France - Sarkozy a les mains libres à l'Assemblée, il ne les a pas dans le pays

Quatre mois après l'accession de Sarkozy à la Présidence, son gouvernement administre chaque jour la démonstration qu'il est tout à fait dans la continuité des gouvernements de Chirac, aussi réactionnaire, aussi anti-populaire, avec cependant plus de cynisme encore.

Le caractère réactionnaire du nouveau pouvoir sur le plan social est le fil conducteur de toutes les « réformes » engagées par le gouvernement Sarkozy-Fillon. Après avoir accordé quinze milliards de cadeaux aux plus riches, c'est en criant au déficit catastrophique de la Sécurité sociale, qui pourrait être largement comblé rien qu'avec ce cadeau, que le gouvernement impose trois franchises médicales qui s'ajoutent aux autres qu'auront à payer toutes les classes populaires, les seuls bénéficiaires de la CMU mis à part.

Cette seule mesure aura pour conséquence inévitable que tous ceux qui ont des petits salaires ou de faibles pensions de retraite se soigneront moins, plus mal ou pas du tout, et que, pour l'ensemble des salariés, ces dépenses supplémentaires s'ajouteront aux conséquences sur leur porte-monnaie des hausses de prix, en particulier pour les produits de grande consommation.

Au même moment, ou presque, le Parlement engage la discussion sur les régimes spéciaux de retraite. Là, le gouvernement se pose en chevalier blanc de l'équité et de la justice sociale contre ce qu'il appelle les « privilèges » des cheminots, des travailleurs de la RATP, des électriciens et gaziers. Si le nombre d'années de cotisation de ces catégories de travailleurs n'est pas le même que celui des affiliés au régime général, c'est pourtant en raison des décrets Balladur repoussant la durée de cotisation pour les travailleurs du privé à 40 années et des mesures Fillon élargissant la même régression aux travailleurs de la fonction publique. De toute façon le gouvernement annonce qu'une fois l'ensemble des salariés logés à la même mauvaise enseigne, le nombre d'années de cotisation passera à 41 ans puis à 42 ans. L'âge de la retraite lui-même sera repoussé à 62 ans, y compris pour ceux qui auront atteint le nombre exigé d'années de cotisation avant leurs 62 ans.

Et pourquoi s'arrêter en si mauvais chemin ? Parmi les seconds couteaux de la propagande gouvernementale, il en est qui répètent déjà qu'en Allemagne, en Angleterre ou au Japon, on fait mieux : pour ce dernier pays, l'âge de la retraite serait de 69 ans. C'est en effet une façon radicale de faire faire des économies aux caisses de retraite : une partie des ayants-droit mourra avant d'atteindre l'âge de la retraite.

Tout cela est d'autant plus révoltant que, pendant qu'on pleure sur la grande misère des caisses de l'assurance maladie ou de retraite, le gouvernement accorde, bon an mal an, 100 milliards d'aides et de subventions aux entreprises, sans même parler de l'actuelle valse des milliards pour venir en aide aux banquiers spéculateurs.

Tous ces gens-là, les dirigeants politiques qui décident et les commentateurs qui encensent leurs « réformes », savent parfaitement qu'il suffirait que toutes les entreprises paient la part patronale des cotisations sociales (qui font partie intégrante des salaires) pour que la Sécurité sociale soit bénéficiaire. Tous savent aussi que la productivité a fait, au cours du demi-siècle passé, des progrès tels que même s'il y a moins d'actifs par rapport au nombre de retraités, il y aurait de quoi financer largement le maintien de l'âge de la retraite à 60 ans, voire moins, avec une durée de cotisation qui ne dépasse pas les 37 ans et demi, et augmenter le montant des pensions.

Ils le savent tous, mais ils mentent pour que le gouvernement puisse drainer l'argent économisé sur les retraités vers la bourgeoisie.

Et tout est à l'avenant : les attaques contre le peu qui, dans la législation sociale, protège un peu les travailleurs, l'annonce des suppressions d'emplois dans la fonction publique, qui aura comme conséquence de détériorer un peu plus encore les services publics, les hôpitaux où le personnel n'en peut plus, l'éducation nationale où la situation des écoles dans les quartiers populaires est catastrophique, et les transports publics où, à côté des réalisations de pointe pour le TGV, les trains de banlieue fonctionnent de plus en plus mal et le réseau de chemin de fer supprime des lignes dites secondaires. Sans oublier le fait que supprimer des emplois utiles dans les services publics aggravera un peu plus le chômage et bouchera un peu plus l'avenir des jeunes à la recherche de travail.

De tout cela, il ne faut pas s'étonner. Si Sarkozy et son équipe sont les hommes de la situation, la situation elle-même est créée par la volonté du grand patronat, de la bourgeoisie, de la classe riche, d'augmenter ses profits et ses revenus au détriment des classes populaires. Sarkozy est un exécutant cynique et fier du travail qu'exige de lui la grande bourgeoisie. Mais ce n'est qu'un exécutant. Et l'offensive contre les classes populaires continuera - s'ils ne sont pas contraints d'y renoncer par les victimes de leur politique - et s'aggravera même.

Les classes populaires ne sont évidemment pour rien dans l'actuelle crise financière. Mais dans la mesure où cette crise financière aura des conséquences sur les entreprises, c'est aux travailleurs que les banques, que les groupes industriels et financiers feront payer la note de leur propre spéculation.

Le caractère réactionnaire de l'équipe Sarkozy-Fillon ne se limite pas au plan social. Il se manifeste aussi dans des gestes politiques, comme l'ensemble des lois Hortefeux. L'obligation de faire passer un test ADN aux candidats au regroupement familial est, sur le plan simplement humain, la mesure la plus honteuse.

Mais si le test ADN soulève des protestations même dans la caste politique au pouvoir - c'est un comble d'entendre sur cette question Pasqua d'abord, Villepin ensuite ! - c'est l'ensemble des lois Hortefeux rendant pratiquement impossible le regroupement familial qui est indigne.

Là, on ne peut même pas dire, comme pour le reste, qu'il s'agit d'exécuter servilement les ordres du grand patronat. Là, c'est la petite touche Sarkozy et compagnie, une petite gâterie politique pour l'électorat d'extrême droite qui, en abandonnant Le Pen, lui a permis d'être porté à la présidence de la République.

Il est compréhensible que beaucoup de gens de gauche, et en particulier ceux des classes populaires, après avoir été déçus par l'élection de Sarkozy, soient découragés à l'idée de le voir se pavaner à la tête de l'État pendant les cinq ans à venir, voire dix s'il parvient à se succéder à lui-même.

La déception se comprend, mais le découragement moins. Car l'agitation fébrile du président de la République, sa préoccupation permanente d'occuper le devant de la scène en renvoyant à la niche ses ministres, y compris le Premier ministre, ne font pas de son pouvoir un pouvoir fort. Pas plus que ses bons coups politiques, comme celui d'attirer à la mangeoire quelques vedettes de la gauche, n'en font un homme redoutable.

Président et ministres ne peuvent qu'aller dans le sens du courant défini par les maîtres de l'économie. Le reste, ce ne sont que des discours pour se faire élire. Sarkozy n'a certainement rien à craindre d'un Parlement où il dispose d'une majorité absolue et où même les piqûres de moustiques qui ont l'air de l'agacer ne viennent pas de l'opposition de gauche mais de sa propre majorité, à commencer par son ex-concurrent et prédécesseur Villepin. Mais à cela, il survivra.

En revanche, il n'a pas plus les moyens qu'aucun de ses prédécesseurs de s'opposer aux luttes sociales prenant une certaine envergure. Toute l'histoire, et en particulier celle des décennies qui nous séparent de la dernière guerre, montre tout à la fois que les luttes ouvrières ont su faire reculer y compris des gouvernements de droite réactionnaires, mais aussi que quelle qu'ait été l'étiquette du gouvernement, seules les luttes ont permis aux travailleurs de se défendre contre une attaque ou d'obtenir quelque chose. Sarkozy a beau jouer les présidents « hyperactifs », à vouloir se mêler de tout, il n'en est pas moins un simple figurant. Même en s'appuyant sur une majorité au Parlement qui vote les lois qu'il souhaite, ces lois ne sont votées et, en tout cas, ne sont appliquées que si le grand capital le veut bien. Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, des grèves, il y en a eu de puissantes, notamment dans les années 1947-1949, touchant successivement ou simultanément Renault, les chemins de fer, les employés de banque, Citroën, les mines, Michelin ou l'aéronautique. Certaines de ces grèves ont duré plusieurs semaines malgré l'envoi de la police ou des CRS contre les grévistes. L'ensemble de ces grèves a contribué à desserrer un peu la politique d'austérité des années d'après-guerre et à enrayer la chute du pouvoir d'achat des salariés. Pendant l'été 1953, une grève débutée par les postiers de Bordeaux pour s'opposer à des décrets-lois du très réactionnaire gouvernement Laniel s'est transformée en grève générale du service public, avec quatre millions de grévistes. Après trois semaines de grève, le gouvernement fut contraint de reculer et de retirer ses projets qui concernaient notamment - déjà ! - les retraites.

En 1955, c'est la grève, de près de deux mois, des travailleurs des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire, puis celle, générale dans toute la région nantaise, qui incitèrent le gouvernement à accorder la troisième semaine de congés payés dans l'entreprise nationalisée Renault. La mesure fut étendue l'année suivante à tous les salariés.

De Gaulle lui-même ne put imposer la réquisition aux mineurs en grève en 1963. Après plus d'un mois de grève, les mineurs contraignirent à reculer un pouvoir pourtant réputé fort en obtenant, notamment, la quatrième semaine de congés payés et 11 % d'augmentation des salaires.

À peine cinq ans après, en mai 68, les manifestations étudiantes et la grève générale ébranlèrent définitivement le pouvoir de De Gaulle au point de le pousser à quitter le pouvoir l'année suivante.

Parmi les grèves plus récentes, une des plus importantes fut celle des cheminots, touchant également d'autres secteurs de la fonction publique, qui, en 1995, paralysa le pays et le gouvernement. Juppé finit par y perdre son poste de Premier ministre et Chirac eut, par la suite, la malencontreuse idée - malencontreuse pour son parti - de dissoudre l'Assemblée. Cela aboutit à remplacer la majorité de droite par une majorité de gauche.

Tous les progrès sociaux dont ont bénéficié les travailleurs européens à des titres divers ont été obtenus par des luttes ou ont été accordés pour désamorcer la menace d'une lutte, et non par des élections. Les dirigeants capitalistes ne donnent rien pour rien. Ils ne font pas de cadeaux. Quand ils accordent un avantage, c'est parce qu'ils y sont contraints.

Le fait que le gouvernement est de droite et détient tous les pouvoirs politiques ne signifie pas que tout est perdu pour les travailleurs. D'ailleurs, le gouvernement est de droite depuis les cinq ans qui viennent de s'écouler.

Les travailleurs conservent tous les moyens de changer leur sort.

Si le grand capital possède l'économie et peut la diriger à son gré, ce sont les travailleurs, manuels ou intellectuels, qui la font tourner. Ce sont des travailleurs qui font tout dans les banques. Ce sont des travailleurs qui produisent et distribuent l'électricité ou qui font rouler les trains. Ce sont des travailleurs qui font fonctionner l'appareil d'État, pas les ministres ! Ce sont des travailleurs qui extraient tout ce qui provient de la terre ou qui la cultivent, des travailleurs aussi qui produisent tout ce qui est fabriqué dans le pays et des travailleurs encore qui reçoivent, dans les ports maritimes ou sur les aéroports, les marchandises qui viennent de l'étranger ou y expédient celles qui sont produites en France.

Quand tout ce monde-là s'arrête de travailler et se fâche, les capitalistes n'y peuvent rien. Contre une grève ou une manifestation isolée, un chef d'entreprise peut prendre des sanctions et l'État peut lui venir en aide en envoyant sa police, voire, dans les cas les plus dangereux pour lui, son armée.

Mais ce ne sont ni les policiers ni les militaires qui travailleront à la place de 25 millions de salariés. Ils n'ont pas les connaissances voulues et n'en ont ni le goût ni la vocation.

C'est pourquoi ce ne sont pas les bulletins de vote à eux seuls qui peuvent changer le sort des travailleurs. Ce ne sont pas les bulletins de vote qui peuvent arracher leur puissance à ceux qui détiennent toute l'économie. Ils n'en permettent même pas le contrôle.

Pourtant, le premier pas pour améliorer la situation du monde du travail par rapport aux capitalistes et à ceux qui possèdent tout serait de contrôler leurs comptes, au jour le jour, pour savoir d'où vient l'argent, où il passe, où il va ; ce serait de savoir ce qu'ils préparent, d'en être informés et de rendre tout cela public auprès de la population. C'est possible car dans une banque, dans une entreprise, ce sont des travailleurs qui tiennent les comptes, ce sont des travailleurs qui enregistrent et manipulent toutes les matières premières qui entrent, ce sont des travailleurs qui fabriquent, qui empaquettent, qui font tout et qui savent donc tout ce qui est produit. Ce sont des travailleurs qui livrent. Ce sont des employés ou des secrétaires qui s'occupent du courrier et en connaissent le contenu. Tout cela est entre les mains et à la portée des travailleurs. Il leur suffit de mettre en commun ce que chacun sait pour tout savoir sur les comptes au jour le jour, les mouvements d'argent et d'approvisionnements, pour savoir qui sont les fournisseurs et les sous-traitants et quels sont leurs liens réels avec l'entreprise. Bien sûr, la loi leur interdit de dire ce qu'ils savent, de se le communiquer même les uns aux autres. Mais les lois se changent et on les change, en général, en ne les respectant pas.

C'est ainsi que le mouvement des femmes a réussi à imposer la suppression de la loi répressive qui frappait les femmes recourant à des interruptions volontaires de grossesse. Le procès de Bobigny en 1972 contre une jeune fille accusée d'avortement après un viol fut transformé en procès contre la loi elle-même. Il aboutit à une première victoire : la relaxe de l'inculpée. Il fut suivi par la prise de position d'un grand nombre de femmes dénonçant l'iniquité de la loi et annonçant avoir elles-mêmes volontairement interrompu leur grossesse. En 1975, sur proposition de Simone Veil, le Parlement, pourtant à majorité réactionnaire, abrogea l'ancienne loi et vota une nouvelle autorisant l'interruption volontaire de grossesse.

C'est dire que, malgré les lois actuelles, on peut imposer le contrôle des entreprises.

Et alors on pourra informer la population et la collectivité. On pourra démontrer quels sont les profits réels, la place réelle du coût du travail et, surtout, parmi les projets envisagés, quels sont ceux qui concernent l'avenir de l'entreprise et, en cas de plan social, l'avenir même d'une ville voire d'une région.

Il n'y aura pas alors besoin d'une longue enquête pour non seulement révéler, mais surtout empêcher des scandales comme celui d'EADS où les Lagardère, les Forgeard et Cie, profitant d'informations confidentielles, ont pu empocher des millions d'euros en vendant leurs actions avant que leur prix chute, pendant qu'il ne restait aux travailleurs de l'entreprise que leurs yeux pour pleurer les fermetures d'usine et les suppressions d'emplois.

Dans le passé, les travailleurs ont imposé des choses bien plus difficiles.

Les lois se changent. Les puissances financières peuvent imposer aux députés de voter les lois qui les favorisent, mais il arrive, aussi, que « la rue », comme dit le patronat, les grèves, imposent des lois ou en fassent abandonner, comme ce fut le cas pour le CPE (contrat première embauche), retiré sous le gouvernement Villepin après avoir pourtant été voté par le Parlement.

C'est donc tout à fait à la portée du monde du travail d'imposer la fin du secret industriel, commercial et bancaire.

Comment faire en sorte que le monde du travail en arrive à de telles luttes ? À utiliser la force dont il dispose, à s'organiser pour qu'aucune lutte ne reste isolée mais qu'elle soit, au contraire, le prélude à des luttes de plus en plus larges susceptibles de s'en prendre au patronat et de le faire reculer ?

Il faut évidemment le vouloir et être convaincu que cela peut se faire et que c'est possible. Il faut chercher à convaincre autour de soi tous ceux qui peuvent l'être, là où l'on travaille ou dans son quartier. Il faut tisser des liens pour cela, en discuter, voire se rencontrer pour mettre tous ces problèmes sur la table.

Et les syndicats ? Pour ce qui est des dirigeants des confédérations syndicales, Sarkozy les ménage. Après les avoir reçus dès son élection, il les a associés depuis à bien des cérémonies officielles, aux côtés de l'organisation patronale Medef. Pas plus que ses prédécesseurs, Sarkozy ne cherche à décrédibiliser les directions syndicales parce qu'il sait qu'il peut avoir besoin d'elles pour éviter ou pour enrayer les réactions incontrôlables des travailleurs.

Mais à la base, les militants, les responsables syndicaux, les délégués, souvent dévoués et qui font ce qu'ils peuvent, se heurtent à la répression patronale ouverte ou insidieuse. La simple existence d'un syndicat donne des boutons à bien des patrons, et pas seulement dans les entreprises petites et moyennes. Dans nombre de grandes entreprises qui prétendent appliquer la législation du travail, les militants syndicaux, lorsqu'ils défendent les intérêts de leurs camarades de travail, le font sous la menace de sanctions ou de licenciement. Même lorsque ce n'est pas le cas, leur salaire pâtit de leur engagement. Le pire, sans doute, est que l'isolement dans lequel se retrouvent bien souvent ces militants, et l'impuissance à laquelle cela conduit, aboutissent à des réactions où nombre de travailleurs considèrent que « les syndicats ne font rien » et où les militants syndicaux disent, à plus ou moins juste titre, que « les travailleurs ne veulent pas bouger ».

Confrontées à l'avalanche de mesures contre les salariés depuis la rentrée, les confédérations syndicales hésitent, réagissent mollement et de façon dispersée. Il faut leur ôter le prétexte que les « travailleurs ne sont pas prêts » ou encore, qu'il est plus facile de les mobiliser avec des revendications concernant une seule corporation. Il faut tout faire pour que les initiatives, les grèves, les manifestations prévues soient le plus massivement suivies. C'est la seule façon de peser sur la politique des directions syndicales afin de les amener à élargir les actions prévues, à proposer une suite, et faire en sorte que, d'action en action, les travailleurs retrouvent confiance en leur force et la conscience qu'ils ont la force de faire reculer le patronat, et, par la même occasion, son homme de main installé à l'Élysée.

Les travailleurs peuvent se défendre, sans attendre cinq ans qu'un autre président ou qu'un autre gouvernement remplace celui-ci pour faire, sur le fond, la même chose, même si dans la forme il paraît moins agressif.

Si Sarkozy a les mains libres à l'Assemblée, il ne les a pas dans le pays.

Le monde du travail peut être sujet à des colères soudaines et imprévisibles. Il l'a montré dans le passé. La moindre petite grève ignorée peut, en certaines circonstances, se propager comme une traînée de poudre. De la poudre, le patronat va en répandre partout et, sans qu'on sache d'où elle vient, de Sarkozy probablement, une étincelle enflammera le tout.

La conclusion est que Sarkozy aura une majorité de béni-oui-oui dans son Assemblée qui voteront, comme un seul homme, ce qu'il voudra. Mais quant à tout faire appliquer, c'est un autre problème. Ce ne sont pas l'Assemblée et les députés socialistes qui lui mettront des bâtons dans les roues, mais ce sont des grèves. De Gaulle a connu cela. Sarkozy est trop jeune pour avoir retenu toutes les leçons de l'histoire, et chacun doit faire son expérience !

4 octobre 2007