Iran - Vingt ans après : une "République islamique"... mais surtout affairiste01/03/19991999Lutte de Classe/medias/mensuelnumero/images/1999/03/41.png.484x700_q85_box-3%2C0%2C562%2C809_crop_detail.png

Iran - Vingt ans après : une "République islamique"... mais surtout affairiste

Cela fait vingt ans cette année que les mollahs intégristes sont au pouvoir en Iran, vingt ans que ce qu'ils appellent la "République islamique" fait subir à la population iranienne une dictature féroce assortie d'une régression sociale qui, au nom de la loi islamique, vise les femmes plus particulièrement, mais en fait l'ensemble de la population.

Il faut rappeler pourtant que ce régime intégriste émergea après une période de profonde mobilisation des classes pauvres contre la dictature précédente, celle de la monarchie des Pahlavi, dont le monarque régnant, le Chah, était alors le principal pilier régional de l'ordre impérialiste. Pendant toute l'année 1978, les jeunes de Téhéran et des grandes villes du pays, bientôt rejoints par un nombre croissant de leurs aînés, se heurtèrent les mains nues aux armes de la police et des troupes d'élite de la dictature. A partir de l'été 1978, la classe ouvrière se joignit à la lutte en utilisant sa propre arme la grève, qui toucha la plupart des bastions industriels du pays et en particulier les grandes raffineries du sud. Enfin vinrent les journées de février 1979. Les vagues de manifestations de rue allaient en s'amplifiant. Le Chah ayant pris la fuite, les classes pauvres insurgées de Téhéran se retrouvèrent face aux décombres d'une dictature qu'elles avaient vaincue.

Cette victoire aurait dû être celle de ces classes pauvres. Mais avant même de l'avoir vraiment remportée, elles en furent en fait dépossédées. Car ni pendant la montée de la mobilisation populaire, ni surtout lors des semaines cruciales du début de 1979, elles n'eurent pour les guider de direction politique prête à incarner leurs intérêts de classe. Des organisations radicales, dont les militants avaient combattu, souvent héroïquement, la dictature du Chah, à celles qui se réclamaient peu ou prou du marxisme toutes se rallièrent à l'union sacrée qui, sous prétexte d'unité face à la dictature du Chah et aux risques d'intervention de l'impérialisme, se forma derrière le vieil opposant au régime qu'était l'ayatollah Khomeiny. Celui-ci put canaliser la mobilisation des masses pauvres à son profit pour se propulser au pouvoir, lui et la hiérarchie religieuse des mollahs.

Plus exactement, c'est à la tête de l'appareil d'État des Pahlavi que se propulsa la hiérarchie religieuse. Car cette hiérarchie, qui était socialement liée aux "bazaris" caste réactionnaire liée au commerce et à la petite production qui formait l'essentiel de la bourgeoisie traditionnelle iranienne n'avait nulle intention de remettre en cause l'ordre social. Tout au plus aspirait-elle, tout comme les bazaris, à une répartition plus à son propre profit du produit social entre les diverses couches privilégiées d'une part, et d'autre part entre ces couches privilégiées et l'impérialisme.

La consolidation de la dictature islamique

La "République islamique" qui sortit de cette période d'agitation et de mobilisation politique intense, en mars 1979, eut pour premier soin de restaurer l'ordre, non sans mal car la mobilisation des classes pauvres se poursuivit encore pendant plusieurs mois. Si le nouveau régime y parvint, ce fut sans doute en partie grâce à l'expertise en matière de répression d'une armée et d'une police à peine épurées (la SAVAK, la police secrète du Chah changea de nom et de dirigeants, mais pas de personnel). Mais ce fut surtout en usant de moyens mieux adaptés au caractère explosif de la situation.

Ainsi, la milice du Parti Révolutionnaire Islamique de Khomeiny (les "hezbollahi") fut la seule à être autorisée à conserver ses armes et on la chargea des opérations les plus inavouables. Par ailleurs, on forma diverses milices intégristes régulières, dont la plus importante fut le corps des "Gardiens de la Révolution" ou "pasdarans", placé sous l'autorité directe de Khomeiny. Ces milices, recrutées pour l'essentiel dans la population pauvre et encadrées par des religieux, avaient l'avantage à la fois d'être plus loyales que la caste militaire envers un régime auquel elles devaient tout et d'être mieux à même de quadriller la population dont elles étaient plus proches. Par ailleurs, dans les usines et les quartiers, des "Comités Khomeiny" furent mis en place par les religieux pour quadriller et encadrer la population, repérer les opposants, les isoler et préparer leur élimination.

En l'espace de quelques mois, les militants de gauche que leurs organisations avaient mis à la remorque de Khomeiny, virent s'instaurer la censure politique, monter la terreur semi-officielle des nervis intégristes, avant d'être eux-mêmes réduits à l'illégalité, emprisonnés, torturés et pour beaucoup exécutés. Pendant ce temps, les minorités nationales qui avaient cru que le renversement du Chah marquerait un changement de politique à leur égard, au Kurdistan entre autres, découvrirent très vite que l'armée de la "République islamique" n'avait rien à envier à celle du Chah quand il s'agissait de réprimer les minorités nationales.

Mais en même temps, le régime fut bien obligé de prendre en compte les sentiments des masses pauvres leur haine des profiteurs iraniens et étrangers ne serait-ce que pour les détourner de tout objectif visant l'ordre social.

On parla donc du "contenu social" de l'islam, de son opposition à l'usure et à l'exploitation capitaliste (surtout celle des trusts occidentaux d'ailleurs). On promit un code du travail à la hauteur des aspirations de la "Révolution" qui ne vit jamais le jour. Et surtout Khomeiny prit grand soin d'entretenir son image de "défenseur des déshérités", comme il disait lui-même. Bien sûr, il y eut beaucoup de rhétorique mais très peu d'actes. Bref, on s'efforça d'assurer la population pauvre qu'elle n'avait désormais nul besoin de se défendre contre les exploiteurs les religieux y pourvoiraient pour elle.

L'imposition de l'ordre moral islamique devint à la fois le remède universel contre tous les maux dont souffrait la population pauvre, la réponse universelle à ses aspirations, mais surtout une arme pour la faire rentrer dans le rang. Ainsi, la lutte contre l'influence corruptrice de l'impérialisme par le retour aux valeurs islamiques justifia tout à la fois l'obligation du port du voile pour les femmes, décrétée par Khomeyni dans les premières semaines du nouveau régime, que les attaques physiques des "hezbollahi" contre les militants de gauche accusés de répandre des idées étrangères.

Une fraction de la population pauvre, croyant sans doute, faute de mieux, aux sornettes des mollahs, participa, avec plus ou moins de zèle, à la mise en application des diktats du régime. Mais encore fallait-il étouffer les aspirations et canaliser la colère que les masses pauvres, dans leur ensemble, avaient exprimées au cours de la lutte pour le renversement du Chah. Le régime s'efforça donc d'offrir des objectifs à cette colère, sur un terrain sans danger pour lui celui de la démagogie nationaliste, de l'anti-américanisme.

Le 4 novembre 1979, des groupes étudiants islamistes occupèrent l'ambassade des USA, prenant 52 diplomates en otage, pour exiger l'extradition du Chah réfugié aux États-Unis. Que l'initiative soit venue ou pas de Khomeiny, celui-ci sut s'emparer de l'occasion et en assumer l'entière responsabilité. Et pendant les 444 jours que dura cette "crise des otages", le régime réussit à s'en servir pour souder les rangs de la population derrière lui, au nom de l'anti-américanisme, pendant qu'il mettait ce répit à profit pour resserrer son contrôle sur l'appareil d'État et l'ensemble de la société. Ce fut à la faveur de cette situation que Khomeiny fit "adopter" (seuls 40 % des électeurs se déplacèrent pour voter) sa "Constitution islamique", un texte réactionnaire qui consacrait son pouvoir absolu en tant que chef suprême dont l'autorité se situait au-dessus de toute institution élue et institutionalisait le rôle de la hiérarchie religieuse dans la direction des affaires du pays.

Mais surtout, ce fut la guerre avec l'Irak qui permit finalement à Khomeiny de consolider son régime. L'entrée de l'armée irakienne en territoire iranien, le 22 septembre 1980, déclencha un profond réflexe nationaliste. Les volontaires affluèrent pour défendre ce qu'ils considéraient comme "leur Révolution". Encadrés par les pasdarans, mal armés, souvent très jeunes, ces volontaires formèrent, à côté de l'armée régulière, une armée des pauvres, dont l'ardeur au combat permit au régime d'arrêter l'avancée irakienne puis de contre-attaquer. Pendant ce temps, la vie sociale fut militarisée dans le pays. Toute opposition à la guerre ou au régime devint un acte de trahison qui fut désigné à la vindicte de la masse des pauvres sans-travail, ceux qui fournissaient le plus gros des volontaires et donc des morts de la guerre. Dans les usines, les grèves contre l'effort de guerre furent écrasées. Les organisations d'opposition devinrent la cible d'une répression féroce qui eut tôt fait de décimer leurs rangs. En moins de deux années de guerre, l'élan populaire qui avait pris son essor en 1978 fut finalement étouffé.

Dictature et clientélisme

Dès les premiers temps de la guerre, la hiérarchie religieuse s'installa à tous les niveaux de l'appareil d'État et s'empara des leviers de commande de l'appareil économique contrôlé par l'État. Or celui-ci englobait une fraction considérable de l'économie, dont plus de 75 % de la grande industrie, du fait de la confiscation des biens de la monarchie et de la bourgeoisie qui lui était liée ainsi que de ceux de certaines entreprises étrangères.

A défaut de pouvoir s'approprier ces biens de façon individuelle, les mollahs firent en sorte de se les approprier collectivement. Ils formèrent de grandes fondations religieuses qui, sous couvert de buts caritatifs ou patriotiques, devinrent les gestionnaires de véritables empires économiques bénéficiant de nombreux avantages. En particulier, ils ne payaient pas d'impôt et n'avaient pour ainsi dire de comptes à rendre à personne. C'est ainsi par exemple qu'une "Fondation des Opprimés et Blessés de Guerre" fut dotée d'une partie des biens confisqués à la famille royale, tandis que le "Corps des Gardiens de la Révolution" se vit attribuer le contrôle d'une grande partie des industries de guerre. Certaines de ces fondations en vinrent même à contrôler l'industrie de régions entières, par exemple la région d'Abadan où se trouve concentré l'essentiel des raffineries du pays.

La caste des bazaris remplaça les capitalistes liés à l'entourage du Chah qui avaient joué auparavant le rôle d'intermédiaires avec le marché mondial. Mais elle le fit à sa façon, avec la cupidité qui la caractérisait et avec d'autant plus de profits qu'elle était liée à la hiérarchie religieuse et que le vide juridique laissé dans bien des domaines par la proclamation de la République islamique lui laissait toute latitude pour se remplir les poches. En fait cette caste arriérée des bazaris se contenta de vivre en parasite, sinon en pillarde, du secteur étatisé, avec l'aide de ses alliés religieux.

L'effort de guerre et l'incapacité de l'industrie iranienne à y faire face donnèrent lieu à une augmentation énorme des importations, en produits de première nécessité et industriels et encore plus en armements. Car, bien entendu, malgré les appels au cessez-le-feu et aux sanctions économiques des puissances impérialistes, il ne manqua pas de marchands de canons occidentaux pour profiter de l'aubaine. Tant et si bien qu'en 1984, les importations iraniennes avaient déjà dépassé leur niveau du temps du Chah. Et ce fut la source d'un enrichissement fabuleux, tant pour les bazaris que pour leurs protecteurs.

Ainsi, tout un réseau complexe de clientélisme basé sur les clans religieux contrôlant les grandes villes, les régions, les administrations, les appareils de répression et les fondations religieuses, englobant une grande partie de l'économie, se développa. Il en résulta un vaste système de corruption au profit de la hiérarchie religieuse et des bazaris. A la fin de la guerre, un ancien membre du Conseil de la Révolution de Khomeiny, l'économiste Ezzatollah Sahobi, dressa un bilan de la situation, chiffres officiels à l'appui : selon lui, le coût direct de la guerre pouvait être évalué à 30 milliards de dollars, tandis que 100 milliards de dollars avaient été "engloutis par de scandaleux pillages qui dissimulaient sans doute des dessous-de-table, commissions et autres pots-de-vin". Et ce pillage contribua sans doute au moins autant sinon plus que la guerre elle-même à la désorganisation de l'économie et surtout à l'appauvrissement de la population.

Les clans religieux qui se constituèrent ainsi étaient bien entendu en concurrence les uns avec les autres pour le pouvoir et pour les dividendes du pouvoir. Tant que la guerre dura, la discipline de fer qu'il fallait imposer à la population les contraignit à limiter leurs rivalités à une lutte sourde menée en arrière-plan. Mais dès la fin des hostilités, en 1988, il fallut toute l'autorité de Khomeiny pour empêcher ces rivalités d'éclater au grand jour.

La guerre des factions

Sans doute Khomeiny était-il conscient des dangers que ce pillage faisait courir au pays. Tout comme il était conscient des risques de surenchère démagogique entre factions rivales qui pouvait éclater dès la fin des hostilités. En tout cas, dès le début de l'année 1988, il déclara son intention de créer un cadre juridique et constitutionnel destiné à mettre un terme aux interprétations de la loi islamique qui servaient de prétextes à toutes les combines. Dans le même temps, il se mit à préparer sa succession, en commençant par éliminer son dauphin officiel, l'ayatollah Ali Montazeri. Très lié aux factions radicales de la hiérarchie religieuse, celui-ci avait dénoncé les exécutions massives de prisonniers politiques et les "erreurs graves dans la conduite de la guerre et des autres affaires de la République islamique". Montazeri fut assigné à résidence et son bras droit fut exécuté.

Mais Khomeiny n'eut pas plus le temps de mettre à exécution ses plans de réforme que de se désigner un successeur. Sa mort, en juin 1988, fut suivie d'une révolution de palais au cours de laquelle Ali Khamenei, président de la République sous Khomeiny, s'imposa comme son successeur. Il fit adopter une réforme constitutionnelle qui institua la primauté des organes de l'État sur la hiérarchie religieuse dans l'administration des affaires publiques renforçant ainsi les prérogatives de la faction au pouvoir tout en augmentant son pouvoir personnel au détriment de celui du gouvernement. Puis il fit élire son allié Rafsandjani à la présidence de la République. Mais, ne bénéficiant ni de la popularité de Khomeiny ni de l'assentiment de la majorité de la hiérarchie religieuse, le duo Khamenei-Rafsandjani apparut comme représentant une faction parmi d'autres et non comme la direction incontestée de la République islamique comme cela avait été le cas pour Khomeiny. Dès lors les luttes entre factions rivales prirent le devant de la scène et ne le quittèrent plus.

La guerre étant finie, il fallut trouver d'autres sources de revenus pour les profiteurs bazaris. Ce fut le tournant de la "libéralisation", un tournant pris avec prudence car il fallait éviter tout faux pas qui aurait pu fournir des munitions aux factions rivales.

Dans un premier temps, on encouragea surtout l'importation de biens de consommation occidentaux pour les couches aisées ce qui n'allait sans doute pas très bien avec l'islam sévère affiché par Ali Khamenei, mais convenait parfaitement à la voracité des bazaris, tout en renforçant la popularité du régime auprès de la petite bourgeoisie urbaine.

En même temps, les partisans du maintien de l'étatisme du temps de guerre furent évincés et, en juin 1992, tout contrôle sur les investissements privés fut aboli. On envisagea même de supprimer le plafond de la participation étrangère dans les entreprises locales, fixé à 45 % à l'époque du Chah. Mais, en partie à cause du tollé qu'elle suscita et en partie du fait de l'absence d'acquéreurs, cette proposition resta au stade des intentions. En revanche, lors de la campagne pour sa réélection en 1993, le président Rafsandjani se sentit suffisamment fort pour axer sa campagne sur l'établissement de "relations meilleures et plus rationnelles avec l'Occident" et "la réinsertion de l'Iran dans le concert des nations", au grand dam des factions radicales de la hiérarchie religieuse.

Par cette politique, Rafsandjani exprimait l'appétit avide d'une bourgeoisie alléchée par les profits que pourraient lui rapporter une normalisation des relations avec le monde occidental et un afflux éventuel de capitaux étrangers. Mais en même temps, il n'était pas question, ni pour cette bourgeoisie ni pour les leaders de la République islamique, de remettre en question les institutions mises en place par Khomeiny, ni surtout de desserrer l'étau de la dictature sur les classes pauvres ou sur les opposants politiques. Et ceci d'autant moins que la dégradation des conditions d'existence de la classe ouvrière, due en partie aux conséquences de la guerre et en partie à la fuite en avant initiale de la "libéralisation", avait suscité une vague de grèves et d'émeutes au cours de l'année 1992.

Une nouvelle étape dans la "libéralisation"

Une fois réélu à la présidence, Rafsandjani entreprit de rendre le pays attractif pour les capitaux étrangers par une brutale politique d'austérité destinée à réduire la dette et les dépenses de l'État. On commença à fermer des entreprises d'État jugées non rentables et le chômage augmenta brutalement. Après avoir payé le coût de la guerre et de ses conséquences, celui de l'inflation galopante, la population pauvre fut contrainte de payer par avance le coût d'une ouverture plus large vers le marché mondial.

Après quatre ans de cette politique, la situation de la population s'était considérablement aggravée en 1997. La dette extérieure du pays avait été considérablement réduite, mais l'inflation restait à 42 % par an. Le chômage touchait officiellement un tiers de la population et ceux qui avaient un emploi étaient en général obligés d'en avoir un deuxième ou de recourir aux combines du marché noir pour joindre les deux bouts. Les classes pauvres n'étaient pas les seules touchées. C'était aussi vrai d'une partie de la petite bourgeoisie urbaine, de plus en plus mécontente de se voir interdire toute carrière par le monopole exercé par la hiérarchie religieuse sur les postes des organismes d'État ou para-étatiques.

Même dans les rangs de la bourgeoisie qui vivait, fort bien, aux crochets de l'État, le mécontentement gagnait face au clientélisme dont tout le monde ne pouvait pas profiter et aux goulots d'étranglement créés par la lourde machine bureaucratique de la République islamique. Et surtout, ce qui indisposait le plus les jeunes loups aux dents longues de la bourgeoisie, c'était ce monopole exercé par la hiérarchie religieuse sur la grande industrie et le secteur public. Loin de diminuer à la faveur de la "libéralisation", le poids des fondations religieuses avait continué à augmenter. Ainsi, en 1997, la "Fondation des Opprimés et Blessés de Guerre" contrôlait des centaines d'entreprises dans tous les domaines d'activité et employait 50 000 salariés. Pris ensemble, le secteur étatisé et les fondations religieuses représentaient 85 % du produit national brut.

Or, si Rafsandjani avait fait figure de champion de la libéralisation et de l'initiative individuelle, il s'était toujours bien gardé de mettre en cause le pouvoir des clans économico-religieux. D'autant moins que son allié de toujours, Ali Khamenei, en était l'un des symboles en tant que chef direct du complexe économique contrôlé par le "Corps des Gardiens de la Révolution".

Certaines factions du régime cherchèrent alors à s'appuyer sur ce mécontentement, en adoptant un langage moderniste et en défiant, prudemment, les factions établies de la hiérarchie. L'un de leurs porte-parole fut par exemple Karbatchi, le maire de Téhéran, un ancien mollah qui avait fait carrière dans les hautes sphères de l'État avant de se lancer dans la politique en 1990 et de s'efforcer de faire de la capitale un centre d'affaires moderne à l'image des modèles occidentaux.

Mais c'est finalement un ancien dignitaire religieux du régime, Mohamad Khatami, qui réussit à capitaliser sur son nom le courant de mécontentement général. Non pas d'ailleurs que Khatami ait eu à son actif un passé qui le désignait à ce rôle. En tant qu'ancien ministre chargé de "dispenser les préceptes de l'islam", il avait été responsable de la censure virulente contre les intellectuels. Et pourtant c'est dans les rangs de ces mêmes intellectuels, surtout parmi les plus jeunes, que Khatami semble avoir trouvé ses supporters les plus enthousiastes. Mais peut-être bénéficia-t-il tout simplement, et paradoxalement, des manoeuvres de la hiérarchie religieuse qui, dans sa présélection des candidats, le laissa seul face à trois représentants notoires des courants les plus rétrogrades du clergé.

Quoi qu'il en soit, les résultats du scrutin, et en particulier le taux de participation record de 80 %, montrèrent qu'une grande partie de l'électorat avait pensé pouvoir utiliser ce vote pour exprimer ses sentiments vis-à-vis du régime et les 69 % de voix obtenus par Khatami indiquèrent leur mécontentement sans erreur possible.

Au lendemain de cette élection, Khatami annonça que son gouvernement s'efforcerait de "restaurer les libertés publiques dans le cadre de la Constitution et de l'islam" et s'opposerait à "toute violation de la liberté et des droits individuels". Mais il ajoutait aussitôt que ses électeurs avaient voté pour la République islamique et non pour les droits civiques réduisant ainsi la première partie de son discours à des phrases creuses.

En revanche, à partir de l'entrée en fonction de Khatami, les mesures de "libéralisation" économique se sont multipliées. En octobre de la même année, les compagnies pétrolières étrangères étaient invitées à participer à l'exploitation des ressources pétrolières terrestres du pays (et non plus seulement les gisements maritimes, plus coûteux d'exploitation). En même temps, trois zones franches étaient créées, offrant aux investisseurs 15 ans de fonctionnement libre d'impôt et la possibilité pour les étrangers d'exporter la totalité de leurs profits. En janvier 1998, on annonça le prochain éclatement du monopole électrique de l'État, la privatisation des centrales électriques et la fin des subventions d'État à cette industrie. En mars, on annonça la privatisation imminente de 2 400 entreprises d'État, annonce qui fut suivie par la mise en vente de trois complexes pétro-chimiques en avril et de 48 projets et exploitations pétrolières en juillet.

Cette fois, la chasse aux capitaux étrangers était bien lancée. Le seul problème, c'est que ceux-ci tardaient à répondre à l'appel. Certes les capitaux ne manquaient pas lorsqu'il s'agissait de prêter à l'Iran de quoi acheter à l'étranger, de lui acheter des concessions pétrolières inexploitées ou des droits de prospection. Mais, plus d'un an après leur création, les zones franches n'avaient encore trouvé en tout et pour tout que 43 investisseurs étrangers pour un total inférieur à 15 millions de dollars. Quant aux offres de rachat d'entreprises privatisées, il n'y en avait pas, tout simplement.

Tours et détours de la politique américaine

C'est que, pour que le régime obtienne "la réinsertion de l'Iran dans le concert des nations", comme l'avaient proposé Rafsandjani en 1993 et Khatami en 1997, c'est-à-dire en fait sa reconnaissance par l'impérialisme comme un partenaire dans la région, tant sur le plan politique qu'économique, comme au temps du Chah, encore fallait-il que l'impérialisme américain, maître du jeu au Moyen-Orient, le veuille. Et cela, c'était une autre affaire.

Non pas d'ailleurs que l'impérialisme américain ait eu une politique d'ostracisme systématique à l'égard de l'Iran depuis la proclamation de la République islamique. Bien sûr, le renversement du Chah avait été un camouflet magistral infligé à la politique américaine au Moyen-Orient, qui reposait justement sur cet allié fidèle. Le fait que ce renversement ait été le résultat d'un soulèvement de masse avait rendu le camouflet encore plus cuisant. Et qui plus est, la démagogie anti-américaine du régime islamiste, au travers en particulier de la crise des otages, n'avait rien fait pour arranger les choses. Même si d'ailleurs cette démagogie n'alla même pas jusqu'à annuler la totalité des traités inégaux passés entre les États-Unis et le régime du Chah. Pour les leaders de l'impérialisme, il fallait rappeler qu'ils étaient les seuls véritables maîtres dans cette partie du monde, et pour cela mettre le régime iranien à l'index, au moins pour un certain temps.

Mais d'un autre côté, l'arrivée au pouvoir d'un régime pratiquant un anti-communisme brutal, dans cette partie du Proche-Orient en contact direct avec l'URSS, ne pouvait qu'arranger les affaires de Washington. D'autant que, non seulement le pouvoir des mollahs ne pouvait que réduire l'influence soviétique au Moyen-Orient, mais il pouvait en plus encourager les tendances centrifuges, derrière le drapeau de la religion, dans les républiques soviétiques mitoyennes. Et puis, avec la consolidation du régime iranien, il devint clair que les masses pauvres seraient contenues encore plus brutalement qu'elles l'avaient été par la dictature du Chah autant de caractéristiques qui n'étaient pas pour déplaire aux dirigeants impérialistes.

Du point de vue de ces dirigeants, d'ailleurs, le problème de l'attitude à adopter vis-à-vis de l'Iran fut d'une certaine façon réglé lorsqu'éclata la guerre Iran-Irak. Celle-ci infligea à la population iranienne une punition bien plus terrible que n'auraient pu le faire des sanctions diplomatiques et économiques contre l'Iran. C'est pourquoi les dirigeants impérialistes encouragèrent le bellicisme de Saddam Hussein et il fallut attendre presque deux ans avant que le Conseil de Sécurité des Nations Unies appelle à un cessez-le-feu, après que l'avance irakienne eut été repoussée et que les positions sur le terrain furent revenues plus ou moins aux frontières d'avant-guerre. Car d'un autre côté l'impérialisme ne souhaitait pas non plus que cette guerre entraîne des modifications importantes dans le tracé des frontières, qui auraient risqué d'entraîner toutes sortes de réactions en chaîne imprévisibles parmi les minorités opprimées de la région. Pas plus d'ailleurs qu'il ne souhaitait un changement majeur dans le rapport des forces entre les deux pays. Et passé le cap des débuts de la guerre, lorsqu'il devint évident que le régime islamique avait son appareil d'État bien en main et ne pourrait désormais plus être renversé que par une nouvelle intervention des masses, il devint de l'intérêt de l'impérialisme de protéger ce régime contre une défaite trop cuisante.

Et c'est ainsi que l'on vit pendant toutes ces années d'une guerre meurtrière qui n'en finissait plus, les marchands d'armes occidentaux fournir, ouvertement ou en sous-main, chacun des deux camps. Pas seulement les marchands d'armes d'ailleurs, mais même la CIA en personne, comme le révéla le scandale de l'Irangate en 1986, où l'on apprit que les services secrets américains avaient vendu des milliers de missiles anti-chars à l'Iran, ainsi que des radars et des pièces détachées pour les chasseurs américains achetés jadis par le Chah.

Après sept ans de guerre, l'impérialisme jugea que la punition avait assez duré, voire que la guerre en était arrivée à un point où elle risquait de devenir un facteur important d'instabilité dans la région. Cette fois, les dirigeants impérialistes ne lésinèrent pas sur les moyens. En application de la résolution 598 des Nations Unies qui exigeait un cessez-le-feu des deux protagonistes, les grandes puissances envoyèrent leurs flottes dans le Golfe. Et c'est l'Iran qui fut la principale cible des missiles américains. Cinq navires de guerre iraniens furent coulés, sans parler d'un Boeing d'Iran-Air abattu "par erreur" avec 290 passagers à bord.

Une fois la guerre terminée, les dirigeants américains maintinrent ostensiblement leur boycott diplomatique de l'Iran et l'interdiction pour les compagnies américaines d'importer du pétrole iranien. Même la complaisance dont fit preuve l'Iran lors de la guerre du Golfe, en adoptant une politique de neutralité plutôt que de chercher à jouer les champions de l'opposition à l'intervention américaine, ne changea pas la politique de Washington.

Mais derrière cette politique ostensible, l'impérialisme américain menait un jeu plus complexe. L'Iran put bénéficier, par exemple, dès la fin de la guerre, de prêts des organes financiers de l'impérialisme, tels le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale. De même les USA n'en demeurèrent pas moins le principal partenaire commercial de l'Iran jusqu'en 1994. Si les majors américaines ne pouvaient importer de pétrole iranien, rien ne leur interdisait d'en acheter pour le revendre à d'autres pays en fait en 1994, elles achetaient à elles seules 30 % du pétrole produit en Iran. Et rien n'interdisait non plus aux entreprises américaines d'y vendre leurs produits. Ce sont elles en particulier qui fournirent à l'Iran le gros de l'équipement et des pièces détachées vitales pour augmenter sa production de pétrole.

Du durcissement aux petites phrases

Il y eut néanmoins un tournant dans la politique américaine avec l'adoption par Clinton, en 1993, de la stratégie dite du "double endiguement". Il fut décidé que l'Iran comme l'Irak devraient être mis à l'index des nations, soumis à des sanctions économiques et, dans la mesure du possible, empêchés de s'ériger en puissance régionale à l'instar du régime du Chah avant 1979.

Que Clinton ait eu l'intention ou pas d'appliquer cette politique à la lettre, il ne se passa rien de concret avant mars 1995 et sa décision soudaine d'annuler purement et simplement un contrat passé entre le gouvernement iranien et le géant pétrolier américain Conoco. A l'époque, l'administration américaine invoqua un rapport des services secrets israéliens prétendant que la première bombe atomique iranienne serait opérationnelle sous trois ans. Mais il y a tout lieu de penser que la décision de Clinton fut en grande partie motivée par des considérations politiciennes et par les tentatives des Républicains de gagner les faveurs de l'électorat juif américain : le fait que Clinton choisit d'annoncer son intention d'étendre le boycott commercial de l'Iran à l'occasion d'un banquet du Congrès Juif Mondial, ne fut sûrement pas le fait du hasard.

Quoi qu'il en soit, en mai 1995, un décret de Clinton interdit aux compagnies américaines toute opération commerciale ou financière avec l'Iran. Puis l'année suivante, une nouvelle loi adoptée par le Congrès décréta que toute compagnie non américaine investissant plus de 20 millions de dollars par an (montant qui fut doublé l'année suivante) en Iran serait l'objet de sanctions américaines. Une fois de plus, en juillet 1997, un décret de Clinton réaffirma le blocus américain contre l'Iran.

Cependant, le tournant de Clinton ne tarda pas à susciter des protestations dans les rangs des grandes entreprises américaines elles-mêmes, dont se firent l'écho des politiciens de poids tels que Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller présidentiel en matière de Sécurité Nationale. Dans un article publié en juillet 1997, celui-ci dénonça le fait que les sanctions américaines ne faisaient qu'isoler les USA de leurs alliés occidentaux et défavoriser les groupes américains et il réclama la reprise sans restriction des relations commerciales américano-iraniennes.

Et effectivement, les principaux bénéficiaires du durcissement de la politique américaine étaient les grands groupes européens et japonais. C'est la compagnie française Total, par exemple, qui avait raflé le marché manqué de Conoco en 1995. Parmi les signataires de contrats substantiels, on trouvait les noms de groupes français (Elf, Total, Peugeot, Alsthom), anglais (Premier Oil, Shell, British Gaz, GEC, Losmo), italiens, allemands, russes, malais et même canadiens, mais aucun groupe américain, évidemment.

Mais, à ce jour, même ce mécontentement du grand capital américain n'a pas encore fait changer d'attitude les dirigeants politiques de l'impérialisme américain. Ce n'est bien sûr pas à cause des réserves qu'ils invoquent. Clinton a beau traiter l'Iran d'"État-terroriste", il y en a bien d'autres avec lesquels l'impérialisme américain entretient d'excellentes relations, à commencer par Israël. Quant aux "atteintes aux droits de l'homme", Washington ne s'en est jamais plaint lorsque c'était le Chah qui les pratiquait, pas plus qu'il ne s'en plaint aujourd'hui en ce qui concerne son allié turc.

En revanche, il reste aux dirigeants américains à trouver une façon de concilier un certain nombre de paramètres contradictoires, depuis l'hostilité des régimes arabes qui se sentent menacés par l'intégrisme musulman inspiré par le régime iranien, celle d'Israël inquiet de voir reconnu un régime jouissant d'une influence réelle dans les rangs palestiniens sur son propre territoire et au Liban, jusqu'aux problèmes posés par le futur équilibre régional entre l'Irak et l'Iran (il ne faudrait pas que l'Iran se renforce trop face à un Irak exsangue), en passant par les intérêts de l'impérialisme américain face à ses rivaux, intérêts qui exigent que toute normalisation soit indiscutablement dominée et tranchée par la puissance économique et militaire américaine.

Tout cela, à quoi viennent s'ajouter les problèmes politiciens de Clinton, constamment menacé par la surenchère à laquelle se livrent les Républicains qui dominent les organes législatifs américains, contribue sans doute à l'attentisme apparent des dirigeants américains. C'est ainsi que Washington a mis près de six mois à répondre par une petite phrase de Madeleine Albright aux avances faites par Khatami, en janvier 1998, dans la première interview accordée à la chaîne américaine CNN par un dirigeant iranien depuis la chute du Chah. A ce train-là, le processus de normalisation peut encore traîner longtemps.

Un situation sociale explosive

En Iran, pendant ce temps, la montée en puissance des réformes de Khatami n'a pas manqué de susciter des résistances violentes au sein même de la hiérarchie religieuse. Toute une fraction du clergé et de sa clientèle se trouve directement menacée par les mesures prises et plus encore par celles qu'elles annoncent. Le démantèlement des industries d'État signifie la perte de sinécures et d'instruments de pouvoir pour ceux qui s'y sont installés, et la perte possible de profits importants pour ceux qui vivent à leurs crochets. Et encore personne n'a encore envisagé publiquement le démantèlement des fondations et autres organes économiques contrôlés directement par la hiérarchie religieuse.

Sans doute une partie de cette hiérarchie et de sa clientèle trouvera-t-elle le moyen de rester en place, voire de compter parmi les nouveaux propriétaires, cette fois à titre privé, individuellement ou collectivement, des entreprises privatisées. Mais ce ne sera de toute façon qu'une minorité. Et il en va de même pour tous les postes que les mollahs et leur clientèle occupent à tous les niveaux de l'appareil d'État et de ses appendices, postes dont l'attribution dépend aujourd'hui encore de la hiérarchie religieuse, mais déjà moins qu'auparavant, et plus pour longtemps si les forces qui ont porté Khatami au pouvoir parviennent à leur objectif implicite de reléguer cette hiérarchie en marge de la vie publique.

Les factions favorables au maintien du statu quo sont encore loin d'être écartées du pouvoir. L'année 1998 a été marquée par une longue série de procès contre des journaux, des journalistes, des intellectuels, pour avoir simplement développé des idées formulées par Khatami dans certains de ses discours. Un journal, pourtant lié au ministère de la Culture, a eu ses locaux incendiés et son directeur, lui-même un mollah, arrêté pour avoir publié une lettre de lecteur critique de Khomeiny. A côté de la répression légale, celle des groupes paramilitaires liés aux factions rétrogrades du régime se fait plus fréquente. Cela s'est traduit par plusieurs meurtres d'opposants, dont celui de deux dirigeants du Parti de la Nation Iranienne, un parti d'opposition semi-légal, deux journalistes partisans connus de Khatami, et celui d'un médecin dont le seul "crime" semble d'avoir été un voisin de Khatami. Le rôle joué dans ces affaires par les organes de l'appareil d'État a été d'ailleurs souligné par l'arrestation en janvier de dix "opérateurs" des services secrets, accusés d'avoir commis certains de ces meurtres.

Pourtant, en dehors du plan économique, à ce stade en tout cas, les réformes de Khatami restent du domaine du verbe. Les belles phrases sur les droits individuels n'empêchent pas que continuent les exécutions d'opposants au régime, les exactions des pasdarans et autres nervis payés par l'État, pas plus que le maintien dans l'illégalité des partis politiques. D'ailleurs, rien ne dit que Khatami ira plus loin dans ce sens. La voie prise par le régime sur le plan économique le ramène, en gros, vers son point de départ du temps du Chah. Ce processus pourrait très bien s'accommoder du maintien d'un régime de dictature analogue à celui que le pays a connu du temps du Chah. Auquel cas, le seul problème à régler pour Khatami est celui de faire accepter aux factions religieuses de s'adapter au nouvel état de choses ce qui n'est pas nécessairement impossible dans la mesure où ces factions n'aspirent pas un ordre social différent de celui que leur propose Khatami.

Evidemment, ce qui pourrait changer les données de la situation serait une nouvelle intervention des masses pauvres. Depuis 1979, les facteurs d'explosion se sont accumulés. La proportion de la population urbaine a monté en flèche, passant depuis 1979 de 50 à 62 % de la population totale. C'est une population très jeune (65 % ont moins de 24 ans) qui manque peut-être de traditions politiques, mais pas d'expérience de la répression. Le chômage (un tiers de la population active officiellement) a une importance considérable. La misère s'aggrave parce que les institutions qui, dans les premiers temps, offraient une certaine aide aux plus pauvres, au nom de la sollicitude de l'islam, ne servent plus aujourd'hui que de vache-à-lait à toute une bureaucratie de profiteurs liés au pouvoir.

Depuis le début de 1998, on semble assister à une recrudescence des grèves et des manifestations dans les quartiers pauvres. Ce sont sans doute surtout des grèves défensives contre des licenciements ou des retards de paiement de salaire, parfois aussi contre les bas salaires, ou des manifestations contre des hausses de prix, mais qui, compte tenu de la répression systématique à laquelle les grévistes doivent faire face, témoignent sans doute d'une certaine combativité.

Ce qui est sûr, c'est que seule une intervention des masses pauvres, et cette fois-ci, contrairement à ce qui se passa en 1979, derrière leur propre drapeau et avec leurs propres objectifs de classe, pourra balayer une bonne fois les oripeaux réactionnaires de la "République islamique" au lieu de les remplacer par ceux d'un "capitalisme islamique" à la Khatami.

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