Extraits du Journal Officiel de la République française sous la Commune - dimanche 9 vril 187109/04/19611961Lutte de Classe/static/common/img/ldc-min.jpg

Extraits du Journal Officiel de la République française sous la Commune - dimanche 9 vril 1871

 

Mort du général Duval

La vérité publie le récit suivant d'un témoin qui a vu mourir le général Duval :

« Les généraux Duval, Henri et près de 1000 gardes nationaux avaient été cernés dans la redoute de Châtillon, et contraints de mettre bas les armes. Jusqu'à ce qu'un tribunal quelconque eut statué sur leur sort, ils étaient prisonniers de guerre, c'est-à-dire sacrés.

Les fédérés ont été conduits entre deux rangs de soldats jusqu'au petit Bicêtre, petit groupe de maisons situées sur le rebord de la route de Choisy à Versailles ; un combat très vif a eu lieu ici le dix sept septembre, une grande fosse surmontée d'une croix noire indique l'endroit unique où les victimes de cette journée ont été enterrées.

C'est à cet endroit que le général Vinoy, arrivant de Versailles avec son état-major, rencontra la colonne des prisonniers ; il donna l'ordre de s'arrêter, et, descendant de cheval :

- Il y a parmi vous, fit-t-il, un Monsieur Duval qui se fait appeler général ; je voudrais bien le voir.

- C'est moi, dit Duval, avec fierté en sortant des rangs.

- Vous avez aussi deux chefs de bataillon avec vous ?

Les deux officiers désignés sortirent des rangs.

- Vous êtes d'affreuses canailles, dit Vinoy, vous avez fusillé le général Clément Thomas et le général Lecomte ; vous savez ce qui vous attend.

- Capitaine, reprit le signataire de la capitulation de Paris, s'adressant au commandant de l'escorte, faites former un peloton de dix chasseurs, Monsieur, passez dans le champ à côté.

Les trois officiers de la Commune obéirent simplement, ils sautèrent un petit fossé, suivi du peloton funèbre. Le général et le commandant furent acculés contre une petite maisonnette qui, ironie du sort, portait sur sa façade l'inscription suivante : Duval, horticulteur.

Le général Duval et ses compagnons d'armes ont mis eux-mêmes habit bas, et deux minutes après ils tombaient foudroyés, aux cris de : Vive la commune !

Vinoy et son état-major assistaient impassibles à cette triple exécution. Quant aux officiers, ils étaient touchés et émus de tant de courage et de sang-froid. »

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