quatre principaux secteurs concernés : la SNCF, la RATP, EDF et GDF.

À la SNCF, la proportion de grévistes a atteint les 73 %, une participation sans précédent depuis très longtemps. Elle a été au même niveau élevé dans toutes les régions et elle a entraîné des catégories, comme les cadres, qui n'ont guère l'habitude de participer massivement à des grèves.

À la RATP, la participation a été de l'ordre de 60 % à la maintenance, de 70 % parmi les travailleurs du métro et de 80 % chez ceux des bus et du RER.

À EDF, la direction a estimé à 65 % le nombre de grévistes par rapport à l'effectif qui aurait dû être présent. La participation a été du même ordre à GDF.

Deux constats liés se dégagent de cette journée du 18 octobre.

Le premier est que l'appel à la grève pour le 18 octobre, lancé le 19 septembre par six fédérations de cheminots (CGT, CFDT, FO, CFTC, Sud-Rail, CFE-CGC), rejointes par la suite par l'UNSA et la FGAAC, a rapidement changé le climat parmi les travailleurs de la SNCF. Le simple fait d'avoir fixé un objectif a redonné aux militants une perspective d'action et l'envie de relayer l'appel dans leurs secteurs. Cela a permis au mécontentement et à la volonté d'agir de se cristalliser et de créer un mouvement d'opinion entraînant les hésitants et redonnant confiance aux plus combatifs. Tous ceux qui ont milité sur le terrain ont constaté que les arguments propagés par la direction et matraqués par les médias sur les prétendus « privilèges » des régimes spéciaux prenaient de moins en moins et qu'un nombre croissant de cheminots se sentaient dans leur bon droit. Lorsque, quelques jours après, les fédérations de cheminots, les syndicats des électriciens et des gaziers puis ceux du transport parisien se sont décidés à appeler à la grève le même jour que les cheminots, une évolution analogue s'est produite à EDF, à GDF et à la RATP.

Le deuxième constat découle du précédent. À l'appel des syndicats, les travailleurs ont répondu présents, donnant ainsi à la journée du 18 octobre son caractère massif.

La grève des hôtesses et des stewards d'Air France, la semaine suivante, n'a évidemment pas eu le même caractère que le 18 octobre, ne serait-ce que par son caractère limité à une seule catégorie du personnel.

Mais, là encore, ce qui frappe, c'est la participation massive des travailleurs concernés. De toute évidence, la direction d'Air France a été la première à en être surprise. Les cafouillages que cela a entraînés de sa part ont accru l'impact de cette grève sur l'opinion publique qui a pu, par la même occasion, se rendre compte que, pour que les avions volent et que la compagnie fonctionne, la seule présence à bord des pilotes ne suffit pas. Même dans le transport aérien, il y a des soutiers, des hôtesses aux mécaniciens au sol, en passant par les femmes de ménage ou les cuisiniers qui préparent les plateaux-repas, dont les voyageurs ne voient qu'ils sont réellement indispensables que lorsqu'ils arrêtent le travail.

Bien sûr, le nombre de travailleurs concernés par ces deux mouvements d'une ampleur inégale ne constitue qu'une petite minorité de la classe ouvrière. Mais, chose significative, aussi bien la grève de la SNCF et de la RATP que celle des hôtesses et stewards d'Air France ont été vues avec sympathie dans le monde du travail, malgré les habituelles campagnes sur les « privilégiés ».

Et pour cause ! Au-delà des revendications mises en avant par les organisations syndicales, tous les travailleurs ont ressenti, plus ou moins consciemment, que la question des retraites soulevée le 18 octobre, la question des suppressions d'emplois posée par les travailleurs de la fonction publique ou la question des salaires soulevée par les hôtesses et les stewards, les concernent aussi.

La journée de mobilisation du 18 octobre est intervenue après une série de mesures anti ouvrières prises par le gouvernement Sarkozy-Fillon, prenant la suite d'autres mesures tout aussi anti-ouvrières de l'équipe Chirac-Villepin-Sarkozy.

Que ces mesures frappent les travailleurs en tant que salariés, en tant qu'assurés sociaux, en tant que retraités ou en tant que chômeurs, toutes continuent à aggraver leurs conditions d'existence. Elles paraissent d'autant plus choquantes qu'elles sont prises en même temps que d'autres décisions en faveur non seulement du grand patronat - ce n'est vraiment pas une nouveauté ni du côté de Sarkozy ni même du côté de la droite ! - mais aussi en faveur de tout ce que le pays compte de possédants, commerçants, patrons de petites et moyennes entreprises. De plus, elles sont assorties d'un discours destiné à plaire à ce milieu, congénitalement anti ouvrier, auquel Sarkozy doit son élection et dont il continue à flatter les préjugés.

Mais il n'y a pas que les mesures gouvernementales. Après toute une période où la bourgeoisie tant en France qu'à l'échelle internationale se vantait d'avoir freiné l'inflation, voilà que les prix se mettent à augmenter, soulignant de manière de plus en plus douloureuse que les salaires sont insuffisants.

En réalité, les prix n'ont jamais cessé d'augmenter, fût-ce insidieusement. L'emballement des loyers, par exemple, ne date pas de cet automne. Mais depuis quelque temps, les hausses de prix ne sont pas insidieuses, mais brutales. À la hausse des loyers vient s'ajouter celle des prix de l'essence et du fuel domestique. Puis c'est au tour des prix des produits alimentaires de base, le pain, les pâtes, le lait, le riz, de s'envoler littéralement.

L'agitation médiatique désordonnée du gouvernement, la création dérisoire d'un « observatoire des prix », les conférences à grand renfort de publicité avec des dirigeants des compagnies pétrolières et des représentants des grandes chaînes commerciales ne pèsent rien par rapport au froid langage de l'addition à la sortie d'un supermarché.

Ce ne sont pas les groupes d'extrême gauche ni même les organisations syndicales mais le montant des achats de première nécessité qui pose, objectivement, le problème des salaires - et, faut-il ajouter, celui du montant des pensions de retraite. Et cela s'ajoute au reste : les prélèvements, les franchises médicales, les menaces sur l'emploi, la précarisation, l'intensification du rythme de travail. Qu'il soit dit à ce propos : la grève des hôtesses d'Air France a porté à la connaissance de l'opinion publique ouvrière comment, même dans une catégorie de travail qui passe pour relativement mieux lotie que bien d'autres, l'accroissement du nombre de rotations dans un même laps de temps, la réduction du temps de récupération, rendent le rythme de travail insupportable. Des chaînes de production automobile aux caisses des supermarchés, en passant par les transports, aériens ou pas, l'accroissement du rythme de travail est un des moyens pour le patronat d'accroître la plus-value, c'est-à-dire les profits, en aggravant l'exploitation.

Montée du mécontentement et politique syndicale

Le mécontentement ne se transforme pas automatiquement en colère, bien sûr, et encore moins en combativité. Mais c'est là où, dans le contexte d'aujourd'hui, la politique des organisations syndicales est d'une importance capitale.

Il est évident que, pour faire reculer le gouvernement, pour stopper les attaques contre les travailleurs et pour contraindre le grand patronat à augmenter les salaires, il faut un changement important dans le rapport des forces.

Cela ne peut venir que d'une lutte longue et déterminée, à l'échelle du pays.

Quelle que soit la combativité des cheminots, des agents de la RATP, d'EDF et de GDF, s'ils restent seuls, ils ne feront pas reculer le gouvernement, même sur leur principale revendication concernant l'âge du départ à la retraite et le montant des pensions, si ce n'est sur des questions de détail, sur les modalités d'application, sur des primes compensatoires ou, encore, sur des exceptions consenties à telle ou telle sous-catégorie. Et, à infiniment plus forte raison, resteraient entiers tous les autres problèmes, à commencer par celui des salaires.

Pour que le gouvernement cède, mais cède vraiment, il faut que le grand patronat, celui qui prend les décisions derrière les pantins qui gouvernent, se sente menacé. Et menacé non seulement par les désordres entraînés par une grève durable dans les transports, mais par l'extension de la grève aux travailleurs des entreprises privées.

Il ne suffit évidemment pas d'un appel syndical pour que se déclenche une lutte entraînant, après les travailleurs du public, ceux du privé. Mais comment la préparer ? Comment entraîner l'ensemble du monde du travail au côté de ceux qui ont montré leur combativité ? Il n'y a pas de potion magique, pas de recette-miracle. Mais des syndicats représentant réellement les intérêts des travailleurs auraient un plan de mobilisation. Leur préoccupation permanente serait que chaque journée d'action, chaque grève, chaque étape de la lutte prépare l'étape suivante, entraînant à chaque fois plus de travailleurs.

Les directions syndicales n'ont pas cette préoccupation. Lors de la journée d'action du 18 octobre appelée par l'ensemble des fédérations syndicales des cheminots, la CGT s'est opposée à Sud et à FO sur la question de la reconductibilité ou non de la grève. La CGT était partisane de ce qu'elle a appelé une « grève carrée », c'est-à-dire une grève aussi massive que possible mais limitée à la seule journée du 18 octobre. Sud et FO étaient partisanes de la continuation de la grève les jours suivants. Bien que la position de Sud et de FO ait pu passer pour plus radicale que celle de la CGT aux yeux des cheminots les plus combatifs - c'était le but recherché -, la CGT argumentait qu'il ne fallait pas que les cheminots restent isolés du reste du monde ouvrier. L'argument n'était pas sans valeur. Continuer une grève restant limitée aux seuls cheminots, avec le risque que non seulement elle reste isolée, mais qu'elle s'effiloche et que, parmi les cheminots eux-mêmes, se creuse une coupure entre ceux qui voulaient continuer et ceux qui n'y étaient pas ou pas encore prêts, n'était pas la meilleure stratégie de mobilisation.

Mais si les cheminots les plus radicaux ont ressenti, à juste titre, l'attitude de la CGT soit comme une réticence à poursuivre le mouvement engagé, soit pour certains comme un abandon du combat, c'est surtout parce qu'elle ne proposait pas une suite.

Personne ne pouvait pourtant penser qu'une « journée carrée » suffirait pour faire reculer le gouvernement. Et plus la journée du 18 octobre apparaissait comme un succès, plus se posait la question : et maintenant ?

Si la direction de la CGT avait été réellement préoccupée par la préparation de la mobilisation, si sa crainte de l'isolement des cheminots avait été un élément de cette préoccupation, elle aurait dû, avant même le 18 octobre, annoncer la date d'une autre lutte, constituant une autre étape.

Si l'on veut que les travailleurs hésitants rejoignent les luttes, il faut qu'ils aient confiance dans la détermination de ceux qui ont commencé. Il faut qu'ils sachent que la journée sera suivie d'une autre, suffisamment proche pour que ceux qui ont hésité à participer à la première journée soient entraînés dans la seconde.

Pour donner confiance, pour convaincre que le mouvement engagé est le bon et que cela vaut la peine d'y participer, il faut que les travailleurs puissent mesurer la mobilisation à chaque étape et constater eux-mêmes que la mobilisation s'élargit.

La participation à la grève et aux manifestions du 18 octobre de travailleurs d'entreprises privées a été, certes, limitée à quelques entreprises et, dans ces entreprises, à une fraction très minoritaire de travailleurs. Ceux qui sont venus et qui étaient contents de l'avoir fait malgré le risque et la perte de salaire, que pouvaient-ils dire, le lendemain du 18, à leurs camarades qui avaient hésité pour venir eux-mêmes mais qui étaient contents du succès de la journée ? Ils ne pouvaient même pas leur dire : « Cette fois-ci, tu n'es pas venu, mais la prochaine fois, si tu en es, nous serons plus nombreux. » Encore aurait-il fallu qu'une « prochaine fois » soit annoncée à échéance relativement courte ! Et le 19 octobre, il n'y en avait pas !

Ce n'est pas faute de détermination de la part des cheminots en grève. Ils étaient conscients de la nécessité d'une suite. Ils la réclamaient. En ont témoigné non seulement les assemblées générales, non seulement l'incompréhension, voire le malaise de militants de la CGT face à la politique de leur direction, mais aussi le fait que, dans de nombreux secteurs, la grève s'est prolongée au 19 octobre, voire au-delà.

Au lieu d'annoncer une suite, la CGT s'est réfugiée derrière la réunion intersyndicale du lundi 22 octobre pour prendre une décision. Décision que l'intersyndicale n'a d'ailleurs pas prise, se contentant de fixer une nouvelle réunion pour le 31 octobre. C'est seulement à cette réunion qu'une deuxième journée de mobilisation a été annoncée pour le 14 novembre, sous la forme d'une grève reconductible.

La direction de la CGT invoque la recherche de l'unité syndicale. Mais si l'argument vaut à la rigueur pour la fixation d'une journée, qu'est-ce qui empêchait la direction de la CGT d'annoncer à temps sa propre proposition ? Qu'est-ce qui l'empêchait, si ce n'est que la CGT n'était pas plus que les autres syndicats préoccupée de la mobilisation de l'ensemble du monde du travail et que sa tactique obéit plus à des préoccupations de boutique syndicale qu'à la préoccupation de mobiliser les travailleurs ? Ces tergiversations ne pouvaient qu'évoquer ces journées d'action sans lendemain du passé, où les syndicats dont le poids pesait le plus dans la balance se réfugiaient derrière le refus et les hésitations des plus mous pour s'aligner sur eux... au nom de l'unité syndicale !

Et puis, lorsque les syndicats cheminots se sont enfin retrouvés pour décider de la nouvelle journée d'action du 14 novembre, il y avait déjà un appel de certaines fédérations de la fonction publique, dont les enseignants, qui proposaient une journée de grève et d'action pour le 20 novembre. Pourquoi alors avoir choisi une autre date ? Pourquoi ne pas agir de telle sorte qu'au moins les secteurs qui apparaissent combatifs se rejoignent dans la lutte, au lieu de donner une image de dispersion ? Cette dispersion est d'autant plus préjudiciable d'ailleurs qu'elle semble conforter la propagande gouvernementale, qui essaie de présenter toutes ces grèves comme des grèves catégorielles pour défendre des avantages particuliers.

Que la CFDT ait tardé à rejoindre l'appel et que le syndicat autonome des conducteurs FGAAC ne l'ait pas fait, à moins d'une semaine du 14 novembre, n'aura sans doute qu'un poids relatif sur la détermination des cheminots. Mais pourquoi les syndicats de la RATP, CGT comprise, ont-ils attendu et tergiversé pour se joindre à l'appel ?

Au moment où nous écrivons, la journée de grève du 14 novembre n'a pas encore eu lieu, et encore moins celle du 20 novembre.

Bien sûr, si la combativité est telle que la grève prévue pour être reconductible se prolonge, les petits calculs des directions syndicales peuvent être noyés par la combativité des travailleurs. La grève du 14 novembre étant annoncée reconductible chez les cheminots, le 20 novembre pourrait apparaître alors, non comme une autre journée ponctuelle sans suite mais, au contraire, comme un encouragement à continuer au moins jusqu'à cette date-là.

Mais même si la grève des cheminots se prolonge jusqu'à celle des enseignants, des postiers, cela laisse ouverte la question : et après ?

Il n'y a pas à s'étonner que les confédérations syndicales, pas plus la CGT que les autres, n'aient pas la préoccupation de mobiliser réellement les travailleurs en faisant en sorte que chaque étape soit un succès et que chaque succès soit un encouragement pour que d'autres contingents de travailleurs rejoignent ceux qui sont déjà en mouvement.

Mais les syndicats, ce ne sont pas seulement les directions des confédérations, ce sont aussi tous les militants qui sont sur le terrain, sensibles à la pression de l'ensemble des travailleurs. Ce sont, aussi, les travailleurs les plus combatifs. Ils ont été en général les premiers à déplorer les tergiversations des directions syndicales. La gravité des coups portés aux travailleurs par le patronat et le gouvernement est en train de convaincre nombre d'entre eux que la politique de négociation prônée par les confédérations, sans rapport de forces, est au mieux inefficace mais, en réalité, nuisible.

C'est leur pression, si elle prend appui sur la combativité des travailleurs, qui peut amener les directions syndicales à aller plus loin qu'elles ne le souhaitent. De plus, dans un contexte où il est plus difficile d'agiter la promesse d'un changement électoral car, s'il y a bien les municipales qui préoccupent les états-majors politiques de la gauche réformiste, ceux-ci peuvent difficilement prétendre que même une vague rose aux municipales pourrait changer quoi que ce soit dans la politique menée à l'échelle nationale.

Personne ne peut assurer, pour le moment, que les journées d'action annoncées constituent les premières escarmouches d'une mobilisation allant vers la contre-offensive nécessaire du monde du travail.

Les cheminots, les travailleurs de la RATP, d'EDF et de GDF n'ont en tout cas pas l'air d'être impressionnés par les menaces de Sarkozy qui, de loin, joue les matamores en jurant, de Washington, que les grèves ne lui font pas peur et qu'il continuera ses attaques.

Les grands partis réformistes comme le PS et le PCF, pour dissimuler leur propre couardise, présentent Sarkozy comme un pouvoir fort. Mais il n'est qu'un exécutant de la volonté du grand patronat, doublé d'un comédien présentant les intérêts des plus riches comme ceux de toute la population. C'est le grand patronat qu'il faut faire reculer. La classe ouvrière, l'ensemble des salariés, en a la force. Il faut qu'elle ait la détermination de se servir de cette force.

Au moment où nous écrivons, les syndicats, et la CGT en particulier dont le poids est déterminant, semblent, dans bien des secteurs, pousser à l'éclatement du mouvement, gare par gare, catégorie par catégorie, privilégiant en particulier les assemblées générales éclatées plutôt que celles réunissant tous les grévistes. Il y a là la volonté de priver les grévistes du contrôle de leur propre grève.

Heureusement, cependant, que ce ne sont pas seulement les directions syndicales qui comptent dans un mouvement, ni leurs mesquins calculs d'appareils ou leur volonté de « négocier » même lorsque, sous ce vocable, le camp d'en face ne leur offre que le droit de contresigner un diktat !

Bien souvent, dans le passé, la base, les travailleurs ont su déborder les appareils syndicaux et faire en sorte que le mouvement se développe, se renforce et s'amplifie malgré eux. C'est de cette manière que le monde du travail a remporté la plupart de ses combats victorieux. Là est la perspective la plus féconde pour l'avenir.

9 novembre 2007

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