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Municipales 2026
RN-LR : Une droite sincèrement extrême
Dimanche 15 mars, au soir du premier tour des élections municipales, Jordan Bardella, le président du Rassemblement national a été le premier à s’exprimer sur les ondes.
Il ne s’agissait pas tant de se rengorger d’une victoire ou d’une percée du RN, inexistantes, que de claironner une proposition d’alliance avec la « droite sincère ». Celle-ci est, on l’aura compris, celle qui acceptera de s’allier avec le RN. Son prophète est Thierry Mariani, son pape Éric Ciotti, son saint patron Nicolas Sarkozy, martyrisé comme Marine Le Pen par les juges « rouges », et cette église, d’élection en élection, se remplit chaque fois un peu plus.
On est loin désormais du « ni droite ni gauche » des pères fondateurs, anciens de la milice de Pétain, de l’OAS et de toutes les guerres perdues des fascistes français. Le RN recrute et met en avant désormais des chevaux de retour en mal de carrière venus de la droite qui sentent que le picotin pourrait être plus abondant dans l’écurie de Bardella que dans celle de Retailleau. Les chefs du parti, en dehors de leurs démêlés judiciaires, passent le plus clair de leur temps à reprendre et à illustrer un à un tous les desiderata du grand patronat. Le RN, prétendu parti des petits, se prononce désormais contre les augmentations de salaire, contre les impôts sur la fortune, contre la taxation des milliardaires, pour les subventions sans contrôle aux entreprises et, évidemment, pour l’explosion sans limite des crédits militaires. Et rien ne réjouirait plus Bardella que d’être photographié à côté de Bernard Arnault, de Bolloré ou de Saadé, « entrepreneurs » sacrés.
Depuis l’intronisation de Bardella, la stratégie dite de la cravate est illustrée par les porte-parole polis et quasiment tous formés par la droite classique que le RN envoie dans les médias. Elle vise à démontrer que le parti de feu Le Pen Jean-Marie est désormais apte à gouverner, c’est-à-dire à gérer au mieux les intérêts du grand patronat. Ce n’est pas si facile car ces hommes sont exigeants, près de leurs sous et habitués depuis deux siècles à des larbins un peu plus stylés. La main tendue de Bardella à la « droite sincère » indique encore une fois cette direction.
La droite finira bien par accepter de serrer cette main tendue et l’argument est d’ailleurs tout trouvé. C’est une invention commune RN- droite-centre-PS selon laquelle le principal danger viendrait de l’ogre Mélenchon dont la violence et « l’extrémisme » menaceraient la République. D’ores et déjà, Bardella se pose en protecteur de celle-ci pour affirmer sa légitimité à gouverner le pays en bon ministre bourgeois à la tête d’un parti responsable. Cela ne l’empêchera pas au cas où la situation sociale se tendrait de se souvenir de ses origines fascistes et, si besoin, de prôner des méthodes plus musclées. Dans tous les cas le RN est et restera un ennemi féroce des travailleurs.