GTE-Durisotti – Sallaumines : Les salariés mobilisés pour leur avenir18/03/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/03/une_3007-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

GTE-Durisotti – Sallaumines : Les salariés mobilisés pour leur avenir

Jeudi 5 mars puis le 12, une centaine de salariés de GTE-Durisotti se sont retrouvés devant l’entreprise à Sallaumines, près de Lens. C’est plus de la moitié de l’effectif. Ils refusent de ne percevoir que 70 % de leur salaire en raison du chômage partiel imposé par la direction.

Il y a presque deux ans que la famille multimillionnaire Desprez (Groupe Florimond-Desprez), via sa holding GTE, a racheté l’entreprise Durisotti, qui transforme des véhicules tels que camionnettes ou véhicules de chantier. Ils promettaient de créer un centre de production de bus « décarbonnés » en investissant 65 millions d’euros et en créant 2 000 emplois. En réalité, sur ces belles promesses, GTE a empoché plusieurs millions d’aides publiques, mais les salariés n’ont vu aucun investissement.

Au contraire, dès la reprise, la nouvelle direction n’a fourni aux salariés aucun matériel pour finir les commandes en cours. Il y avait des commandes, des véhicules à transformer, des ouvriers… mais la direction n’en fournit pas les moyens. Depuis un an et demi, 200 véhicules ont été repris par les clients, d’autres pourrissent en attente d’un matériel qui n’arrive jamais. Les clients historiques, dont les gros constructeurs et l’État, rompent leur contrat.

Encore lors de la galette des rois, en janvier, la directrice promettait, les yeux dans les yeux, que ça allait repartir… avant de demander, à peine deux jours plus tard, un plan de chômage partiel pour deux ans.

Les factures impayées aux fournisseurs s’accumulent… au point qu’Enedis vient de couper le courant dans l’usine. Des petits fournisseurs risquent de mettre la clé sous la porte à cause des dizaines ou des centaines de milliers d’euros d’impayés.

Personne ne connaît le plan de la direction, d’autant qu’elle ne remet pas les documents comptables et que le commissaire aux comptes refuse de certifier ceux de l’entreprise. Mais il est de plus en plus clair que la direction n’a jamais eu l’intention de continuer la production.

Les salariés refusent d’être sacrifiés pour les opérations financières opaques de la famille Desprez. Après le succès des deux premiers rassemblements, ils ont décidé de continuer leur mobilisation, avec une manifestation à Lens jeudi 19 mars pour dénoncer ces méthodes patronales et demander des comptes aux pouvoirs publics qui les ont arrosés d’argent public sans aucun contrôle. Les salariés de Delcroix, à Bapaume, une autre entreprise du groupe dans la même situation, prévoyaient aussi d’être présents.

Pendant des années, l’État a fait transformer ses véhicules par les ouvriers de Durisotti. Alors pas question d’être sacrifiés aujourd’hui à cause de patrons qui empochent les aides et laissent pourrir la situation. Ils demandent à être payés intégralement et que patrons et pouvoirs publics donnent des garanties pour l’avenir.

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