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Leur société
L’union sacrée en marche
Après la mort le 12 mars d’un soldat français en Irak, tué par un drone iranien, toute une partie de la classe politique a renouvelé son engagement dans l’union sacrée.
Bardella a ainsi déclaré « au nom du Rassemblement national, […] assurer de notre soutien total ces militaires blessés, ainsi que tous leurs compagnons d’armes qui défendent nos intérêts dans la région », s’alignant donc derrière Macron qui défendait le même jour la présence de ces soldats français en Irak. Le Pen, qui entretenait jusque-là une image presque pacifiste pour prendre en compte le sentiment d’inquiétude d’une partie de la population, n’a pas hésité à adopter un ton martial en déclarant : « La France ne saurait accepter que l’on puisse s’en prendre à nos forces armées qui défendent et protègent nos intérêts dans la région. »
À gauche, même si les responsables politiques critiquent la position de Macron, ils restent défenseurs de l’impérialisme français. Leur critique ne porte que sur le fait que le gouvernement sacrifie « l’indépendance de la nation » en s’alignant derrière les États-Unis et expose de ce fait l’armée française et les intérêts du pays. Ainsi, Olivier Faure déclarait le 12 mars, à propos des intérêts français lésés au Liban par la guerre qu’y mène Israël : « Aucune soumission n’est possible à une guerre menée sans mandat et hors de toute règle du droit international. » Et Mélenchon de dénoncer le 13 mars la guerre « illégale de Trump et de Netanyahou », et le fait que, « en s’avançant sur les champs de bataille, la France devienne une cible ». LFI en appelle à l’ONU, aujourd’hui « méprisée », et au droit international « foulé aux pieds ». Mais c’est en ayant à cœur de défendre les positions de l’impérialisme français, menacées par la politique de guerre « défensive » de Macron, qui ressemble de plus en plus à la guerre tout court.
Quand les politiciens de droite ou de gauche discutent de la « nation », ils discutent en réalité des positions et des intérêts des trusts français. C’est pour eux que les soldats meurent.