Trump et Clinton, deux styles au service d’une même bourgeoisie

C’est le 8 novembre prochain qu’aura lieu l’élection qui départagera les deux principaux candidats à la présidence des États-Unis. Enfin pas directement, puisque la population élira des grands électeurs dans chacun des États, qui eux désigneront celui ou celle qui sera intronisé président en janvier 2017.

Cette élection à deux degrés, dont les règles varient d’un État à un autre, couplée à la mainmise des partis démocrate et républicain sur le système électoral, et au filtre que constitue au préalable leurs primaires, déforme à souhait les opinions de la population. La fonction de thermomètre que les élections peuvent avoir est rendue presque impossible par ce système rodé depuis des lustres.

Le républicain Donald Trump peut apparaître comme un homme hors du système, et il fait tout pour cela. Tout comme Bernie Sanders, le concurrent d’Hillary Clinton lors des primaires démocrates. Mais justement leur choix de concourir sous les couleurs républicaines pour Trump ou dans les primaires démocrates pour Sanders, les place bien au cœur du système politique traditionnel. Chacun à sa façon contribue à ramener vers les partis classiques ceux des électeurs qui voudraient marquer leur défiance envers les politiciens habituels. L’alternance entre Parti démocrate et Parti républicain, deux partis si liés aux classes exploiteuses et à leur État depuis plus de 150 ans, même épicée de la compétition entre deux personnages aussi dissemblables, en apparence, que Trump et Clinton, n’augure d’aucun changement dans la politique de l’État américain.

Et pourtant tout indique qu’une partie croissante de la population américaine ne fait confiance à aucun des deux grands partis et n’attend rien d’eux. Déjà, il y a huit ans, lors de sa campagne électorale victorieuse en plein milieu de la crise financière, Barack Obama s’était appuyé sur un désir de changement qu’il avait flatté dans ces discours avec des tirades comme celle-ci : « Nous allons changer ce pays, nous allons changer le monde. » Il était un homme jeune, n’ayant pas de responsabilité directe dans les mensonges des clans politiques qui dominent le pouvoir à Washington. C’est ainsi qu’il s’était imposé dans les primaires contre Hillary Clinton, puis avait gagné l’élection présidentielle.

Hillary Clinton en première ligne

Cette année, les primaires démocrates ont sélectionné Hillary Clinton comme candidate de son parti. C’est avant tout la candidate de la continuité revendiquée. Elle a formé avec son mari Bill Clinton un couple politique qui a gravi les échelons du pouvoir jusqu’à ce qu’il occupe la présidence de 1993 à 2001. Si, pendant les deux décennies de leur ascension, Hillary Clinton s’est mise au service de la carrière de son mari, tout en siégeant elle-même pendant six ans au conseil d’administration du géant de la grande distribution Wal-Mart, elle n’a jamais été en retrait et le bilan politique de Bill est aussi celui d’Hillary. Elle le revendique d’ailleurs.

Rappelons brièvement que les huit années de la présidence Clinton furent celles d’un embargo dévastateur de l’Irak, d’interventions impérialistes en Somalie, en Haïti et de bombardements en Serbie. Il prit l’initiative de lois répressives qui ont contribué à ce que des millions de jeunes Noirs aillent en prison. C’est sous la présidence de Bill Clinton, en 1999, que le champ d’action des banques fut élargi, avec l’abrogation d’une loi séparant les banques de dépôt des banques d’affaires, adoptée en 1933 au pire moment de la Grande Dépression. Cette mesure donna un élan nouveau à la frénésie spéculative de la grande bourgeoisie américaine. Elle est un des éléments qui ont amené au krach des subprimes en 2007-2008. Ainsi les adversaires républicains d’Hillary Clinton ne se sont pas privés ces derniers mois de lui imputer cette catastrophe économique, oubliant juste leur propre responsabilité, tant ces deux partis ont en commun de se plier à la volonté de la bourgeoisie américaine.

Depuis quinze ans que son mari a pris sa retraite politique, c’est Hillary Clinton qui tient à son tour le devant de la scène. Elle a été élue deux fois sénatrice de l’État de New York. Au Sénat américain de 2000 à 2008, c’est-à-dire sous la présidence du républicain George W. Bush, elle a été membre, entre autres, des comités du budget et des forces armées. Comme la quasi-totalité des responsables politiques au service de la bourgeoisie, Clinton a réagi aux attentats du 11 septembre 2001 par l’approbation de l’utilisation massive de l’armée à l’extérieur et de la police à l’intérieur. Elle a voté en faveur de l’invasion de l’Afghanistan en 2001 et de la guerre en Irak en 2003 ; les troupes américaines sont toujours présentes dans ces deux pays aujourd’hui. Elle a constamment approuvé les dépenses de guerre. En 2001 elle a voté en faveur du Patriot Act qui donnait aux forces de police et aux agences gouvernementales des pouvoirs exorbitants sur la population en matière d’emprisonnement et de surveillance. En 2006, quand cette loi a été renouvelée, elle lui a encore apporté son soutien. En 2008, en pleine crise financière, elle a approuvé l’aide massive aux banques – alors chiffrée à 700 milliards de dollars officiellement, mais en fait beaucoup plus – bien qu’elles aient été les principales bénéficiaires de la spéculation catastrophique et aient eu un rôle de premier plan dans le déclenchement de la crise.

Le bilan d’Obama est aussi celui d’Hillary Clinton

Sa défaite face à Obama dans les primaires démocrates de 2008 a contraint Hillary Clinton à se contenter du poste de secrétaire d’État, l’équivalent du ministre des Affaires étrangères, de 2009 à 2013. Elle partage le bilan d’Obama, qui d’ailleurs la soutient dans la campagne actuelle. Les guerres d’Afghanistan et d’Irak continuent, elles se prolongent en Syrie. Contrairement aux promesses, des djihadistes ou prétendus tels sont toujours emprisonnés sans procès sur la base militaire américaine de Guantanamo, située sur l’île de Cuba, depuis 2001. Sur le plan intérieur, les grandes entreprises américaines ont bénéficié d’une manne financière déguisée en sauvetage, permettant à la bourgeoisie de continuer à engranger des profits même aux moments les plus aigus de la crise. La spéculation a repris de plus belle, et des bulles financières menacent d’éclater, particulièrement dans le secteur des prêts étudiants et automobiles.

Si le taux de chômage officiel est de 5 ou 10 %, suivant que l’on y compte les travailleurs précaires ou non, la réalité est plus proche des 20 %. Les travailleurs qui ont retrouvé un emploi, après l’avoir perdu quand tant de grandes usines ont licencié en 2008-2009, n’ont pas retrouvé leur salaire d’avant crise. Il est caractéristique qu’un mouvement, ponctué de grèves, s’est développé ces dernières années en faveur d’un salaire minimum fédéral de 15 dollars de l’heure, un taux horaire permettant à peine de vivre, au lieu de l’actuel misérable 7,25 dollars de l’heure. Au moins sept millions de familles ont été expulsées de leur logement à la suite de la crise des subprimes, pendant que les organismes financiers étaient inondés d’argent public. Cette crise sociale ne s’est jamais arrêtée : un million de personnes ont perdu leur logement en 2015. Les inégalités sont criantes et s’accroissent : en 2014, les 1 % les plus riches de la population détenaient 36,6 % des richesses du pays, contre 33,8 % en 2008.

Si les invectives insultantes de Trump contre les immigrés, en premier lieu hispaniques, qu’il a traités en bloc de criminels, de violeurs et de tueurs, ont de quoi révolter, elles ne peuvent faire oublier le bilan du gouvernement d’Obama en matière de reconduites à la frontière de travailleurs sans papiers. Obama a été le président américain qui a expulsé le plus d’immigrés – 2,5 millions, sans compter l’année en cours – de toute l’histoire du pays.

Il est vrai que quelques discours de campagne d’Hillary Clinton peuvent faire illusion sur les droits des femmes, l’aide aux familles pauvres ou aux étudiants de milieu défavorisé. Elle plaide même pour une régulation des banques. Mais que valent ces promesses électorales quand elle se réclame des présidences de Bill Clinton et de Barack Obama ? Elle dit à présent regretter l’invasion de l’Irak. Mais comment y voir autre chose qu’un positionnement opportuniste destiné à s’adap­ter à une opinion publique qui rejette cette intervention armée, particulièrement dans les rangs démocrates ?

Hillary Clinton est une politicienne habile qui sait faire des discours en direction du plus grand nombre d’électeurs avant, une fois au pouvoir, de ne défendre que les intérêts de la minorité bourgeoise. Elle possède donc toutes les qualités requises pour accéder à la présidence. Ses soutiens ne s’y trompent pas : ils lui ont apporté jusqu’à présent plus d’un milliard de dollars pour sa campagne, contre un peu plus de 700 millions à Donald Trump.

Comment s’étonner que ceux qui aspirent au changement, et particulièrement dans les classes populaires, n’aient aucune confiance en elle ? Même dans les rangs démocrates, elle a dû faire face pendant de longs mois à la concurrence de Bernie Sanders, qui a critiqué avec un certain succès le bilan de sa longue carrière… avant de se rallier à elle. Ce qui n’est pas surprenant puisqu’en tant que sénateur Sanders a voté 98 fois sur 100 comme les dirigeants démocrates. Par contre, une partie de ceux qui ont voté Sanders au cours des primaires démocrates ne sont pas prêts à voter Clinton à la présidentielle. Ils ont peut-être eu des illusions dans les discours de gauche de Sanders, mais en ont beaucoup moins dans ceux de Clinton. Cela n’empêche pas la confédération syndicale AFL-CIO de la soutenir.

Trump : une démagogie tous azimuts

Déjouant bon nombre de pronostics, c’est Donald Trump qui attire une partie de l’électorat qui aspire au changement. Après huit années de crise débouchant sur une dégradation générale du niveau de vie au sein des classes populaires, l’aspiration à rompre avec ceux qui incarnent le pouvoir à Washington et la finance à Wall Street est grande.

Ayant hérité et agrandi une fortune dans l’immobilier, le bouillant Trump s’est lancé récemment dans le jeu politique et donne l’illusion d’être l’homme de la rupture. Cette posture, accompagnée de discours bien moins policés que ceux de ses rivaux républicains, lui a permis d’écarter la dizaine de politiciens chevronnés, sénateurs ou gouverneurs, qui se disputaient l’investiture républicaine. Malgré l’hostilité d’une bonne partie de la direction du Parti républicain, Trump a franchi toutes les étapes pour être sélectionné candidat, son principal atout étant de mobiliser un électorat qui veut du changement.

Dans ce rôle, Trump est l’homme de la situation. Pour montrer son indépendance, surtout à l’égard de Wall Street, il met en avant le fait que sa fortune lui permet de financer sa campagne. Comme tout patron persuadé de faire le bien, il explique qu’il a personnellement créé 30 000 emplois avec ses affaires et que donc il saura créer de l’emploi en tant que président. Il fait de sa fortune un argument électoral, quitte à la surévaluer en public…

Mais c’est la presse qui a révélé que, en toute légalité, Trump n’avait pas payé d’impôts sur ses revenus pendant 18 ans. Suite à la faillite de ses casinos, de sa compagnie aérienne et à une spéculation immobilière perdante, Trump a déclaré 916 millions de dollars de pertes en 1995. Bienveillantes pour les bourgeois comme lui, les lois fiscales lui ont permis d’étaler ses pertes jusqu’en 2013 à hauteur de 50 millions par an, lui évitant de payer des impôts sur l’argent gagné depuis. Au-delà du cas de Trump, c’est ainsi que des capitalistes font payer leurs pertes par le fisc américain. On est loin de la fable des entrepreneurs justifiant leur droit à exploiter le travail de leurs salariés et à en tirer des profits par les risques qu’ils prendraient en cas de perte.

Trump donne l’illusion d’être celui qui, parti de peu, est devenu milliardaire, incarnant le « rêve américain », impression renforcée par ses mariages successifs avec deux mannequins et une actrice, toutes bien plus jeunes que lui. Une forme de réussite qu’il a mise en scène dans des émissions de télé-réalité.

Trump va plus loin que bien des politiciens de carrière sur le terrain des préjugés racistes, ravissant une partie de l’électorat. Ce faisant, il ne fait qu’engranger ce que d’autres ont semé bien avant lui en vantant le protectionnisme, « achetez américain », en blâmant les immigrés et les produits chinois, etc., pour prétendre lutter contre le fléau du chômage. Malheureusement, des décennies de propagande nationaliste de la part des appareils syndicaux, soutenant ainsi de fait le patronat américain contre ses concurrents, n’ont fait que préparer le terrain pour qu’un démagogue tel que Trump obtienne des voix au sein de la classe ouvrière.

Avec des déclarations comme celle-ci : « Je vais ramener les emplois qui sont partis en Chine, au Mexique, au Japon, au Vietnam. Ils prennent nos emplois et notre richesse. Je vais ramener tout cet argent ici », Trump espère dresser les travailleurs américains contre ceux des autres pays, tout en cachant la responsabilité des patrons dans la montée du chômage. Ce sont pourtant eux qui augmentent leurs profits en se débarrassant sans cesse de travailleurs réduits à l’inactivité pendant que ceux qui restent au travail sont surexploités. Il faut noter que Sanders s’est placé sur le même créneau protectionniste quand il a fait mine de se préoccuper des travailleurs durant les primaires.

Des politiciens qui feront ce que tolère la bourgeoisie

Au cours d’un débat télévisé, pour ne pas être en reste sur la promesse de Clinton de créer 10,4 millions d’emplois en quatre ans, Trump en a promis 25 millions en dix ans. Outre le fait d’essayer d’appâter le monde du travail en lançant des chiffres fantaisistes, la démocrate et le républicain ont en commun d’expliquer que, pour espérer qu’un tel miracle se réalise, il faut d’abord baisser les impôts sur les bénéfices des entreprises. Mais comment croire que les familles capitalistes qui dirigent les grandes entreprises feront autre chose que de continuer à supprimer des emplois pour accroître leurs profits ? Les tirades antidélocalisation de Trump, les prises de position du républicain et de la démocrate hostiles tous deux en parole aux traités de libre-échange négociés en ce moment par Obama, resteront lettre morte car les capitalistes n’ont pas l’intention de laisser un politicien, fût-il président  des États-Unis, limiter la liberté d’employer leurs capitaux où et comme bon leur semble.

Les diatribes de Trump contre les musulmans, auxquels il veut interdire d’entrer aux États-Unis en prétendant que « des dizaines de milliers » immigrent « avec le drapeau de Daech dans le téléphone portable », et contre les autres immigrés ont déjà comme conséquence d’encourager le racisme à leur encontre. Et s’il devenait président, tous les Latino-Américains qui réussissent à traverser le Mexique et la frontière américaine, prenant, dans l’espoir d’une vie meilleure, à peine moins de risques que ceux qui traversent la Méditerranée, se verront peut-être confinés encore plus qu’actuellement dans un statut de parias illégaux. Mais, qu’il fasse construire ou pas le mur censé isoler le territoire américain du Mexique, Trump adaptera sa politique au fait qu’aux États-Unis de nombreux employeurs exploitent ces travailleurs. Les plus de dix millions de sans-papiers resteront indispensables à l’activité économique, même si leur vie est rendue plus dure.

Si Trump est élu, son positionnement isolationniste se traduira peut-être par des postures lors de conférences internationales. Mais, pas plus qu’Obama qui déclarait vouloir en finir avec les guerres du Moyen-Orient, le prochain président ne s’abstiendra d’intervenir militairement au-delà des frontières pour maintenir la domination mondiale de l’impérialisme américain.

La bourgeoisie américaine possède bien des moyens de pression sur son appareil étatique, de sa base à son sommet. Les lobbyistes officiels, plus de 10 000 à Washington, en contact permanent tant avec l’administration qu’avec les parlementaires, en sont une facette. Cette influence passe aussi par des personnages influents de l’État dont la carrière les fait évoluer vers la direction des grandes entreprises, tel Colin Powell, premier général en chef noir de l’armée américaine et secrétaire d’État sous George W. Bush, en retraite depuis dix ans et qui a rejoint, depuis, la direction d’au moins deux firmes capitalistes. Inversement, des banquiers deviennent membres du gouvernement, tels Mark Patterson, lobbyiste de Goldman Sachs devenu chef de cabinet de Timothy Geithner, le premier secrétaire au Trésor d’Obama, ou Jacob Lew, l’actuel secrétaire au Trésor, qui fut un dirigeant de la banque d’affaires CitiGroup.

Deux candidats impopulaires

Pour des raisons différentes, les deux représentants politiques de la bourgeoisie en compétition suscitent chacun une répulsion assez importante dans la population. Hillary Clinton revendique l’héritage des présidences démocrates de Bill Clinton et de Barack Obama. Elle incarne à merveille ces politiciens menteurs qui font de beaux discours et favorisent toujours les plus riches, ce qui n’a pas de quoi susciter l’enthousiasme, surtout dans les milieux populaires.

De son côté, Trump avec ses saillies racistes répétées, qui ont fait merveille lors des primaires républicaines, s’est aliéné une bonne partie de la population. L’électorat féminin a de bonnes raisons de lui tourner le dos : non seulement il étale souvent son mépris des femmes, mais plusieurs se sont plaintes de harcèlement de sa part dans le passé, voire d’agression sexuelle dans certains cas. Cela génère l’inquiétude des autres dirigeants républicains quant à sa capacité à gagner l’élection. C’est son principal défaut aux yeux de ceux qui aspirent à exercer le pouvoir après huit années de présidence démocrate et à garder leur majorité parlementaire, alors que la Chambre des représentants et un tiers des sièges de sénateurs sont renouvelés en même temps que la présidence. Trump lui-même commence à ouvertement entériner une défaite annoncée : il dénonce de plus en plus une élection truquée par l’establishment politique et les médias au service des Clinton.

Il est dès lors bien possible que de nombreux électeurs ne votent pas en novembre ; ou bien votent, non pas pour approuver l’un des candidats, mais par hostilité envers l’autre. Leur tactique y est adaptée : Clinton passe son temps à dire que Trump est trop agité et impulsif pour faire un bon président, tandis que Trump accuse en permanence Clinton d’être une criminelle dont la place est en prison et une menteuse à qui on ne peut pas faire confiance.

Pour ces raisons, il est possible que deux autres candidats, le libertarien Gary Johnson et la verte Jill Stein, recueillent des voix parmi ceux qui veulent se démarquer des partis républicain et démocrate, même si la pression du vote utile pour éliminer Trump ou Clinton joue en leur défaveur. Le courant libertarien, alternative au Parti républicain pour l’électorat de droite, se distingue par une glorification de l’individualisme qui conjugue une propagande pour les libertés individuelles avec une critique d’un État omniprésent. Il exprime ce que pensent bon nombre de petits bourgeois qui aimeraient surtout que leurs impôts baissent. Ancien gouverneur républicain du Nouveau-Mexique, Johnson se vante d’ailleurs d’y avoir fait baisser les impôts.

Médecin, la candidate écologiste Jill Stein accuse les partis démocrate et républicain d’être tous deux au service des grandes entreprises. Son audace réformatrice se borne à vouloir faire «payer à Wall Street, aux grandes entreprises et aux riches leur juste part des impôts », tout comme le promet Clinton. Profitera-t-elle de l’insatisfaction de l’électorat démocrate ? En tout cas, Jill Stein courtise ceux qui ont eu des illusions en Bernie Sanders et ne veulent pas le suivre dans son soutien à Clinton ; elle souhaite qu’ils transfèrent sur elle leurs illusions électoralistes.

Les courants de gauche qui se sont réjouis des succès de Sanders dans la primaire démocrate et ont relayé sa campagne ne représentent aucune perspective d’avenir pour le camp des travailleurs. Ils n’ont fait qu’encourager, à la mesure de leur influence, les travailleurs et les jeunes à chercher une solution de replâtrage du système politique américain et du capitalisme.

Les travailleurs conscients de leurs intérêts de classe ne pourront presque pas exprimer leurs idées dans cette élection présidentielle. Seuls ceux qui s’attellent à construire pour l’avenir un véritable parti de la classe ouvrière, en exprimant leur confiance dans ses capacités politiques, représentent un espoir, si peu nombreux soient-ils.

25 octobre 2016