Irak : le chaos menace de s’étendre18/03/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/03/une_3007-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Dans le monde

Irak : le chaos menace de s’étendre

Depuis le 28 février, en riposte aux bombardements américains et israéliens, des milices pro-iraniennes ont lancé plus de 300 drones et missiles.

En Irak, les tirs ont touché la région autonome du Kurdistan irakien, essentiellement autour d’Erbil où se trouvent les bases militaires américaines, faisant au moins six morts et 35 blessés, des civils et des militaires dont des peshmergas, les combattants kurdes, et un des soldats français postés dans une des bases. Les combattants kurdes iraniens, dont plusieurs groupes sont présents au Kurdistan irakien, sont aussi la cible de ces milices et du pouvoir iranien.

Les Kurdes, répartis entre l’Irak, la Turquie, la Syrie et l’Iran, représentent 10 % de la population iranienne, la minorité la plus importante, vivant surtout dans l’ouest du pays. Le 22 février, la plupart des partis kurdes iraniens se sont rassemblés au sein d’une Coalition des forces politiques du Kurdistan iranien (CPFIK). Trump y a vu, dans un premier temps du moins, une possibilité d’utiliser ces combattants contre le régime iranien.

Puis, le 7 mars, il déclarait ne plus envisager d’accord avec les milices kurdes. Mais rien ne dit qu’il ne changera pas une nouvelle fois d’avis.

Ce ne serait en effet pas la première fois que les États-Unis décideraient de s’appuyer sur des combattants kurdes. Ainsi en 1991, George Bush père avait encouragé les Kurdes à se soulever contre Saddam Hussein, pour finalement laisser celui-ci les massacrer. Plus récemment, les Kurdes de Syrie, qui ont combattu aux côtés de la coalition internationale menée par les États-Unis contre l’organisation État islamique, ont finalement été lâchés après la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024. Au début de 2026, les Etats-Unis ont coopéré avec le nouveau gouvernement de Damas dans son opération de reprise en main des régions kurdes. Les dirigeants impérialistes ne se sont intéressés aux Kurdes que dans la mesure où ils pouvaient s’en servir comme chair à canon.

Beaucoup ne l’ont sans doute pas oublié et, pour l’instant, les partis de la coalition kurde iranienne ne semblent pas se précipiter pour se mettre au service de l’impérialisme américain. Quant à ceux qui gouvernent à Erbil et dans toute cette région du nord-est de l’Irak, frontalière de l’Iran, ils sont sous la menace brandie par le régime de Téhéran d’intensifier ses bombardements si le Kurdistan irakien servait de base à une offensive contre lui. Ils doivent également ménager la Turquie, qui ne verrait pas d’un bon œil l’établissement d’un Kurdistan autonome en Iran, tout près de sa frontière.

La guerre démarrée par l’impérialisme américain et Israël contre l’Iran menace de plonger à nouveau l’Irak dans le chaos.

Partager