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Dans les entreprises
STMicroelectronics Crolles : l’argent public coule toujours à flots
En 2023, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, avait annoncé une aide publique de 2,9 milliards d’euros pour un projet d’extension de l’usine STMicroelectronics de Crolles, près de Grenoble.

Ce projet devait se faire en collaboration avec GlobalFoundries (GF), un autre fabricant de semi-conducteurs.
En échange de cette aide, ST avait alors promis de créer… 1 000 emplois. Et patatras, quelque temps après, GF annonçait se retirer du projet pour s’implanter aux États-Unis et profiter d’une aide encore plus considérable de l’État américain. En 2024, prenant prétexte de la baisse du marché automobile et malgré ses 1,56 milliard de dollars de bénéfices, ST annonçait la suppression de 5 500 emplois dans le monde, dont 1 000 en France. Cela se traduit aujourd’hui par la fermeture d’une des deux usines de Crolles avec plusieurs centaines de salariés sur la sellette, ainsi qu’à Tours et à Rousset, près d’Aix-en- Provence.
Interpellé sur le contraste entre les emplois supprimés et les milliards promis par l’État, dont l’essentiel a déjà été versé, le PDG de ST a plusieurs fois affirmé publiquement que cette aide publique avait été accordée sans conditions sur l’emploi. Mais un mensonge répété ne fait pas une vérité.
Comble de la complaisance des États envers ces malfrats en col blanc, la BEI, la Banque européenne d’investissement, vient d’accorder à ST 500 millions d’euros supplémentaires, qui pourraient monter jusqu’à un milliard, au nom du « renforcement de la compétitivité et de l’autonomie stratégique de l’Europe ».
Malgré les licenciements et le scandale des milliards d’aides publiques versés à fonds perdus, les perfusions d’argent public continuent à affluer vers la bourgeoisie.