Carburants : le gouvernement palabre, Total encaisse18/03/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/03/P6-2_Total_prix_essence_ok_Lupo.jpg.420x236_q85_box-0%2C21%2C800%2C471_crop_detail.jpg

Leur société

Carburants : le gouvernement palabre, Total encaisse

La poursuite de la guerre contre l’Iran est une catastrophe pour les populations qui meurent sous les bombes, mais une aubaine pour les spéculateurs, qui se réjouissent des profits prévisibles et font monter les prix, en particulier ceux des carburants.

Illustration - le gouvernement palabre, Total encaisse

Dès les premiers jours de la guerre, les prix à la pompe ont augmenté de dix, vingt centimes, sans aucune raison puisque les carburants vendus avaient été fabriqués bien avant. Mais le ministre de l’Économie, Roland Lescure, s’était voulu rassurant en déclarant, mercredi 4 mars, que l’augmentation n’était que de « quelques centimes ». Le ton quasiment désinvolte du ministre avait de quoi choquer tous les travailleurs qui, déjà avant la guerre, avaient du mal à remplir le réservoir de leur voiture pour aller au travail. Mais les prix n’ont fait que continuer à augmenter depuis, et le blocage du détroit d’Ormuz menace de durer et d’aggraver la situation.

Le ministre avait annoncé des contrôles de prix dans les stations-service pour s’assurer du caractère « raisonnable » des hausses. Leur bilan devrait se limiter à une quinzaine de stations sanctionnées sur les près de 10 000 du pays, non à cause de prix abusifs mais parce que les prix affichés ne correspondaient pas à ceux facturés au client.

Comme les prix à la pompe continuaient d’augmenter, Lescure a réuni, jeudi 12 mars, les distributeurs de carburants au ministère de l’Économie, mais ne leur a évidemment rien imposé. Total s’est engagé à plafonner le prix de l’essence à 1,99 euro le litre, et celui du gazole à 2,09 euros le litre, soit bien au-dessus des prix d’avant la guerre, et seulement jusqu’à la fin du mois de mars. Pour autant que cette promesse soit respectée, et rien n’est moins sûr, elle ne constituera pas un grand sacrifice pour le groupe pétrolier.

Pour protéger la population contre les agissements des spéculateurs, le minimum serait de bloquer les prix des carburants aux tarifs d’avant la guerre. Cela coûterait de l’argent à TotalEnergies et aux autres compagnies pétrolières ? Elles ont accumulé des records de profits ces dernières années, elles peuvent payer. Mais une telle mesure, il n’y a pas à l’attendre de ce gouvernement ni d’aucun autre. Les travailleurs devront se donner les moyens de l’imposer et, en s’organisant, de contrôler eux-mêmes qu’elle est respectée.

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