Motion : Elections 2004, pour des listes communes LO-LCR.

Il est impossible de prévoir quelle sera la réponse de l'électorat à l'évolution de la situation lors des élections 2004. Certains se fient à des sondages qui seraient favorables à l'extrême gauche et qui donneraient des résultats voisins, voire supérieurs par endroits, à ceux de la présidentielle 2002.

Pour notre part, quoiqu'on ne puisse rien prévoir, le raisonnement politique nous amène à penser qu'il y a une forte probabilité pour que l'extrême gauche n'obtienne qu'un nombre de suffrages bien inférieur au total des voix LO-LCR de la présidentielle et qui pourrait être même de l'ordre de 3 % des voix pour nos listes communes (notre résultat total aux législatives de 2002).

Ce n'est paradoxal qu'en apparence et c'est ce raisonnement qui nous a amenés à proposer un accord électoral à la Ligue au mois de juin dernier. En effet, on ne peut se cacher que l'électorat populaire est démoralisé. C'est dû à la situation sociale, économique et, aussi, aux attaques ouvertes et aux discours cyniques du gouvernement Chirac-Raffarin. Dans ce contexte, deux facteurs peuvent jouer : d'abord un maintien, voire une montée des scores du Front national, lequel se retrouvera certainement au deuxième tour un peu partout aux régionales, avec peut-être 20 % des suffrages si ce n'est plus par endroits. Dont les votes de nombreux travailleurs parmi les plus pauvres, ulcérés et par la gauche et par la droite.

Par ailleurs, un autre phénomène peut jouer en faveur du Parti socialiste. Le gouvernement actuel est tellement honni dans les classes populaires que pas mal d'électeurs populaires peuvent se dire qu'au premier tour de l'élection présidentielle, ils ont eu tort de voter pour les listes PC, Verts ou extrême gauche qui ont dispersé les voix et fait chuter Jospin. Il y aura donc, peut-être, un fort courant d'électeurs qui préféreront voter pour le PS afin de donner au moins une gifle à la droite et ramener la gauche socialiste aux affaires.

Les deux phénomènes risquent de laminer l'extrême gauche. Si on ne peut rien prévoir, nous avons intérêt à envisager une telle situation.

Nous présenter séparément de la Ligue n'aurait sans doute pas diminué le nombre total de nos suffrages, mais si ce total était faible, nombreux seraient ceux de nos électeurs respectifs qui, ayant encore voté pour nous, pourraient se dire que c'est à cause de nos divisions que nous avons déçu et perdu une grande partie notre électorat.

Bien sûr, que nous soyons unis dans cette élection ne changera en réalité rien aux scores que nous ferons, mais au moins nos électeurs ne pourront pas penser que c'est le fait de ne pouvoir surmonter nos divisions qui nous amène à cela. Ensemble, notre mauvais résultat serait une donnée objective et non le résultat de notre comportement.

Il ne faut pas oublier qu'un mauvais résultat - surtout apparemment dû à notre division - ajoutera à la démoralisation de nos propres électeurs en leur laissant penser qu'il n'y aurait rien à attendre ni de la gauche gouvernementale ni de l'extrême gauche pour laquelle ils auraient malgré tout voté.

Notre démarche n'a rien à voir avec l'espoir d'avoir des élus. Il faudrait pour cela que nous obtenions à nouveau les scores de la présidentielle. Nous n'avons donc que très peu de chances d'avoir des élus, chances infimes aux régionales et guère meilleures aux européennes.

Notre démarche n'est donc pas inspirée par l'espoir d'avoir des élus, notre démarche est, en sens inverse, de pouvoir aborder dans de meilleures conditions un score très négatif.

27 octobre 2003

Motion

Lutte Ouvrière constituera des listes communes avec la Ligue Communiste Révolutionnaire tant aux régionales de mars 2004 qu'aux européennes de juin 2004. Ces listes seront constituées sur la base du protocole d'accord signé entre les deux organisations, protocole auquel sont joints, à titre d'exemple, des projets de profession de foi pour les régionales et pour les européennes, étant bien entendu que d'ici là ces professions de foi pourront être modifiées pour tenir compte de l'actualité. Mais l'esprit devra en être le même.

17 novembre 2003