Les Scop, des coopératives ouvrières dans un marché capitaliste24/10/20152015Lutte de Classe/medias/mensuelnumero/images/2015/10/171.jpg.484x700_q85_box-0%2C0%2C1383%2C2000_crop_detail.jpg

Les Scop, des coopératives ouvrières dans un marché capitaliste

Le 26 mai dernier, 58 ex-salariés de Fralib redémarraient la production de thé et d’infusions dans l’usine de Gémenos (Bouches-du-Rhône) dont la multinationale Unilever avait annoncé la fermeture en 2010. Après 1 336 jours de lutte, ces travailleurs ont pu arracher au géant de l’agroalimentaire les ateliers, les machines ainsi qu’un capital de plusieurs millions d’euros pour lancer Scop-Ti, la Société coopérative ouvrière provençale de thé et d’infusions. Scop-Ti est une société coopérative et participative (Scop). Lors de l’inauguration, le secrétaire de l’union départementale CGT des Bouches-du-Rhône déclarait  « La victoire contre Unilever, au terme d’une lutte aussi longue, est fantastique pour tout le mouvement ouvrier et a désormais une aura nationale.  Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, affirmait quant à lui que le lancement de Scop-Ti était « le symbole que l’industrie française a de l’avenir, se félicitant au passage de la mise en place de « circuits courts  et de la « création d’emplois en amont chez les producteurs .

On ne peut certes que se réjouir du fait que 58 travailleurs licenciés (sur 182 ex-salariés de Fralib) aient retrouvé un emploi en créant leur propre coopérative tout en imposant à Unilever de leur céder une vingtaine de millions d’euros, en incluant les murs et les machines. Pour autant, un autre cas très médiatisé, illustre toutes les limites des Scop comme réponse des travailleurs aux fermetures d’entreprises et aux licenciements décidés par les capitalistes.

Des entreprises coopératives dans la jungle capitaliste

En 2012, 600 travailleurs de SeaFrance avaient mis en commun leur prime de licenciement pour créer la Scop MyFerryLink après la liquidation de leur entreprise. MyFerryLink ne possédait pas les trois navires qu’elle exploitait entre Calais et Douvres. Ils avaient été rachetés par Eurotunnel après la liquidation de SeaFrance et loués à la Scop. Le 7 juin dernier, Eurotunnel, accusé d’être en situation de monopole par l’autorité britannique de la concurrence, a annoncé qu’il louerait désormais ses navires à la compagnie danoise DFDS. C’était la mort annoncée de la Scop et, le 31 juillet, le tribunal de Boulogne-sur-Mer prononçait la liquidation de MyFerryLink. Une partie seulement des 600 travailleurs de la Scop devaient être réembauchés par DFDS.

MyFerryLink montre toutes les limites et les difficultés d’une coopérative ouvrière, reprenant une entreprise que des actionnaires n’estiment pas assez rentable, disposant dès le départ de faibles capitaux, dans un marché capitaliste très concurrentiel qui en exige beaucoup pour posséder et entretenir des navires. Un autre exemple, relayé par les médias, celui du glacier Pilpa à Carcassonne (Aude), illustre une autre limite de ces reprises sous forme de Scop. Sur les 250 travailleurs de Pilpa, seuls 19 ont retrouvé un travail dans la Scop « La belle Aude ». Si l’on comprend la satisfaction de ces derniers, la Scop n’a cependant pas réglé le sort de tous les autres.

En présentant les créations de coopératives comme fantastiques, les responsables syndicaux ne renouent pas avec le passé lointain du mouvement ouvrier et ses expériences coopératives. Ils utilisent ces tentatives des travailleurs de sauver leur emploi pour mettre en avant leur « politique industrielle », qui consiste à prouver aux patrons qu’on pourrait « produire en France » et que leurs intérêts bien compris pourraient coïncider avec ceux des travailleurs. Non seulement c’est un mensonge qui obscurcit la conscience des travailleurs, mais c’est dérisoire tant les emplois concernés par les Scop sont marginaux.

Au 1er janvier 2015, il existait 2 680 Scop ou Scip (société coopérative d’intérêt collectif) employant 51 000 salariés, dont 27 000 étaient associés, donc copropriétaires de l’entreprise. Les deux tiers des Scop ont moins de 10 salariés, un quart entre 10 et 50 salariés et seules 22 emploient plus de 250 salariés. Parmi les grandes Scop un peu connues, on trouve Acome qui fabrique des câbles et des fibres optiques, les Chèques déjeuners ou le groupe d’auto-écoles ECF.

Les Scop sont parfois créées par des travailleurs pour reprendre leur entreprise mise en liquidation ou en redressement, comme MyFerryLink ou les ex-Fralib. D’autres apparaissent quand le patron historique se retire sans héritier ni repreneur. Mais les deux tiers des Scop sont créées exnihilo par des coopérateurs qui souhaitent mettre en commun leurs maigres capitaux. Si elles ont comme caractéristique d’être contrôlées par les salariés eux-mêmes, et ainsi de ne pas dépendre des calculs à court terme d’actionnaires qui exigent des taux de profit toujours plus élevés, elles restent des entreprises soumises au marché capitaliste avec sa concurrence, la nécessaire rentabilité et l’imprévisibilité. Elles sont souvent un moyen, pour des entrepreneurs sans grande fortune et aux soutiens bancaires réduits, de lancer leur entreprise. Quant au contrôle des travailleurs sur la marche de l’entreprise, il reste lui aussi relatif. Comme l’affirme la brochure publicitaire de l’association des Scop : « La démocratie d’entreprise qui prévaut dans une Scop n’est ni l’autogestion ni la sollicitation permanente des salariés. »

Autrement dit, les Scop ne sont pas des îlots de socialisme dans l’océan capitaliste. Elles ne sont pas non plus l’avenir de la classe ouvrière pour échapper à l’exploitation.

Les coopératives et les premiers socialistes

Les coopératives ouvrières, apparues à la charnière des 18e et 19e siècles, furent l’une des premières réponses des travailleurs pour s’opposer à la concurrence brutale et à la paupérisation dans lesquelles les plongeait l’industrie capitaliste naissante. Elles naquirent des associations d’artisans ou de compagnons qui existaient avant que le capitalisme industriel ne s’étende à de multiples métiers et ne transforme ces artisans en prolétaires, dépossédés du moindre instrument de production. Cordonniers, ouvriers du bâtiment, mineurs même parfois en Allemagne bien avant la révolution industrielle, formèrent des coopératives d’ouvriers qualifiés qui ne se distinguaient guère des artisans. La création de coopératives de consommation, pour acheter en commun au moindre coût le pain ou l’épicerie, fut quant à elle une réponse aux salaires de misère.

Les premiers socialistes, ceux qu’on appela les socialistes utopiques, virent dans ces coopératives ou ces unions ouvrières les cellules de base des sociétés égalitaires qu’ils imaginaient. Face aux ravages du capitalisme naissant qui réduisait des centaines de milliers d’hommes et de femmes à l’esclavage salarié, les plongeant dans une misère matérielle et morale alors que, par leur travail, ils produisaient toutes les richesses de la société, les socialistes utopiques imaginèrent des sociétés idéales au sein desquelles les producteurs des richesses organiseraient eux-mêmes à la fois la production et la vie sociale.

Charles Fourier imaginait des phalanstères dont les membres seraient propriétaires en commun des moyens de production et toucheraient, de façon égalitaire, un dividende. Il militait pour un travail attractif car varié et dénonçait le système marchand qui fait que « de l’abondance même naît la misère ». L’un de ses disciples, Jean-Baptiste Godin, mi-socialiste mi-patron paternaliste, fonda en 1858 le Familistère de Guise, dans l’Aisne, qui devint une coopérative de production où plusieurs centaines d’ouvriers, avec leurs familles, produisaient des poêles en fonte tout en disposant de logements fonctionnels, d’un accès à la culture, à l’hygiène, à l’éducation pour leurs enfants. Ils disposaient de magasins coopératifs, les économats.

Henri de Saint-Simon opposait quant à lui la nation des « producteurs » (selon lui, les ouvriers... et les patrons) à celle des « oisifs » (les rentiers). Il fit de nombreux émules. Parmi eux Philippe Buchez, qui publia en 1831 un précis destiné aux ouvriers qui voulaient fonder des coopératives. Buchez voyait dans la création de coopératives, y compris avec l’aide de l’État – c’était alors la monarchie de Louis-Philippe –, un moyen pour les ouvriers de s’émanciper. Flora Tristan, socialiste et féministe, proposait aux ouvriers de se rassembler dans une organisation unitaire où le travail serait réglé et contrôlé en détail par les travailleurs eux-mêmes.

Bien d’autres socialistes utopiques ne se contentèrent pas d’imaginer des sociétés idéales. Ils s’attelèrent à en construire. Dans les années 1840 et 1850, Étienne Cabet ne fonda pas moins de sept communautés aux États-Unis, des Icaries qui ne durèrent guère. Robert Owen fut sans doute le plus conséquent des socialistes utopiques. Comme directeur et administrateur de la filature de New Lanark en Écosse dans les toutes premières années du 19e siècle, Owen avait mis en place autour de l’usine un système de logements corrects, de magasins coopératifs et surtout une école qui permettait aux enfants d’ouvriers, au travail dès l’âge de 10 ou 12 ans, de s’éveiller et se cultiver. S’appuyant sur cet exemple vivant, Owen milita, largement en vain, pour que la loi impose la réduction de la journée de travail, s’attaque au paupérisme et retarde le travail des enfants. Dès 1817, il défendit le slogan : « Huit heures de travail, huit heures de loisirs, huit heures de repos. »

La filature de New Lanark restait une entreprise capitaliste, avec des actionnaires. Par bien des aspects, Owen restait un patron paternaliste bienveillant. Cela lui déplaisant, il fonda deux communautés « communistes », l’une, New Harmony, en 1825 dans l’Indiana aux États-Unis et l’autre, Harmony Hall, en 1839 dans le sud de l’Angleterre. Elles étaient basées sur les leçons qu’il avait tirées de New Lanark, accordant une large place à la vie collective et à l’éducation des enfants et partageant les bénéfices du travail commun entre tous.

Ces tentatives d’Owen, comme celles de Cabet ou d’autres, parfois fondées aux États-Unis par des membres de sectes religieuses fuyant les persécutions, furent finalement des échecs. Mais elles marquèrent une nouvelle génération d’intellectuels qui se tournaient vers les idées socialistes. Elles marquèrent le jeune Friedrich Engels qui, en 1845, analysa leur fonctionnement dans un article intitulé « Description des colonies communistes ». Il en tirait comme conclusion que la communauté des biens, défendue par les communistes, n’était pas une utopie mais une réalité vivante.

Le socialisme scientifique et les limites des coopératives

Héritiers des socialistes utopiques, Engels et Marx allaient, à travers le Manifeste du parti communiste, montrer comment le développement du capitalisme lui-même, son extension à tous les domaines de productions et à tous les pays, rendaient nécessaires la prise du pouvoir politique par le prolétariat, l’expropriation de la bourgeoisie et la collectivisation de tous les moyens de production. Pour Marx et Engels, les communautés socialistes comme les coopératives ouvrières n’étaient pas la solution, mais elles montraient la capacité de la classe ouvrière à organiser elle-même sa vie, la production des richesses, et finalement la supériorité du collectivisme sur la propriété privée.

Dans le manifeste inaugural de l’Association internationale des travailleurs (AIT), en 1864, Marx affirmait que le « mouvement coopératif, et spécialement celui des manufactures coopératives érigées par les efforts spontanés de quelques mains hardies [est] une victoire de l’économie politique du travail sur celle de la propriété ». Il ajoutait : « Ce n’est pas par des arguments, mais par des actions, qu’ils ont prouvé que la production sur une grande échelle […] peut être exercée sans l’existence de la classe de maîtres employant celle des manœuvres ; que les moyens du travail, pour porter leur fruit, n’ont pas besoin d’être monopolisés ni détournés en moyens de domination et d’exploitation contre le travailleur. »

La question des coopératives fut longuement discutée au sein de l’AIT. Celle-ci regroupait des militants ouvriers aux idées politiques variées, parfois confuses, mais qui avaient comme point commun fondamental la conviction que la classe ouvrière avait des intérêts tant politiques qu’économiques opposés à ceux de la bourgeoisie à laquelle elle devait arracher le pouvoir politique. Marx et Engels s’attelèrent à former politiquement les délégués et les militants ouvriers qui avaient une influence sur des organisations ouvrières réellement implantées. Or, si les coopératives étaient une première riposte de la classe ouvrière naissante face à son exploitation et un moyen de s’organiser contre la concurrence, si elles représentaient une démarche tâtonnante pour éliminer le salariat, elles ne permettaient pas à la classe ouvrière d’arracher à la classe capitaliste dans son ensemble ni la propriété sur les moyens de production, ni le pouvoir politique.

Préparant le congrès de l’AIT à Genève, en 1866, Marx écrivait : « Nous reconnaissons le travail coopératif comme une des forces transformatrices de l’actuelle société. Son grand mérite est de montrer pratiquement que le système actuel de subordination du travail au capital peut-être supplanté par l’association de producteurs libres et égaux. » Mais il ajoutait aussitôt : « Le système coopératif, restreint aux formes minuscules issues des efforts individuels des esclaves salariés, est impuissant à transformer par lui-même la société capitaliste. Pour convertir la production sociale en un large et harmonieux système de travail coopératif, il faut des changements dans les conditions générales de la société, qui ne peuvent être réalisés que par le moyen de la puissance organisée de la société – le pouvoir d’État arraché des mains des capitalistes et des propriétaires fonciers, et transféré aux mains des producteurs eux-mêmes. »

Pour Marx, les coopératives ouvrières ne pouvaient s’épanouir réellement que si le pouvoir politique était conquis par la classe ouvrière. L’objectif prioritaire des travailleurs devait être la conquête du pouvoir politique. Marx et Engels ne cessèrent de revenir sur cette question. Ils combattirent sans relâche les intellectuels et les socialistes qui, comme Proudhon et ses émules anarchistes, prônaient la création d’associations de producteurs, paysans ou artisans, de mutuelles et de coopératives comme réponse à l’exploitation dans les bagnes industriels, mais détournaient la classe ouvrière du combat pour s’organiser et se renforcer politiquement en vue d’arracher le pouvoir à la bourgeoisie.

S’ils rendirent hommage aux coopératives mises en place sous la Commune de Paris, c’est parce qu’elles étaient une réponse de la classe ouvrière, pour remettre en route l’appareil productif abandonné par les patrons ayant fui Paris pour Versailles. Pendant la Commune de Paris, le pouvoir d’État était, ne serait-ce que provisoirement, entre les mains des travailleurs et des classes populaires, et ces coopératives étaient une forme élémentaire de collectivisation de la production.

En revanche, en 1875, Marx et Engels firent une sévère critique du projet de programme du Parti social-démocrate allemand discuté lors du congrès de Gotha. Ce programme prônait « l’établissement de coopératives de production avec l’aide de l’État, sous le contrôle du peuple travailleur. Les coopératives de production doivent être suscitées dans l’industrie et l’agriculture avec une telle ampleur que l’organisation socialiste en résulte .» Pour Marx et Engels, attendre l’aide de l’État (c’est-à-dire de l’État bourgeois) pour établir des coopératives de production, revenait à « croire qu’on peut construire une société nouvelle à l’aide de subventions de l’État » ! Ils reprochaient à ce programme de revenir « aux recettes prescrites par Buchez sous Louis-Philippe », autrement dit aux coopératives, et ils ajoutaient : « Les sociétés coopératives actuelles n’ont de valeur qu’autant qu’elles sont des créations indépendantes des travailleurs et ne sont protégées ni par les gouvernements ni par les bourgeois. »

Les coopératives sont solubles dans l’économie capitaliste

Et de fait, les coopératives ont trouvé sans difficulté leur place dans l’économie capitaliste. Si certaines furent fondées par des socialistes utopiques, nombre de leurs héritiers devinrent des entrepreneurs bourgeois. C’est un saint-simonien qui fonda le Crédit lyonnais et un autre qui fonda la compagnie du canal de Suez. Aujourd’hui, en France, de grandes banques comme le Crédit agricole, le Crédit mutuel, la Caisse d’épargne et la Banque populaire sont des coopératives même si ce ne sont pas des Scop. Tout comme Système U dans la grande distribution ou Sodiaal (Candia, Yoplait, Nactalia…) dans le secteur laitier. Ces sociétés, parfaitement intégrées au sein de l’économie capitaliste, doivent leur statut de coopératives à leurs lointaines origines modestes. Les coopératives sont finalement devenues un moyen de collecter des fonds épars pour les transformer en capital disponible.

Au sein des entreprises capitalistes elles-mêmes, la forme prise par le capital s’est diversifiée. Le développement de l’industrie exigeant des capitaux toujours plus grands, la propriété privée d’un seul capitaliste ou de sa famille a laissé la place à des sociétés par actions détenues par une multitude d’actionnaires. La bourgeoisie a généralisé le recours au crédit. En versant un intérêt à leurs créanciers, les principaux actionnaires leur cèdent une fraction de la plus-value tout en conservant le contrôle de leur société. La bourgeoisie a même inventé l’actionnariat salarié sans que les travailleurs aient la moindre prise sur les décisions de l’entreprise. Dans de nombreuses sociétés, les « actionnaires de référence » ou les « actionnaires historiques » ne possèdent qu’un faible pourcentage des capitaux tout en étant les seuls véritables patrons.

C’est l’une des contradictions fondamentales du capitalisme : le capital, tout comme les moyens de production eux-mêmes, deviennent de plus en plus sociaux, de plus en plus collectifs, mais le premier comme les seconds restent la propriété privée des actionnaires et, en réalité, la propriété des actionnaires principaux. Les coopératives sont une forme de mutualisation du capital sans que leur existence change rien au fonctionnement général de l’économie capitaliste. Les coopératives restent soumises au marché capitaliste, à la concurrence, à la loi du profit et à ses exigences de rentabilité.

La bourgeoisie n’a pas besoin de posséder tous les moyens de production, ni de les posséder entièrement. En possédant, totalement ou partiellement, les principaux groupes mondiaux dans la plupart des secteurs industriels, et surtout les grandes banques d’affaires au cœur de l’économie mondiale, la bourgeoisie domine cette économie en lui infligeant soubresauts et convulsions.

Elle dispose de la puissance des appareils d’État pour exercer sa dictature sur la société. Les lois, les tribunaux, les forces de police sont conçus pour défendre le droit bourgeois, c’est-à-dire les patrons contre les ouvriers, les riches contre les pauvres, Total plutôt que les victimes de l’explosion d’AZF, les dirigeants d’Air France chahutés plutôt que les salariés victimes de leur plan de licenciement, les propriétaires d’une entreprise plutôt que ceux qui la font tourner. C’est tout cela qui permet à la bourgeoisie d’exercer sa dictature sur la société.

Les travailleurs ne pourront pas se débarrasser des actionnaires et des financiers, sangsues­ insatiables qui pompent toutes les richesses créées par travailleurs, sans prendre le pouvoir politique, c’est-à-dire sans renverser cet appareil d’État bourgeois pour le remplacer par leur propre pouvoir. Ils ne pourront pas le faire graduellement en développant une économie parallèle séparée de l’économie capitaliste et confinée à des secteurs marginaux.

Pour reprendre la formulation de Marx et Engels dans le Manifeste du parti communiste, « le prolétariat doit s’ériger par la révolution en classe dominante » et « comme classe dominante il doit détruire l’ancien régime de production ». C’est ce programme, celui que s’étaient approprié les militants socialistes puis communistes des deuxième et troisième Internationales, que doivent propager et populariser les militants du mouvement ouvrier.

18 octobre 2015

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