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Dans le monde
Israël : un expansionnisme guerrier
Iran, Liban, Syrie, Cisjordanie, Gaza… le feu mortel de l’état- major israélien ne connaît pas de frontières, contrairement aux territoires que le gouvernement de Netanyahou hérisse de barbelés, de murs et de miradors sous prétexte de créer des « zones de sécurité ».

Au Sud-Liban, la bande de 5 kilomètres de large le long de la frontière avec Israël est devenue une zone morte sous les bombardements, les tirs d’artillerie, les armes au phosphore blanc. Les villages ont été détruits après l’évacuation forcée de leurs habitants et les terres aspergées de glyphosate ont été rendues inhabitables. Bien au-delà, des dizaines de villages ont été rayés de la carte et des centaines de milliers d’habitants, au sud du fleuve Litani, ont été déplacés. Au total, près d’un million de personnes ont fui depuis le début de la dernière offensive le 28 février. Près de mille personnes ont été tuées, et plusieurs milliers d’autres blessées. Cinq bases militaires israéliennes ont été édifiées sur des terres agricoles rendues inutilisables, et montrent on ne peut plus clairement les intentions de Netanyahou et de sa clique en matière de domination du pays voisin.
En Cisjordanie, la politique d’annexion des terres de Palestiniens se poursuit avec une violence accrue par la guerre que mènent contre la population les colons d’extrême droite, armés jusqu’aux dents et soutenus activement par les militaires. Chaque jour ou presque voit une nouvelle attaque de militants annexionnistes, provocateurs et prêts à tuer pour terroriser les villageois, les chasser, et planter leur drapeau sur des terres ainsi confisquées. Sous prétexte de sécurité, 120 000 armes leur ont été distribuées depuis octobre 2023. Grâce à elles, et à un artifice juridique adéquat, 2 400 hectares de terres ayant appartenu à des paysans palestiniens, chassés de celles-ci, ont été déclarées « terres d’État » et mises à la disposition des colons, en nombre croissant.
En Syrie, en profitant du chaos créé par la chute du dictateur, le pouvoir israélien a pris le contrôle de la zone démilitarisée après la guerre de 1973, à l’est du plateau du Golan, lui-même annexé par Israël. Il y a installé neuf bases militaires qui renforcent vers l’est le dispositif de surveillance mis en place grâce à l’occupation du Golan. Le prétexte invoqué est toujours la prévention d’une « menace terroriste » et la nécessaire constitution d’une zone de défense.
Quant à Gaza, où le martyre de la population passe à l’arrière-plan depuis le début de la guerre contre l’Iran, elle n’a plus pour le moment à subir les bombardements massifs – il n’y a d’ailleurs plus beaucoup de bâtiments debout – mais elle est ponctuellement victime de tirs isolés, ciblant tel ou tel prétendu « terroriste ». Et surtout, sa population doit tenter de survivre malgré la fermeture par Israël des points de passage. L’aide humanitaire ne peut donc même plus parvenir aux centaines de milliers de Gazaouis regroupés entre la mouvante « ligne jaune » implantée par l’état-major israélien et la mer. La majorité des terres agricoles et des puits reste de ce fait sous contrôle israélien, et donc inaccessible. Seul parvient à entrer un quart du carburant qui serait nécessaire au fonctionnement des quelques hôpitaux encore fonctionnels.
Logique d’expansion territoriale aux confins d’Israël, interprétés au sens large, domination par les armes sur les pays voisins et, au-delà, menaces explicites sur toute la zone du Moyen-Orient : forts du soutien de la première puissance mondiale, les dirigeants israéliens s’affirment comme son plus fidèle lieutenant, pour imposer sur place l’ordre impérialiste.