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- Lutte ouvrière n°2410
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Leur société
Valls aux financiers de la City : « My government is pro-business ! »
Nul besoin de connaître l'anglais pour savoir que le gouvernement français est du côté du monde des affaires : il l'affirme haut et fort en toutes circonstances. Ainsi, fin août, Valls a été acclamé debout à l'université d'été du Medef, en prononçant un discours si outrageusement propatronal que bien des politiciens de droite pourraient le lui envier. Trois semaines plus tard, il récidivait à Berlin avec un « Mon gouvernement aime les entreprises », en allemand cette fois. Après le Medef ou la City, pourquoi Valls n'irait-il pas demain se mettre à plat ventre à Wall Street, temple américain sinon mondial du capitalisme ?
Mais les businessmen chers à son coeur ne se payent tout de même pas de mots, même doux. Il leur faut des preuves d'amour, et à chaque fois toujours plus. Alors Valls en rajoute.
Ainsi, à Londres, il a annoncé que c'en serait bientôt fini de l'interdiction d'ouvrir les magasins le dimanche. Il va aussi « aller plus loin » dans « l'assouplissement des 35 heures », favoriser le « temps partiel [pour] préserver l'emploi ». Il veut aussi « inciter davantage au retour à l'emploi », bref, réduire le montant et la durée de l'indemnisation du chômage.
Autant d'attaques à venir contre le monde du travail. Pour celui des affaires, il y a les gâteries. Valls a dit qu'il allait encore « réduire les impôts, d'abord ceux sur les entreprises ». Et de rappeler que la tranche à 75 % - qui n'écorne qu'une infime partie des revenus des très riches, et encore pas tous - « n'existerait plus au 1er janvier 2015 ».
À l'adresse de ceux des habitués de la City que ne convaincraient pas encore ses « I love you » à répétition, Valls a cité le patron de Free, qui décrit la France comme un « paradis fiscal » pour les investisseurs. Un avis d'expert. Et si les Sarkozy, Juppé, Fillon et Marine Le Pen s'emploient, contre l'évidence, à présenter sans rire la France comme un « enfer pour le monde de l'entreprise », c'est qu'avec Valls, Hollande et compagnie, la concurrence est rude pour le titre du plus servile larbin des bourgeois.