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Dans les entreprises
Infirmiers : réfractaires à l’Ordre
Des infirmiers travaillant à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) ont reçu de leur direction une lettre les menaçant de perdre leur travail d’ici quatre mois.
La faute de ces infirmiers serait d’être 6 000 à l’AP-HP n’ayant pas adhéré à l’Ordre national infirmier. Une loi de 2006 contraint en effet ceux qui exercent la profession d’infirmier à adhérer à cet Ordre. Mais beaucoup parmi les salariés des hôpitaux et cliniques ne veulent pas de cette adhésion forcée.
Jouant sur le corporatisme, l’Ordre national infirmier prétend défendre la profession contre on ne sait qui, mais sûrement pas contre les ministres de la Santé et les gouvernements qui étranglent financièrement la santé publique. Au contraire, cet Ordre marche la main dans la main avec le ministère, qui a poussé à sa création il y a vingt ans en partie pour faire concurrence aux syndicats où l’adhésion est volontaire.
L’Ordre a été doté d’un pouvoir disciplinaire contre les infirmiers. En cas de faute, réelle ou supposée, non seulement l’employeur – hôpital ou clinique – peut sanctionner en allant jusqu’au licenciement, mais l’Ordre infirmier peut aussi mener une procédure parallèle et ajouter sa propre sanction pouvant aller jusqu’à l’interdiction d’exercer. Cela indigne ceux qui refusent cette menace supplémentaire, qui de plus devraient payer à l’Ordre 35 euros de cotisation annuelle pour financer des jugements à leur encontre. De plus, la cotisation étant de 85 euros pour les infirmiers libéraux, ceux qui sont salariés ont des raisons de craindre qu’après avoir été tous contraints à adhérer, leur cotisation augmente pour se rapprocher de ce montant.
Faute de pouvoir les convaincre, l’Ordre a obtenu que, depuis quelques années, l’AP-HP oblige les nouveaux infirmiers sortant de l’école et voulant être embauchés à adhérer. Mais parmi les plus anciens infirmiers salariés, il y a une résistance à la loi rendant l’Ordre obligatoire. Depuis 2006, ils subissent régulièrement des pressions. Le courrier reçu, qui les menace « d’exercice illégal de la profession » s’ils ne fournissent pas, sous quatre mois, la preuve de leur adhésion à l’Ordre, en fait partie.
Les infirmiers salariés subissent déjà, comme les autres travailleurs, les pressions d’une hiérarchie et d’une direction qui aggravent année après année leurs conditions de travail. Ils n’ont aucune raison d’accepter aussi celles de cet Ordre infirmier.