Guerre : l’impérialisme français engagé18/03/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/03/une_3007-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Guerre : l’impérialisme français engagé

Le gouvernement français persiste dans le mensonge servi sur la guerre en Iran : l’arsenal naval français en Méditerranée, en mer Rouge et au large du détroit d’Ormuz ne serait déployé que pour des opérations défensives, pas pour faire la guerre.

Le boniment ne sera d’aucune consolation pour le soldat tué et ses six camarades blessés par une attaque de drone dans la région d’Erbil en Irak, à une centaine de kilomètres de la frontière iranienne. Depuis septembre 2014 en Irak, puis septembre 2015 en Syrie, la guerre contre l’État islamique a permis à l’armée française de s’installer aux confins du Kurdistan irakien et d’y rester sous prétexte de lutte contre le terrorisme.

L’attaque contre les soldats français a été revendiquée par un groupe armé pro-iranien actif en Irak, Ashab al-Khaf, qui a annoncé qu’en représailles au déploiement du porte- avions Charles-de-Gaulle « tous les intérêts français en Irak et dans la région sont sous le feu de nos attaques ». Quant à Macron, il a annoncé le 15 mars avoir exhorté le président iranien Massoud Pezeshkian « à mettre fin immédiatement aux attaques inacceptables que l’Iran mène contre les pays de la région, qu’elles soient directes ou via des proxis, comme au Liban et en Irak ». Il ne semble pas s’être adressé de la même façon à Trump et Netanyahou, qui ont déclenché les hostilités.

Ainsi, pour l’heure, Macron continue-t-il de prétendre que la guerre n’est pas « notre guerre », de dire que l’offensive menée au Liban par Israël doit trouver une issue négociée, et d’affirmer que le gouvernement français n’est préoccupé que de la sécurité de ses ressortissants dans la région et de la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz ou en mer Rouge.

La ficelle est grossière car l’armée française est présente partout au Moyen-Orient au titre d’accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis ; elle est présente en Jordanie et en Irak, et bien sûr au Liban. Au total, près de 4 000 militaires français sont déployés en permanence au Moyen-Orient si l’on inclut la base de Djibouti et, dans l’embrasement de cette région, ils ne restent pas l’arme au pied. Dès sa déclaration télévisée du 4 mars, Macron a affirmé que des drones iraniens avaient été abattus par les forces françaises « en légitime défense […] dès les premières heures du conflit pour défendre l’espace aérien de nos alliés ». Le gouvernement français se prépare à avancer cet argument pour entraîner l’opinion publique à soutenir l’escalade guerrière.

L’instrumentalisation de la mort du soldat français en Irak va dans le même sens. Comme de coutume, on parle du sacrifice d’un homme pour la France. En fait, le petit impérialisme français a trop d’intérêts au Moyen-Orient, trop de marchés et de bons clients à préserver pour se tenir à l’écart de l’offensive décidée par Washington.

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