Contre l’offensive capitaliste, un programme de combat pour les travailleurs

Un Premier ministre chasse l’autre... Le nouveau, Jean Castex, formaté à l’ENA, haut fonctionnaire et accessoirement élu local, est passé par le cabinet ministériel de Xavier Bertrand et par le secrétariat de l’Élysée avec Sarkozy. C’est un exemple standard comme les hautes institutions de la bourgeoisie savent en fabriquer par centaines et parmi lesquels celles-ci piochent pour la servir. Il a en somme été dressé pour servir les intérêts de la bourgeoisie avec autant de compétence que possible, mais surtout avec loyauté. Macron peut donc entamer la deuxième mi-temps de son quinquennat.

Cela fait à peine trois ans que le jeune rejeton de la bourgeoisie d’Amiens, Macron, passé du monde de la banque à celui de la politique via la haute fonction publique, a été élu président de la République. On l’a vu inaugurer son quinquennat en se pavanant devant la pyramide du Louvre, un spectacle aussi prétentieux que ridicule. Il fallait l’enthousiasme intéressé de l’armada de politiciens accrochant leur carrière à la sienne pour parler d’un triomphe électoral !

Il a simplement su saisir le moment où l’ancien système d’alternance s’écroulait après cinq ans de présidence Hollande et alors que la droite, s’enfonçant dans le scandale Fillon, était dans l’incapacité de profiter de la débâcle de la gauche pour lui succéder au pouvoir. Les 25,01 % (18,15 % des inscrits) qu’il a recueillis au premier tour de l’élection présidentielle ne témoignaient pas d’un engouement pour sa personne. Mais, opposé au deuxième tour à Marine Le Pen, un « front républicain » de fait l’a propulsé à la présidence. Aux législatives qui ont suivi, sa mouvance fraîchement bricolée, mélange de jeunes loups aux dents longues et de vieux briscards de la politique qui ont su monter à temps dans le bon train, a décroché une majorité écrasante à l’Assemblée nationale.

Pour offrir à la bourgeoisie une solution durable à la crise du système d’alternance gauche-droite, le parti macroniste devait s’enraciner à tous les niveaux des institutions de la démocratie bourgeoise. Pour cela, les élections municipales étaient incontournables. Non seulement c’est loupé, mais elles ont été un fiasco complet pour les macronistes.

L’homme du « ni gauche ni droite » s’est déconsidéré plus vite encore que ses prédécesseurs, Hollande côté gauche, Sarkozy côté droite. Mais, au-delà de l’aventure personnelle de Macron et de ses partisans, c’est tout le système de la démocratie bourgeoise qui est fissuré. Si la démocratie bourgeoise repose, en dernier ressort, sur des « bandes armées », comme toutes les autres formes de domination de la classe privilégiée, elle a en propre une base sociale plus large et elle bénéficie d’un certain consensus dans la population. Il n’y a pas un homme en uniforme derrière chaque électeur pour le contraindre à voter pour un gouvernement qui l’opprimera jusqu’aux élections suivantes. L’écœurement de l’électorat populaire devant le système d’alternance gauche-droite, où les gouvernants changent pour que rien ne change, a fait la fortune de Macron il y a trois ans. Maintenant, il le subit à son tour. Exécuter les quatre volontés de la bourgeoisie contre vents et marées dans une période de crise use le personnel de gouvernement bien plus vite que dans des périodes dites normales.

La bourgeoisie ne manque pas d’offres politiques, des partis bourgeois traditionnels de la droite parlementaire aux partis réformistes de gauche, façon PS ou façon mélenchoniste ; de l’extrême droite aux multiples nuances du centre. Voilà l’écologie politique adoubée capable de jouer dans la cour des grands. Mais les solutions politiques susceptibles de postuler au pouvoir s’effondrent encore plus vite qu’elles n’ont émergé !

Au lendemain du deuxième tour des municipales, les médias sont unanimes autour du thème : « Forte poussée des écologistes » (Les Échos), « La déferlante écologiste ») (Le Figaro), voire, plus modestement, « Les écolos, c’est du sérieux » (Le Parisien). La seule conclusion à en tirer est qu’une nouvelle cohorte de politiciens jusque-là inconnus aura réussi à débarquer un certain nombre de notables du passé usés dans leurs fonctions de gérer leurs municipalités dans l’intérêt de la bourgeoisie.

Quant à l’Humanité, tout en faisant le constat, pertinent, que « la stratégie d’implantation locale est un échec total pour LREM », elle a comme une réminiscence d’Union de la gauche, en titrant à la une : « La Macronie prend une gauche. »

Ce serait d’une banalité grossière que de constater que ce ne sont pas les écologistes qui apporteront une solution pérenne à la crise politique. Cela ne découle même pas seulement de leurs chamailleries internes, mais du fait, plus important encore, que « la vague verte » (Le Figaro) n’est qu’une vaguelette à côté de la véritable vague, celle des abstentions. Jusqu’à présent, ce sont les élections municipales qui, de toutes les élections, subissaient le moins la vague abstentionniste. Mais ce coup-ci, c’est fait : ce n’est certainement pas la seule menace du coronavirus qui explique un taux d’abstention de 60 %. Dans certaines villes, elle a approché, voire dépassé les 75 % (75,92 % d’abstention à Vaulx-en-Velin, 74,70 % à Sevran). Dans certains bureaux de vote de quartiers populaires de la région parisienne, le taux d’abstention a dépassé les 85 % !

Pendant que l’électorat petit bourgeois exprime son malaise en votant pour les écologistes, l’électorat populaire exprime son écœurement en s’abstenant.

Dans bien d’autres démocraties impérialistes, notamment aux États-Unis, le taux d’abstention est du même ordre sans que la bourgeoisie s’en émeuve. Ici même, en France, le résultat des municipales, préoccupant pour la caste des politiciens, n’affole pas outre mesure la bourgeoisie. Pendant que les politiciens se battent pour leur os à ronger, le grand patronat fait ce qu’il sait faire : faire le job pour ses actionnaires, pour leur assurer des dividendes confortables, quitte à ce que le chômage de masse s’aggrave et la misère avec.

La crise politique ne s’exprime pas seulement dans la rapidité avec laquelle Macron et les siens se sont déconsidérés. Elle est en train de se transformer en crise de gouvernance.

En parvenant à sauver l’essentiel de leurs implantations municipales, les partis traditionnels de l’alternance, le PS à gauche et Les Républicains à droite ont redonné de la voix. Ils ne se privent pas de reprocher à Macron qu’en se déconsidérant, il décrédibilise l’État lui-même. Les reproches énoncés bruyamment par ces deux partis recoupent largement ceux formulés par l’extrême droite.

Le mouvement de colère des policiers est une des expressions de la perte de confiance du noyau de l’appareil d’État dans les politiques qui dirigent. Les raisons de cette colère sont multiples et elles ne datent pas de l’ère Macron. La bourgeoisie ne traite pas mieux ses mercenaires en armes que le reste de la fonction dite publique. Mais, cette fois-ci, cela se voit, comme en témoignent les manifestations policières contestant le gouvernement.

Si l’extrême droite peut canaliser et orchestrer ces manifestations via certains syndicats policiers, c’est que le mécontentement existe et s’exprime. Lorsque des policiers proclament à propos de Castaner que « pour nous, ce n’est plus notre ministre », le fameux devoir de réserve des policiers en prend un coup.

Ce sont là des signes qui, s’ils perdurent, peuvent devenir inquiétants pour la bourgeoisie. Non pas pour le présent, mais pour le futur. Pour un futur où les exploités, qui subissent dans cette période de crise une offensive aggravée de la bourgeoisie, relèvent la tête.

Prise de conscience de la gravité de la crise

L’économie capitaliste s’enfonce dans la crise depuis bien des années. Si une fraction croissante des travailleurs en subissait déjà les conséquences dramatiques depuis des années, la majorité de la classe ouvrière la ressentait comme encore supportable dans ce riche pays impérialiste qu’est la France, avec son système étatique de protection sociale, d’allocations-chômage, de sécurité sociale, qui amortissent les effets de la crise économique et de l’offensive du grand patronat.

La pandémie du coronavirus et le confinement généralisé ont cependant donné une accélération brutale à la crise.

Ses conséquences ne frappent plus seulement les catégories les plus vulnérables des travailleurs (intérimaires, précaires en tout genre, etc.). Elles frappent de plein fouet des catégories de travailleurs qui passaient il y a peu pour des privilégiés : des cadres de l’industrie ou de la banque jusqu’aux pilotes de ligne.

La faillite d’une entreprise ou même la simple menace touche toute la hiérarchie de l’entreprise de bas en haut. Et, surtout, cette situation avive l’agressivité des capitalistes, eux-mêmes engagés dans une guerre à mort les uns contre les autres. La concurrence, la rivalité, ces merveilles tant vantées par les admirateurs du capitalisme, font des dégâts ou menacent d’en faire même parmi les groupes les plus puissants. Faut-il rappeler que, si la crise financière de 2008 a propulsé les géants bancaires, Goldman Sachs, Merrill Lynch et quelques autres, au sommet de leur pouvoir sur l’économie, elle a aussi terrassé Lehman Brothers. Ce qui ne signifie pas, soit dit en passant, que les principaux actionnaires d’une entreprise en faillite n’ont pas la possibilité de déplacer leurs capitaux avant que le bateau ne coule.…

Il sera difficile de deviner quels seront les gagnants de cette guerre entre capitalistes, eux-mêmes appuyés par leur État. Mais on sait que ce sont les classes populaires qui en seront les victimes. La classe ouvrière en premier lieu, qui subit de plein fouet les licenciements, que les interventions de l’État n’amortissent que très partiellement. Mais aussi la bourgeoisie petite et moyenne, particulièrement nombreuse en France : petits entrepreneurs en tout genre, petits commerçants, artisans, restaurateurs, boutiquiers. Des centaines de milliers de personnes qui croyaient que leurs propriétés les plaçaient au-dessus des salariés et qui espéraient que leurs affaires les protégeraient des aléas de l’économie. De plus en plus nombreux sont celles qui voient qu’il n’en est rien.

Il y a aussi toute cette vaste catégorie sociale qui, même si elle vit principalement de son salaire, participe à l’encadrement dans l’économie capitaliste et se croit au-dessus des autres salariés, se rend également compte qu’aux yeux du grand capital, ils ne sont rien. Ils s’aperçoivent qu’on peut être un cadre moyen, voire supérieur, penser avoir une position privilégiée et protégée, et découvrir lors de la fermeture de son entreprise qu’on est sur un siège éjectable !

Les associations à but non lucratif comme les banques alimentaires, voire les Restos du cœur, constatent la présence parmi leurs bénéficiaires de femmes et d’hommes qui n’auraient jamais imaginé faire appel à elles un jour.

Alors, le « monde d’après » sera inévitablement marqué par une intensification de la lutte de classe.

Personne ne peut prévoir, quelle sera la catégorie sociale qui se mettra en mouvement. Rappelons que la précédente grande crise du capitalisme, dans les années après 1929, mit plusieurs années à mettre en mouvement les classes sociales frappées. Plusieurs années pour provoquer de grandes luttes ouvrières, mais aussi pour pousser une partie de la petite bourgeoisie en colère vers l’extrême droite fasciste.

Le prolétariat et sa conscience de classe

C’est peu dire que la classe ouvrière entre dans cette période impréparée. Dans sa majorité, elle n’a même pas la conscience qu’elle constitue une classe sociale ayant des intérêts collectifs et encore moins que ses intérêts sont fondamentalement opposés à ceux de la bourgeoisie.

La prise de conscience peut cependant venir très vite. Mais elle ne pourra venir que de la lutte de classe elle-même. C’est là où le rôle d’un courant révolutionnaire est irremplaçable. Certes pas en provoquant la lutte, comme le présentent les serviteurs intellectuels les plus excités et les plus débiles de la bourgeoisie. Les explosions sociales viennent des profondeurs des classes opprimées. Le rôle des révolutionnaires consiste à défendre et à populariser des objectifs qui renforcent la position et le niveau de conscience de la classe ouvrière dans la lutte. Encore faut-il que ces objectifs soient défendus et propagés dans la classe ouvrière ! Encore faut-il que les militants qui sont susceptibles de les défendre et de les propager ne soient pas abusés par tous les charlatans qui brandissent de fausses perspectives et de faux objectifs. Aussi multiples et variées qu’aient été dans le passé les illusions semées, elles avaient toutes en commun de se placer sur le terrain du capitalisme, de ne pas contester le règne de la grande bourgeoisie sur la société. Aussi imprévisibles, voire surprenants, que seront les semeurs d’illusions de demain, ils auront en commun avec ceux du passé de rester sur le terrain du capitalisme. Le seul programme qui corresponde aux intérêts de la classe ouvrière est celui qui, tout en partant du niveau de conscience présent des travailleurs, les conduit au renversement du pouvoir de la bourgeoisie et à l’expropriation de la classe capitaliste.

Le gros du monde du travail sera dans sa majorité abusé dans un premier temps par les charlatans qui se posent en amis. C’est dans l’ordre des choses. Il est infiniment plus naturel d’espérer échapper au combat que de s’y engager et surtout d’aller jusqu’au bout. La révolution du prolétariat russe a commencé par Kerenski avant d’aboutir à la victoire avec Lénine, Trotsky et quelques autres. La révolution française n’a pas commencé par Robespierre et encore moins par Babeuf !

Pour le moment, l’offensive de la bourgeoisie contre la classe ouvrière n’a pas provoqué une contre-offensive de celle-ci. Et encore moins une contre-offensive suffisamment puissante et suffisamment déterminée pour que la bourgeoisie craigne pour son pouvoir. Or, c’est seulement dans la lutte que la classe ouvrière pourra puiser confiance en elle-même et acquérir la conscience de sa force.

Mais l’offensive de la bourgeoisie et la question de savoir comment y faire face susciteront et suscitent déjà des questions parmi les travailleurs. Il faut défendre et populariser des objectifs qui correspondent à leurs intérêts de classe et qui fassent avancer leur niveau de conscience dans le combat contre la bourgeoisie.

Face à la crise, des objectifs de lutte pour la classe ouvrière

Face à la montée du chômage de masse, il faut avancer comme objectif la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire. Il faut que le pouvoir d’achat des salaires soit protégé contre les hausses de prix par l’échelle mobile des salaires, par leur indexation sur les prix. C’est le seul moyen d’éviter que les travailleurs soient transformés en miséreux, survivant par la grâce de la seule charité publique ou privée.

Pour éviter l’affrontement avec la classe ouvrière, l’État s’efforcera de désamorcer leur colère, prenant en charge une partie, voire la totalité qui devrait incomber à la bourgeoisie. C’est ce qu’il fait déjà par le biais du chômage partiel. Encore faut-il qu’il en ait les moyens ! Seuls les États impérialistes, comme la France, privilégiés par l’histoire, ont ces moyens. Et, encore, pour une petite partie des travailleurs !

Mais la classe ouvrière n’a pas intérêt à se diviser, entre une petite fraction privilégiée transformée en prolétaire au sens que le mot avait à Rome au temps de la société esclavagiste, c’est-à-dire des assistés, et une majorité voguant d’activités temporaires mal payées en chômage, cantonnée à une vie de misère. Seul le combat de l’ensemble de la classe ouvrière pour le renversement du capitalisme peut offrir une issue.

Pour tous les travailleurs au chômage depuis un certain temps, comme pour tous les précaires qui sont des chômeurs à temps partiel, le seul objectif qui vaille du point de vue des intérêts des travailleurs est de contraindre l’État à créer des emplois utiles à la société et qui ne génèrent pas du profit privé. Qu’il prenne sur les milliards dont il arrose la classe capitaliste ! Des milliards qui ne serviront même pas aux investissements, mais à alimenter la spéculation. Qu’il prenne sur la part du profit distribuée en dividendes et celle qui est accumulée par la classe capitaliste.

La pandémie du coronavirus a montré, par ses conséquences tragiques, qu’il n’y a pas trop de personnel dans les hôpitaux, pas trop de lits, et qu’en supprimer pour raison de rentabilité est une aberration sociale. Il en va de même dans une multitude de services publics, transports collectifs, réseau postal, etc., sans même parler des logements avec des loyers corrects, à la portée des salaires ouvriers, qui manquent dramatiquement.

Les besoins non satisfaits des classes populaires sont nombreux, comme sont nombreux les bras et les cerveaux qui ont la capacité de les satisfaire et qui sont rejetés de la production.

Il est manifeste que la grande bourgeoisie qui détient tous les leviers du pouvoir est incapable de guérir la crise de son économie. À ses remèdes inopérants, il faut opposer le contrôle ouvrier sur la production et la distribution. Les travailleurs qui font marcher l’économie sont infiniment plus capables que les financiers de prendre les décisions concernant l’orientation de l’économie : que produire et comment. Cela signifie l’abolition du secret des affaires derrière lequel s’abritent non seulement les arnaques pures et simples, mais aussi le fonctionnement ordinaire du capitalisme.

Lorsque les travailleurs se battront pour ces objectifs, ils attireront l’hostilité de tous ceux qui ne veulent pas toucher aux fondements de la société capitaliste, c’est-à-dire au droit des capitalistes de faire ce qu’ils veulent de leurs capitaux. Se posera nécessairement la question de qui dirigera les luttes. La seule forme d’organisation permettant aux travailleurs de diriger eux-mêmes leurs luttes, c’est-à-dire de ne jamais quitter le terrain de leurs intérêts de classe, est celle que le mouvement ouvrier révolutionnaire a fait surgir au long de son histoire : les comités, les conseils démocratiquement élus par les travailleurs en lutte, et par eux seuls. Forme de direction surgie spontanément dans la Commune de Paris et qui, sous le nom de soviet, a conduit le prolétariat russe au pouvoir.

Hors des périodes de lutte, l’idée même d’un programme de combat pour les travailleurs paraîtra une abstraction, comprise et partagée seulement par une minorité. Mais, lorsque la classe ouvrière se mettra réellement en mouvement, cette abstraction prendra d’autant plus facilement vie qu’elle émane de l’expérience du mouvement ouvrier lui-même.

Défendre ces objectifs, gagner des travailleurs à les défendre, les regrouper, voilà les tâches de la période pour les militants communistes révolutionnaires. Construire un parti communiste révolutionnaire passe aujourd’hui par cette voie.

4 juillet 2020

Annexe : Lors d’une discussion sur le Programme de transition avec des militants américains en juin 1938, Trotsky évoquait le lien entre ce programme et la construction du parti pour affirmer :

« La signification du programme c’est le sens du parti. [...] Qu’est-ce que le parti ? En quoi consiste sa cohésion ? Cette cohésion consiste en une compréhension commune des événements, des tâches, et cette compréhension commune, c’est cela le programme du parti. »